LA CHEVAUCHÉE
Jjcs voilà donc partis tous à travers le val,
Emportés par l'ardeur des coursiers au sang riche.
Ils vont. — Elle au galop de sa vive pouliche,
Plus rapide qu'un cerf; — eux sur leurs grand» chevaux
Dont un généreux souffle enflamme les naseaux.
Les suivant avec peine, une troupe d'esclaves,
Les plus forts, délivrés de leurs lourdes entraves
Courent, les bras aux €ancs. Car c'est l'ordre icff'oael :
Ils doivent être prêts toujours, au moindre appel,
A fournir leur office en toute diligence . . .
N'ttS-tu point, pauvre noir, nourri pour la sxJulfttfrfde ?
Ils vont. Leur course folle à travers les halliers
Dépasse en un moment, — ici des drouelliers
Aux aigres petits fruits ; — là-bas, la sapotille
A la chair savoureuse ou le mangot qui brille
En belles grappes d'or ; — plus loin, le grand mapou
Ov le tcha-tcha bruyant et le rouge acajou.
Ils vont, échevelés.
Bientôt ils sont aux bornes Des plaines, des vallons, au pied boisé des mornes. Ils montent. De leurs bonds, ils passent des ravins, Des ruisseaux serpentants que bordent les sucrins A la pulpe si douce, et le roseau flexible. Ils montent, emportés jusqu'à l'inaccessible. Car la vierge, enivrée et les cheveux au vent, Prend plaisir au galop d'enfer de sa jument. Les autres suivent, las ; — les malheureux esclaves Halètent.
Oh î plus noins forts, les moins braves
S^.it tombés. El . ..j . imj Drte r lis montent.
Mais coudai»
Le coursier de l'enfant sur ses jarrets d'airain, Epouvanté, se cabre ; — un effroyable abtene SWrre luge à ses nieds