OUVRAGE ITALIEN
Collection E. de Beaumont.
ette belle monture d'épée est onvrée avec tout l'art imaginable. Elle est Ro d'acier coloré noir relevé de dorure de feuille dans les fonds de ses a ciselures de haut relief.
Ses
branches de gardes, contournées en diagonale d'une façon
charmante, présentent, ainsi que son pommeau, dans l’ensemble de leur
ornementation, des ajours pratiqués au ciselet.
Une lame, suivie dans toute sa longueur par trois douces cannelures, et poinçonnée, sur le haut du talon, d'un petit écusson chargé d’une aigle bicéphale et de ces deux lettres D et S, complète cette arme d’une élégance exquise.
Elle figurait, il y a quelques dizaines d'années, dans le cabinet d'un avocat de Florence qu possédait également, ce dont il était très fier, m'a-t-on dit, certain portrait de grand duc de Toscane au côté duquel était peinte la belle épée dont il s'agit.
La disposition caractéristique de ses branches de gardes, mieux encore que le style de
feuillages, des annelures perlées et des volutes en console dont elles sont formées indiquent le date qui doit être assignée à cette œuvre purement italienne: elle appartient à l'époque comprise entre 1560 et 1570, alors que les monteurs de rapières mettaient dans leur art le plus de recherche et de variété.
Après tant de fantaisie, certaine uniformité devait tout à coup s'établir dans la disposition
des branches de monture qui fut adoptée généralement et qui subsi XVII siècle.
Les modes et l'escrime nouvelles ayant déterminé ce type nouveau, il fut d usage, avec les
jusqu'au milieu du
lames très longues et étroites, en même temps que furent adoptées aussi les épées dites espaignolles,
comme celles dont Brantôme dans son testament parle avec une sorte de tendresse, les déclarant
« bonnes et esprouvées ».
ÉPÉE DE PAREMENT
OUÙUVRAGE DE NUREMBERG (1520-1540)
Collection E. de Beaumont.
x etite épée de parement. Elle est toute dorée, monture et lame Le pommeau de bronze (fonte cire perdue) présente sur le revers un délicat motif d'entrelacs.
La croisette d'acier ciselé très finement est dorée d'or de feuille. Sur la lame façonnée dans toute sa longueur à deux cannelures
ornées de festons gravés et dorés, sont disposés, décorant le talon, une
image de Judith et l'écusson des armes de Kressenstein soutenu par deux enfants et surmonté d'un casque cresté d'une étoile à sept pointes
De l'autre côté de la lame, au talon, au-dessus de rinceaux d'un beau dessin, sont représentés en quadrille, encadrés d'ornements, quatre étoiles et quatre K. lettre prise comme initiale du nom de Kress de Kressenstein qui est celui d'une très ancienne famille patricienne de Nuremberg.
Cette jolie épée a été rapportée d'Allemagne en 1861 par un libraire alors fort en vogue à Paris : M. Tross ainé. Il l'avait achetée avec quelques autres armes et pièces d'anciens harnais militaires, conservées au château de Kressenstein. Elle passait, dans la famille des barons de ce nom pour avoir appartenu à un d'eux qui fut gouverneur de Nuremberg au commencement du XVI: siècle.
Deux épées de même genre ayant comme celle-ci leur pommeau en bronze doré et leur
croisette en acier ciselé figurent : l'une à Vienne dans la collection d'Ambras où elle est placée entre les mains de l'armure dite de Philipp 1. Künig von Castilien (1506). l'autre se trouve parmi les objets précieux que possédait M. Basilewski
Cette dernière, maintenant au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. provient de l'ancien cabinet d'armes de sir Samuel Meyrick. Elle est gravée dans le catalogue de la fameuse collection
qu'il avait formée à Goodrick-Court.
ÉPÉE DE PAREMENT