‹ Fleur des neiges [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 17 · Ÿ SOI ES · texte numérisé non relu

Ÿ SOI ES

, l’autre jour dans le parc ?

la foudre sur Grégoire, Alors, -(Gierimaine très doucement, dit !

« cela vaudra mieux pour tous !

Depuis quelque tetups un

‘lussidan, La comtesse,

avant que sa stu

certain phénomène s'était produit dans l'esprit de M. de

qui vivait depuis des semaines aupres de Jui, sous le

Petyre OL sans jamais paraître lemarquer sa présence, même lorsqu'il était

assis en tôéte à tête

Peu & peu, avec sa beauté conservée i merveilleuse

indifférence glaciale, produit une impression profon

Elle était devenue pour lui celle qu’on adore à genoux,

ehausse la dignité de la maison, et par laquelle la paix, l'honneur et la

un foyer respecté, Des journées entières, surtout depuis que Monett tait dit

vec elle, à la même table, lui avait néant, son impassibilité serellie, Son le, extraordinaire. la sainte qui joie s'a Sulent e le délaissait, il Et penser que j'ai pu lui préférer cette ignoble Craponette ! Pour lui prouver son repentir, il se « royait capable de tout. \ sa voix, il ne résistuit pas, C'est vrai, ditil, je connaissais celui qui à accosté nos enfants dans Je par ‘68 parce que je le connaissais que mon indignation a été si —Son nom ?::::demanda Gerimaine, Adrien Craponne Le fils du saltimbanque ?

irégoire ne protesta pas contre l'épithète, et dit en bai: —Oui, le fils d'Ernest Craponne L'indignation de M. de Gesdres éclata,

Vous mentiez quand vous disiez que vous ne Je

£Srat le de le voir !

{ Sant son visage humilié :

S aviez pas revus... Vous mentiez

acore en aflirmant que vous avez été indigné de trouver là, ve fils, ce neveu de misére les !.

Lest vous, probablement qui lui avie

4 donné rendez-vous dans ce pays ci, qui aujour- ‘hui, et certainement d'accord ave: avez encore prêté la main ir enlever Monette. Ah! c'est là le couronnement de votre vie

Unais su observer la plus stricte loi de !

toutes ces crapules, leur

misérable : qui n'avez délicatesse, et qui avez permis à une drôlesse & Porter le nom que (Crermaine,

Sal respecter par ses vertus |

il ne vous appartenait pas, et qui en avez entretenu tous ces scélérats ! Urégoire ne protesta pas contre Cette terrible sortie, il leva simplement 1, et dit :

otre malheureuse femme, martyriséa

et abandonnée, Voleur, qui avez volé dans cette

maison | rent

les bras au

)Nrquoi aurais-je fait anlrver Mo iette, cette enfant si pure et si bonne, Ja seule jei

306 FLEUR DES NKIaf qui m ait témoigné un peu de evyr ipathie, et vers laquelle tout mon cœur 8 nvolnit ?

l’ urquoi Muni: peur les inémes raison , parbleu, que jadis vous avez fuit dispurai tre votre propre fille Blanche de Villamblard.Mus idan,

Elle représentait alors Pour vous et pour vos nc lytes, dans votre ignorance de certni ues de nos lois, la somme énorme de di UX Millions ; car vous ne connaissiez pas les for malités qu'entrainait la réalisation da cette succession

Vous pensiez que cotte disparition seule vou rendrait le maître de cette fortune

Aujourd'hui, Monette, la financée de Rolland, de Rolland sui lequel votre malheureu

fermime a reporté toutes les tendresses de son cœur brisé et de son existence dés spé Monette est encore le moven de faire chanter Germaine et de lui soutirer les sommes dont vos complices sont nffamés Et c'est un gentilhomme, le fils d'une des familles les

plu nobles, les f lus honorables du pays, qui est CA able de seublubles infamies ?

Et on sera étonné. upres cela, que des math ureux qui nont jamais, dans toute leur existence, Connu Un moment de satisfaction où de joie, se laissent entraîner par des inaximes inlsaines et inaudites, et commettent des crimes, pour arriver à la réalisation d'une convoitise ou d’une éphémère satisfaction ? . Et un homme qui 4 eu en main toutes les possibilités de bonheur, de Paix, de Jouissances matérielles et inorales : un homme auquel on a enseigné dés sn naissance ce qu'étaient la luyauté et l'honneur, cet homaue-la ne sait pas résister aux plus basses des Passions, et à cause d'elles co: unet tou tes les scélératesses du monde :

Grégoire, humilié jusqu'aux moelles, ne trouva pas un mot à répondre

Pascal, encore plus violent, continua

Jadis, monsieur, en faisant enlever votre fille à sa mere, VOUS avez Coïinis un crime qui n'a pas de nom ; aujourd'hui, en vou associant à des gredins pour voler la fiancée de Rolland, vous avez commis un crline aussi abominable, un crime que tous los honnétes gens réprouveront ‘e m'accablez pas, dit enfin Grégoire, ma conscience mu déjà amèrerent reprochi

ma conduite et dans des termes encore plus sévères, s'il est possible, que ceux qui vien nent de tomber de votre bouche \ais je vais partir immédiatement et Je Vous jure que, devrais je y laisser ma vie tout ce que Je pourrai faire pour ramener Monette à Rolland, à cet enfant que moi aussi j'ai aimé au point de vouloir lui donner mon non, je le ferai !.. Pascal se leva Je ne vous croi: pas, dit-il ; mais tâchez de réussir parce que sur mon âme si Monette ne nous est pas rendue, je tiendrai la imenace que Je vous ai faite tout à l'heure, et T vous dénoncerai au parquet d'Auch, cur je trouve que tout ici-bas doit avoir une fin ! Venez, Germaine, continua le marquis ; retournons à Gesdre s, ici, sans Rolland, je ne vous crois pas en sûreté !.,,, Le comte leva sut Mine de Villamblard un ré gard dére spéré, Est-ce que vous partagez cette Opinion, corutesse ? lui demanda-t il la VOIX étranglée d'émotion.

Elle laissa tomber sur lui un regard d'indéfinissable mépris, et répondit \ coup sûr!, rs, pendant quelle s'en allait, Grévoire

sa à genoux devant le Canapé sur le

quel Germaine avait | hubitude de ; "asseoir, Un hotographie de Monctte, un in tanñtané que Rolland avait fuit quelque temps

auparavant avec un rare bonheur, était accrochée contre le mur de facon que Germaine

le, pendant ses longues heures de réverie et de solitude.

pût bien contempler sa fi

Gregoire éleva ses mains vers le portrait Va, je tâcherai de te rendre 4 Ceux qui t'aiment, d il, comme en une ardente prière Je tentera] pour cela | IL pPOss ILI6, mor: doux ancre, qui AU rieu di la séve rile géné e a

eu pitié de moi!,,Mais en attendant de partir, de te chercher, de te trouver, mon Dieu, que Je suis donc malheureux 11 laissa tomber sa tête dans les cous ins de li causeuse, et sanglota amèrement, éper

düument Au château de Cesdres, Abeille sétit acquittée de la mission que Pascal lui ivait donnée, et avec un tuct que lui inspirait sa profonde aflection pour Lise, elle avait appris à la malheureuse mère l'enlés ement de Monette, -Et Mine de Villambilard, qu'a t-elle dit de ce malheur ? demanda la pauvre Lise,

x. 1 1 1 lorsque se Iut un peu Caimee sa prennere douleur,

senhvolnit

lermaine, répondit A t fuit dispurai cprouver Rollurel IDHIS 6€ biner comment 1 pourra

ince de certa!

énergique elle-même, aider siez pus les for Mme Germaine va.t. | Certainement atirma

omte Lx

# fortune d'interroger le e malheureu Gesdres

ice désespérée, Aprés cette explication « er les sorime à la :

es familles les En vain Antoniet et Mar

unies fut inutile : Ja

ins toute leur

s“ns pronon aîner par des

"une parole Laissez-moi, dit elle enti à la réalisation Allez en bus guetter l'urr

L eu en main monter aussitôt que

Vous je t'inorales ; un Surtout, ajouta-t-elle d’ l'honneur, cet ACcOMpagnez pas !

ÿ commet tou Mon Dieu ! di

la Maison, Ave

arquise d'arracher un

tete cachée dan

beil d'abord été dés Perée en pensant à In douleur que va lle Vite raidie, et Hailtenant elle est nv Pas à con 1080 Mellre sur los +

race le ln fillette qui, \ Certainement nos er ios recherch: le revenir joi ? dernanda Lise

Abeille, Pascal

» qui la ‘h e ér

HbDWUterement '

98 one sont allés à Mussidan

itin, je crai à faite, j|

doivent l prendre Ie Chemin «dl que Li e évoutu, PiUS bianche mot de pl i8 à Mine l:

Luerite eg

qu'une morte, ji] fut lin} ible L }

CADietn

Lvorent

iouleur , Tout es Mains elle |

Angiotut longuement ontinuellement Li AUX @hfanta ivée du marqui t de Mme de Villaini wd, et priezles d verrez ; j'ai à le ur parler :

À VOIX où dorinait 1exXpi ion d'u terreur

prolonde, nu lus

. é Avec elle dun bas de ee Série, l'expression des yeux de my: uvre mére?,,,, Elle v Pour sûr êtr e de cette maudit fievr :, el cette $f. j en ai bien peur, elle ot Inourra dis Un critne Une heure apr Pas il et lä Comtesse \rrivalent t iet leur faisait la Hi la tiancée de sion de Lise.

les honnétes Inonsieur le m US, ajouta-t-il, JE VOus en conjur énagez la Je ne sais pa qu'elle veut vous dire : Mais 1] me semble qu'elle va e devenir folle “ent reprochi Mme de Vili uublurd et le im iri d'Abeille cha , un intraduisible eux qui vien L'heure Suprême, l'heure

faire à Germaine li suprème !

Mme de Villam| lard, e moi aussi j'ai lade Mais

naine, et

Ha vie, tout scor la porte ne Lait , 168 mains le:

Oh pai lon mais je l'aimuis

Vees ve]

he si Monet te

pardon ! J4 t l'heure, et }é

ut, mon D rir!,. que de m'en séparer !

‘une fin !

regard

resistanuoe j

Où la conscience de Lise, à bout de

iveu, cette heure avait colle

DAAZ F0

tée di Pa al mont rapidement duns Ja « han t e ln 1114 pas lelormée sur « UX, que Lise était À geno! le, ant (Gi elle, balbutiait

Us indigne de v

ieu, je l'aimuis tant

ti Germaine, déjà DAISSCe vers elle, la relax uit dan bi la couvrait de baisers at d olland, je ne larmes, la forçait à s'a soir sur | CaNApé, qu'elle venait de quitter et là, une de ses Mas autour du cou de Lise. de l'autre pre unit doigt Je le savais dit-elle, Je le savais ! de Ne ouflrez i ne Soÿez pas mall u Se ix étrange ée loin de vous en vouloir, Je vous ado Lise, malgré ses larmes, la l'égard stupéfaite Vons le saviez? ‘.... répétat-elle Et vous Avez pu me pardonne: É-h l voir f nape sur le Oui, votre è re et votre délire Mavalent tout appt Je as QU à la place de lu pauvre petite mort jui dort da e Jardin de } monta elque temps gne, vous avie pris, evé et aloré ina fille. à MOI, celle qui, sans vous ut tonbée entr Fe Germaine le: mains des Miserables Jui Viennent en: ore de nous la volet tujourdhu dé -Et VOUS MaAvez pardonné ?

VOUS ai pardonné Pauvre femme ?

lente prière Et je vous uimire aussi de tout mon cœur vén é a Je sens toute Ma reconnaissance s'en aller Vers VOUS, qui avez recuei na { qui me mon Dieu l'avez faite honnête et bonne, à votre inage Oh ! oui, je ne sais dans quels termes vous dire que jéprouve pour vous : et Mo ment, éper nette qui 4 sistait à vos aveux vous adore si profondément. lallection qu'elle vous déja vouée s’est telloment décuplée, que l'une comine 1 tutre nous avions résolu de al lui avait ce secret pour nous seules de x US laisser étern lement l'illusion dé ‘otre hi vait appris que vos vertus vous ont créée indélébile ; pour cela nous voulions nous contenter toutes } les deux, nous ie voulons encore, ajouta t-elle avec une sinvulère énersie © uvre Lise, : que créeront entre nous l'aivur et |

SIC, G68 seuis liens et le

1 = mariage de Monette et de Rolland }

—Ah! mon Dieu, soupira Lise, apaisée, presque heureuse, ils s'aiment donc !. Out, par une permission divine, mon fils adoptif aime ma fille !

N'est ce pas la voix de Dieu elle-même qui me parle, et qui me trace ainsi ma con-

duite ? N'ayez donc pas peur, Lise, ma chère sœur Lise votre aveu prouve votre

loyauté ; mais ne soyez Pas malheureuse, Monette restera votre fille : nul ne saura qu’Et-

chéebarne vous l'a portée, à la place de celle qui venait de mourir :

el moi je n'ai pas besoin que le monde apprenne que €

st l'enfant tant pleurée qui m'est rendue pour l'adorer et être heureuse de l'avoir retrouvée

Je ne veux même le dire à personne ; et sans votre aveu, Abeille.

ma sœur Abeille, que J'aime cependant plus que tout, ne l'eût même pas su !.

Lise maintenant pleurait [a tête appuyée sur l'épaule de Germaine, — Ah ! merci! merci ! dit elle, comme vous êtes Lonne !. Et peut on ne pas vous adorer, pour la délicatesse de votre âme et vos sentiments exquis ?.

Al! je l'avais bien compris votre cœur si doux et si tendre, qui si profondément a été

blessé !.,. Je ne me souvenais p'us d'avoir parlé, mais à vos soins si dévoués, je me disais

— Qu'a-t-elle donc, et POurquOT m'entoure-t-elle de tant de endresse, de tant d

a ffection

— Pourquoi ! Et ce que vous avez fuit pour ma fille ? Jui répondit (Germaine.

Je croyais au'elle avait rencontré, à son arrivée dans wa pauvre chaumière, l’âme de celle qui venait de partir, et c’est cette croyance, cette conviction Superstilieuse, mais si profonde, qui me l’a fait aimer comme ma Pauvre petite morte !

— C'est peut être vrai ! dit Germaine Dans tous les ça , il faut la garder cette

croyance, et je veux, j'entends que Rolland soit marié avec Monette Escaméia De cette façon, Lise, votre vœu sera exaucé, votre maternité restera indélél

ile, irrévocable et éterneile, ... Vous n'aurez aucune explication à donner

à Antoniet et à Murguerite, Quant à moi, je n'ai pas besoin de consécration officielle pour aimer ma fille et bénir Dieu de me l'avoir rendue !

Quant au misérable qui me l'avait prise, ajouta-t-elle les yeux étrangement dilatés, son châtiment sera de ne jamais soûter les satisfactions infinies ét les douceurs de la paternité !

Les sourcils froncés et avec une énergie plus grande, elle re prit

Seul il à voulu être, seul il restera !

Enibrassez-moi, Lise, conti ia-t-elle, Et la tutoyant tout à coup elle ajouta :

-— Tu es ma sœur autant que tu étais déjà celle de Pascal et celle d’Aibeille, trois, va, il faudra bien, pauvre âme blessée, que tu reprennes enfin confiance dans la vie., que tu goûtes le bonheur qui t'est dû ; et que toi aussi tu sois heureuse de voir grandir sur Les genoux les enfants de Monette et de Rolland !

Et à nous

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