L FLEUR DES NEIGES
la pire des filles, mais qu'au fond de lui même il avait toujours estimée nudessus de tout constitnait maintenant pour lui une torture que son formiduble amour propre ne voulait
pas supporter, Et puis, au-dessus de sa sympathie pour Monette et pour Germaine, et de
ses regrets, ét imôme de ses remords, il v avait une chose que M, de Mussidan ne perdait pa de vue Lu vie de bohi me, avec Mile Uraponne et toute sa noble famille avait pu avoir du charme, tant que Grégoire avait ét jeune ; mais maintenant qu'arrivait l'âge ir, c'est-à dire le besoin de repos, de paix et de tranquillité, le splendide hôtel confor table du Ranelagh, l'hiver, avec son luxe, son ordre, son nombreux personnel si adimira blement tenu et stylé : l'été, la demeure nagnitique de Musesidan, où se retrouvait le éme train superbe qu'à Paris, tout cela maintenant paraissait au comte mille fois valoir l’intérieur sale et louche de la Craponette, Mais il eût voulu en Jouir comme un maître respecté et écouté, ainsi que l'était le marquis chez lui ; point en intrus, à peine supporté tel qu'il l'était devenu chez Germaine
Pour en arriver là que faire ! Rompre avec Nénest la Beauté, Mariette Bachelier. et Eutr quanti/ ‘
Où ! Grégoire, avec sa faiblesse extraordinaire, ne demandait pas mieux, surtout loi de l'intluence de Mlle Alice, ainsi qu'il l'était de ces deruiers temps. Mais cette décision aujourd'hui, sutlirait-elle À Germaine !.... 1 est probable que non.
Dans ce moment ci, une seule chance restait à Grégoire pour l’apaiser, c'était de rendre à Bolland cette petite fiancée qu'il adorait, cette Monette Escamcin que luiinème avait trouvée si irrésistiblement gentille et charmeuse dès le premier jour qu'il l'avait vue, Cat il n'y avait pas à dire, c'était à coup sûr les Craponne qui l'avaient enlevée
Alice lui avait confié son projet. Î! lui avait alors pronns de l'aider, et lui avait même donné des conseils pour bien réussir dans son œuvre infâme
A Mussidan, Grégoire avait rougi de ce qu'il avait fait, et, changeant de pied, avec sa soupiesse ordinaire, 1 avait presque chassé Adrien Craponne, affectant de ne pas le con naître, Celui-ci, évidemment alors, avait agi avec les siens, en dehors de lui, Grégoire
Le coup ne venait, ne pouvait venir que de là?.,....1l réfléchit longnement, profon dément et finit, avec sun hypocrisie habituelle, par écrire cette lettre À sn femine :
a chère Gerinaine.
‘4Te ne veux pas qu'aux inpardonnables torts de ma vie passée Vous puissiez encor
fl
dans votre esprit, joindre le crime d'avoir fait enlever à Rolland sa fiancée, Je pars, alin de SAVOIT Si VOS SOUpeons et ceux de M. de CGesdres ont la inoindre ap parence de vérits Permettez-moi d spérer que non Mais si par malheur celu était vl'al, c'est moi seul, et par tous Îles moyens possibles, qui vous raménerai cette adorable
petite Monett ‘Croyez a mon sincere vepentir, “Comte de Villumblard Mussidan. , —.\ son repentir ?.,.,dit Germaine après avoir lu cette lettre ; à son intérét, oui. — Et vous avez raison, répondit Pascal ; car partager votre existence lui serait aujour
éable du monde : et, apres avoir jeté sa dignité aux quatre
d'hui, la chose la plus a s, ‘de tous ses devoirs, il Jui
vents du ciel, après avoir fait litivre de toutes ses oblgatior l'avoi : affection que n'ont pas tou
jours les soins, la fortune, et |
plairait d'avoir sous ses vieux jours touie une vie de dévouement et de sacrifices. Serait-ce juste en vérité 2...
Pour la premi’re fois, la tendre et intelligente Abeille eut une velléité d’amertume,
jh ! non dit-elle, Le lit d'hôpi et la mort des évoistes, sans personne à leut hevet, c'est encor pl que n'en mérite ce triste sire ! À nsez-vou Pas ul, deruanda tout à cour Germain ; que nous devions rester 1C1
tranquillement à attendre les nouvelles de Monette ous arriver seules, sur l'aile du hasard
— 1 faut partir pour Paris, déclarn Lise qui assistait aussi à l'entretien. A Puris lement, nous saurons ce qui lle est devenue C'est mon avis, dit M. de Gesdres, Là, du moins, à défaut d'autre chose, nous sau-
rons où sont actuellement les Craponne : « t, par eux, nous retrouverons bien notre chère
petite Fleur des-Neives. Mais si vous étiez très raisonnable Lise, vous demeureriez ici, aveë VOs Joux amoureux, tandis que Germaine, Abeille et moi n us ferions les premières
herches à Paris. ; Antoniet et Marguerite entraient comme le : iarquis prononeait ces dernières paro les,
re
" ‘ A on 0 à — Pardon, père, dit le jeune homme, qui donnait uvent à Pascal le même nom que
tte décision,
FLEUR DES NEIGES 1 G lessus de tout Marguerite : munis Rolland n'était pas ici, il vous faudra certainement à Pari quelqu'un ire ue voulait de leste, de si ipit ca pabl de surveiller ou de suivre toute une Journee ces gens | i, san rinaine, et de etre remarqué, Qui prendrez-vous, pour cette besogne, qui sern nécessaire, c'est sûr an né perdait Pascal sourit lle avait pu 4 Vous êtes tous les deux des intrivants ta mere et toi, dit.il, ( pour ie forcer arrivait l'âge lu main que tu «us trouvé tout ui cette bolle idée iñ mul conti elle ast tout de hôtel confor iiême extrémement pratique, faites tous vos Préparatifs, nous partirons où el si adinira Et comment la dépêche de Rolland nou annoneant son arrivé u la iOUS sera ‘etrouvait le telle réexpédiée sur l'heure leinanda à son tour Germaine, car je ne veux qu Ile fois valoir “pPrenne par une autre que par moi la di parition de Monet | souffrirait t + ue un maître Pascal réfléchit ine supporté Avant de télégraphies on arrivée én France, il faut espérer, ditil, qu tre
Germaine, vou télegraphiera son di part de New-York, Ali Hine à partir «| 1 Bachelier, et etnbarquement en \inérique, il s'écoulera au Moins Huit jours jusqu'à son
Havre, bon papa curé au le Lemps, même en ne se pressant pas, de ré Xpedier Ja dép surtout loir L che, et nous, d'aller à Paris. à là Compagnie transatlantique, dei
teau fauisant la ti iversée, et le Jour exact de soi rrivée Ave es renseignements
VOUS OÙ Iuo01, où Ah ‘e, Seront sur li tit de rendre
quai du Havre dcbarquera,
Moment où Rolland +
inêéme avait Vous avez raison, dit
Getinaine ; je vais aller porter mes instructions à bon papa ait vue, Cat cure, et surtout à Flore puis je donnerai des ordres pour le voyage : et si vous x ul vous rendre à Mussidan dans l'après-midi, nous Partirons de chez moi, Je prendrai Li avait même ou les atioureux dans mon land iu
ur vous é6tes trop nombreux pout tenir t us dans une seule voiture ied, avec sa Cela fut fait comme CGermaiz
l'avait décidé, l'honneur à ue pas mettre |
Le curé et Flore s'étaient « nuagés sut à moindre néglwentc
* pas le con lice 4 l'envoi de la dépé he de Roll uni
Grégoire [ls avaient bien été un I ent, profon- L toute |:
. fl [l mine ; |
eu étonnés de ce à famille ensuite. Mais on leur ns
« présence de Pascal à Paris, et qu'Abeille, Marguer
es aCCOMpagnitt également 'n promit aux deux vieillards de venir le Bargre ion de retour, Avec
brusque depart de Gre œoire Labord it dit qu'une que
tion scientifique grave exi geait ite eb los autres ne UlANT pa le laisser aller seul, Germain
Z encort {
retrouver dès que le marquis serait cette petite espérance, ils se resisnerent 1886 facilement
moindre ap Cependant Germaine devait
t partir encor plus tranquille qu'elle ne l'asait e père, Car ir colu était dès sa rentrée à Mussidan, on lui remit cette fameuse dépéche qu'elle attendait si anxi te adorable eusement, Elle était en effet de son fils i
adoptif et disait
.. Mathieu a parlé ! Que Dieu soit Sur (rascogne, Serai Havre le IS ?
“Joie et bonheur ! béni ! M'embiu que demain Rolland terminait par le ‘ôt-out. 2 rait aujour aux quatr(
meme mot que la première fois :
‘Aime bien Monette !
Mais, depuis que Lise avait tour raconté dans sa fièvre, depuis que sa loyauté avait
ait tout ce qu'elle avait à savoir.
touchant sa fille qu'ell
confirmé ses aveux inconseients, Germaine Maintenant, ce n’était plus le secret
une si äpre volonté, c'était sa fille
SA
voirs, il Jui 6 pas tou
le voulait découvrir avec
mêéme.,,,Muis Pascal, à ce sujet, ne cessait de la Fe rassurer ertume, -Monette est l'énergie meme, lai disait il constammier Aujourd'hui, qua id une oune à leut jeune fille sait ce qu'elle veut l |
$ qu'elle est volontaire et intellisente comme notre chere petite exilée, n'ayez pas peur, elle a mille
séquestrer et de revenir dans sa fanuile,
moyens d'échapper à ceux qui veulent la du hasard Ë — Cependant, Pascal, on lit
is rester 1C1
t tous les jours des histoires tenribles concernant des en- Paris seu | fants qu'on était arrivé à séparer da monde entier. { — De tout petits enfants ou de pauvres créatures idiotes et hébétées, possibles ! nous sau- | Mais Monette! Allons donc!.,,.Jevous dis qu'elle ne risque pas grand chose, sovez-en otre chère M sûre !
‘urerlez ici, Malgré ces affirmations répétées plusieurs fois par jour, Germaine et Lise étaient toupremières tes les deux sur des charbons ardents, et le voyage jusqu'à Paris fut pour elles et pour Abeille, qui ne pouvait les voir si inquiètes sans l'être égalem nt, la plus triste chose du ières paro monde. Enfin, l'on arriva : et pendant que la famille de Gesdres t
“entrait rue de Vau
chez elle, Gerinaine se faisait conduire en toute
girard et reconduisait Mine Escaméla 6 nom que hâte à l'hôtel du Ranelecwh
{ Halgre son peu da confinnce en Grégoire, il lui iblait jue celui ci dans sont propri Î 1 Avoir tenu la promesse QUIL IUT avait faite à Mussidan, et que pur lui elle r dos nouvel certaines de sn bille, peut.oti ‘fille elle-même
il: t nait | te tit complètement chouë nvt Alici Decidéinent, Jui avait dit à Craponette, quund il ut termine éXplivations, tu ! e h 4 in ut ju ui joburd cle la plu belle en IUA4Is Avec cela tu es encore leve] une virouet e de première grand il Fu 1} l [tu Je te défends de m insulter, canaille ! lui dit il Les veux etlroutés da la Wootne surrondirent encore, pleit d'étounement et d'iro nie L'insulter, parce qu je dis des ve rités ?,,, ,tit-ell Oh!la! la ‘nes enfants, en voila du drôle ! Nuis Je Veux bien rappeler à Inenoire que tu parais «a ir laissée la us, dans les étangs dote landes, probablement Quand tu es parti, a&-4il été convenu UN Où on, contre nous, que tu allui d'abord essa er de faire u“Uginenter ta pension par ta plhnbhôche de femimn ensuite aider les projets d'Adrien ? Le lendemain de notre
Conversation à ïe sujet nes tu 1S revenu toi Môme. jei AU pius matin, rectifier hion } ns l '
plan que tu trouvais défectueux, et me di
re comment il falluit s'y prendre pour enlever pl üretuent Mile Simone Escamé 1!
( alt vrai, avant son départ pour la Gasco ne, Grégoire, converti aux idéac le la Craponette Lil revenu chez elle lui dire des ptusées qui étaient nées en lui Penilant la ntui
Et come i souvenir le comte buissait Ja tête et ipprôtait ü ‘uter, abpainnt conne à l'ordinaire à son aide les mensonves les plus Hagrants, la Craponette se fac]
l'u suis, mon vieux, fit-elle en mettant ses deux poings sur ses linn hes, j'ai dormi lepuis ton départ, mais je n'ai pas rêvé ‘eUy Me pas, quand il s'agit de chos CrAvVeSs, tu nignores pa vi! fau [RE ircher droit avec moi ! .Jet AVHI dit qu Adriei était toqué de cette Escuméla, rencontrée par lui dans les Pyrénées ; tu devais l'aider À e taire alter de su princesse, et lut faciliter les entrevue avec elle Au lieu de cola monsieur n'a su que lui mettre des bâtous daus les roues et lui susciter des di sagréiments,
Vous êtes tous des bandits ! ra Grégoire Avoue que Con ignoble frère at son fil qui arche si bi sur ses traces, qu tous... tous, tant que Vous é6tes, vous vous tes
wsociés pour enlever cette enfant
l'u as deviné çà tout seul! Eh bien, vrai, tu es plus fort que tu n'en as l'ai Î beau mystere en vérité Tu n'as pas tenu tes promesse lors cet enfant. «4 devenait fou d'amour, a fait ses affaires tout seul !.. Où est Mile Escaméla ? demanda Grégoire, je veux le suvoir ! lu veux ..Jadis le roi disait : Nous voulons!...,.Tu po is faire com lui ; car ici en cflet nous sommes deux Tu parleras, te dis-je, ,,.ou bien, prends garde! — A quoi!
vais vous dénoncer, tous, comme coupables du me de rapt sur une mi ieure —-Et moi, je raconterai COMNE QUOI, jadis, tu as fait ta fille par Mathieu, ton valet de chambre Gréxoire ne répondit pas Lorsque dans leur raponette Jui
disait des choses ennuyeuses où embarrassantes s'arrétait Où est tou frère ? lui demanda:t-il tout à
parti-là aqu'il
\ ll toujours en Provence ?
La Crapouette, prise de court, ne op pas it | n qu'il y avait entre cette demande et l’e tence de Moncette. Î (pl | li tout à coup sa présence d'esprit lui revint.
Eile 6 mit a rire :
-Gros malin !! . Va, dit-elle. ta te deda Plus souvent,
le fils À Marnan !
nest a liqui lé la u 14 rence mure can mono . non 2 mors ms
La suite est sous pres Aus
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GEBHARDT - BERTHIAUME Ouvrage Commercial et de