NEIGES
ce ne sera pas long !..., Ainsi que Mathieu, ainsi que le curé, ainsi que les Craponne, Grégoire croyait Germaine apathique et sans volonté, sans décision. sans énergie; Abeille seule, et peut-être encore plus Pascal, savaient que sous l’exquise gaine de velours si miêvre et si frêle, il y avait une impliable barre de fer, capable, à un moment donné de se redresser dans la justice de son droit, de ne jamais plus plier, et même de devenir im- |
placable, Grégoire lui-même, un peu plus tard, devait l’apprndre à ses dépens. L'ŒUVRE DU MAL !
— Enfin de quoi at-il donc claqué ton vieux type ? demanda Alice Craponne à Gré.
— Mais d’une crise de sa inaladie de cœur, répondit le comte, on ne peut plus tranquillement,
— Et provoquée par quoi ?....
—Par rien que je sache.
——1l n'avait pas eu quelque émotion désagréable ?. , reçu par exemple une lettre de contrariant ?...,
—Je ne le crois pas. Le courrier'était épars autour de lui, et excepté une lettre des
plus affectueuses de mon oncle, le curé de Villamblard, tout était extrêmement plus banal et indifférent. :
— Il aura jeté mon poulet au feu, avec ce qu'il contenait, pensa Mlle Craponne. Fière chance tout de même. Mais vu l'amour insensé du vieux pour sa fille, j'y comptais bien un peu.
— Et ta femme, continua-t-elle tout haut, comment a-t-elle pris tout cela ?
— Elle est fort malade,
—Ah ! et c’est comme ça que tu la soignes ?
— Oh ! elle n'est pas seule !
—Qui donc est avec elle ?
—La marquise de Gesdres,
— Et le marquis ?
— Naturellement aussi !.... répondit Grégoire embarrassé sous le regard narquois et vicieux de son amie,
—Ah!.. ah!.. fit celle-ci. Il s’humanise le beau savant ; du reste, on me l'avait déjà dit.. Je suis bien aise que tu l’aies constaté par toi-même, |
L'amour-propre du comte de Villamblard était ce qui vibrait le plus violemment en son âme. Il fut étreint par un maluise et une angoisse indéfinissables, à coup sûr jamais il ressenties,.
— Quoi ? s’écria-t-il hors de lui, que signifient ces paroles? Tu sais, la belle, je n'aime pas les plaisanteries de ce genre.là !
Elle lui fredonna, sans lui répondre autrement, les premières mesures d’un chant ven- | déen, fameux et admirable, dont elle lui avait fait une sorte de scie, chaque fois qu'il partait en guerre, après quelque jobarderie, ainsi qu’elle le disait,
Cette chanson en était arrivée à exaspérer M. de Mussidanjusqu’à la folie-
goire, dès qu’elle le revit, |
Prends ton fusil, Grégoire, Ev ta gourde pour boire, Et ta Vierge d'ivoire, etc., ete.
Pc tn 2 one eu ous sun. mode
— As-tu bientôt fini ! s’écria-til en marchant sur elle, les poings levés.
—De mieux en mieux, fit-elle, bats-moi, à présent. On voit bien que tu as vécu chez les sauvages, va !.. Pour un gentilhomme français, ce que tu as réussi !. FF
—Mais aussi pourquoi me dis-tu de semblables choses ?. ...
Devant l'attitude résolue et la volonté de son amie, Grégoire baissait tou jours pavillon.
—Tu me fais positivement pitié, lui dit-elle. Tu ne comprendras jamais la nature de mon affection pour toi.
— Tu te trompes, j'ai une confiance illimitée en ton amour que je partage, tu devrais le savoir, Mais je te supplie de comprendre, de ton côté, qu'il y a des choses auxquelles personne au monde ne doit toucher, La femme qui porte votre nom et qui va vous rendre père, c'est sacré,
— Tu ne seras jamais qu'un jobard, et d’une force. Oh ! pour ça, à toi le pompon !., Voila des mois et des mois que je me tue à te dire que si Germaine est, vis-à-vis de toi, froide et glaciale, ainsi que tu me le racontes,c'est qu'elle à une autre passion dans le cœur. Et lorsque je te la fais toucher du doigt, cette passion, monsieur se révolte, monte sur ses grands chevaux, et part en guerre. Elle entonna de nouveau le fameux air, celui qui avait le don de faire passer de si désagréables frissons sur l’épiderme de M. de Mussidan.
Tais-toi, lui ditil. Parlons d'autre chose, je ne te crois pas.
—AÀ ton aise, mon ami, à ton aise !....Ni on se fiche de toi, tant pis !..., Et puis c'est peut-être pour désinfecter ta maison de tous les microbes et ferments qu’elle renferme que tu y attires l'inventeur de ces bêtes-là. (Ca te regarde !
Et tout de suite, en effet, Alice changea de couversation. Mais quoique M. de Villamblard ne voulût pas lui donner la satisfaction de lui laisser voir que ses insinuations avaient laissé une trace quelconque dans son esprit, toute la soirée Grégoire fut ennuyé et préoccupé,
—N'aie pas peur, dit le lendemain Alice à son frère, ce que je lui ai dit n’est pas tombé dans l'oreille d’un sourd. Malgré ses grands airs dégagés, mon Rodrigues y pense, il y vensera toujours, et ça fera du chemin, sois tranquille, Quant à moi, je ne laisserai pas perdre ce que j'ai si bien commencé.
—C'est Vénus tout entière à sa proie attachée, déclama Craponne,
— Vénus ?....répéta la Craponette avec son accent traînard de faubourienne, qu’estce que c’est que ça? Nous n'avons pas été à l'école ensemble !...,Les millions !....Ah! oui !....ça, par exemple, je le guigne....tu peux le dire, la Beauté !....Mais pour le reste, ce que je m'en bats l’æil!....
La Craponette connaissait bien Grégoire....Celui-ci avait, en effet, en sa femme une confiance absolue. Mais Germaine était très belle, c'était incontestable ; et si cette beauté ne lui disait rien à lui, et ne lui plaisait pas, elle pouvait en impressionner d’autres jusqu'à la folie.
Or, lorsque lui, Grégoire de Villamblard, éprouvait une de ces impressions-là, il n'y avait ni honneur, ni scrupule, ni respect qui tint....1l ne connaissait qu’une chose, la satisfaction de son désir, par tous les moyens possibles. Or, ayant cette ligne de conduitelà il ne pouvait qu’en croire les autres capables également, Puis il éprouvait depuis longtemps une haine profonde pour M. de Gesdres, une haine instinctive, extraordinaire: Non seulement Pascal, avec son grand cœur et son grand cerveau, dominait de cent coudées son étroite petite personnalité, si mesquine et si tâtillonne, mais Grégoire sentait que du premier jour M. de Gesdres l'avait jugé à son aune.
Oui, c'était vrai, Pascal l'avait déshabillé ; il avait plongé son regard habitué aux anaiyses, jusqu'au fond de cette conscience de boue, et quand il avait eu terminé cette triste besogne, il ÿ avait en lui la conviction absolue de l’insuftisance intellectuelle de l'individu et un mépris profond pour cet être capable de toutes les bassesses, de toutes les turpitudes.
— Pauvre Germaine !,...avait-il murmuré plus d’une fois, sans même chercher à étouffer ses paroles.
Et Grégoire l'avait, sinon entendu, du moins deviné. Cette immense pitié éprouvée pour l’abandonnée s’était-elle transformée en amour d’abord, en passion ensuite?
M. de Mussidan ne pouvait pas le savoir. Les,savants, dont le cerveau est sans cesse en ébullition, ont de bizarres différences dans les manifestations de leurs fatigues cérébrales ; les uns restent dans un état d'indifférence absolue pour tout ce qui n'est pas leur travail ; d’autres, au contraire, à certains moments, éprouvent un irrésistible besuin de diversion et de plaisir. Ce besoin d'amour, Pascal l'avait éprouvé une fois déjà vis-à-vis Abeille, Pourquoi Germaine, avec sa beauté marmoréenne, n’aurait-elle pas excité jusqu'à la folie cet homme qui était excitable?....Tandis aue l’orgueil de M, de Villamblard se révoltait et saignait à cette pensée, sa haine pour Pascal en était presque satisfaite, Eh oui!....cet être si parfait avait donc lui aussi des côtés de fange et de boue par lesquels il était à son niveau....Cependant chez 12 Craponette, Grégoire se contint : pou: rien au monde il n'eût voulu lui laisser deviner le chemin qu'avait fait en lui la
tu devrais le es auxqueiles va vous ren-
+ pompon !., s-ä-vis de toi, dans le cœur, monte sur ses air, celui qui de Mussidan.
Et puis c'est lle renferme
TI. de Villaminsinuations re fut ennuyé
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enne, qu'estns !....Ah!
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st sans cesse œues cérébrad'est pas leur ble besoin de déjà vis-à-vis as excité Jus- , de Villamresque satis- : de boue par se contint :
ait en lui la
flèche empoisonnée qu'elle lui avait lancée, Mais ainsi qu'elle l'avait dit à Nénest, elle savait bien où elle voulait arriver, et elle n’était pas fille à abandonner un instant le but qu'elle s'était fixé,
— Éxerce-toi à la fameuse écriture, n'est-ce pas, disait-elle de temps en temps à son frère,
—C’est mon devoir quotidien, répondait invariablement Craponne,
— Et tu réussis ?
— Oui, elle n’est pas compliquée cette écriture. Cependant, il y a une fermeté longue, pour laquelle il me faut une très grande sûreté de main,
— (Quand ça y sera, tu m'avertiras, hein !
— À coup sûr.
—- Bien ; inais presse-toi. Le temps des couches approche, Et moi je chauffe mon Rodrigue à blanc,
En effet, Alice avait commencé à dire de ioin en loin à Grégoire et comme sans importance :
— Toujours malade, la comtesse ?
—Sa superbe constitution reprend le dessus, répondait M, de Mussidan, Cependant sa tristesse augmente, Elle n'était Pas amusante, jadis, mais aujourd'hui elle est tuante,
— Et cet excellent marquis la soigne toujours ?
Le plus souvent M. de Villamblard ne répondait pas,
Mais sa rage en prenait des proportions insensées,
C'est que c'était vrai : Abeille ou son mari, et celui-ci encore plus souvent peut-être que la marquise, ne quittait pas (Germaine,
Un jour, Grégoire trouva pendu aux murs du boudoir dans lequel Alice vivait, au milieu d’un indescriptible désordre, un de ces petits coucous suisses, ayant la forme d'un chalet, en bois, avec les aiguilles et les heures en ivoire.
Ii ne l’eût peut-être pas remarqué si, À cinq heures, un oiseau ne fût sorti d’une niche pratiquée sous le faîte, et avec cinq battements d'ailes, n’eût poussé cinq fois le cri qui a baptisé l'horloge,
— Qu'est-ce que c'est que ça ? fit Grégoire en se retournant comme piqué d’une tarentule. Ah! ma chère, que c’est donc laid et commun !..., Tu n'auras jamais que les goûts d’une grisette..., /
— Possible, mais c’te musique-là rie plaît, à moi!...,
Du reste, le coucou, mon cher, est un oiseau fort intelligent, Très paresseux de sa nature, il va au printemps faire son nid dans celui qui a été bâti par les autres, sfin de s’éviter tout travail, C’est.un fort roublard, aussi je l’aime.
Grégoire, prévoyant quelque avatar, ne répondit pas et se contenta, en cherchant la secrète pensée d'Alice, de tirer sa moustache de toutes ses forces,
On ne parla plus du coucou, — ce soir-là.
Néanmoins, le lendemain, comme sept heures sonnaient, le comte se leva :
— Où vas-tu ?.... demanda Alice,
—On m'attend pour dîner, répondit il, mais demain ou même ce soir, je reviendrai,
—1l me semble que tu t'en vas de bien bonne heure, fit-elle en minaudant,
Puis sans lui laisser le temps de répondre :
— Vous ne dînez donc plus à sept heures et demie, chez toi?,.,, dit-elle,
—Si, mais le temps d'arriver...
— Oh ! alors,assois-toi encore un moment.
—Sept heures ont sonné.
—Non, Pascal avance.
M. de Mussidan sursauta.
— Pascal ?.... répéta-til. Qu'est-ce que ça veut dire ?,..,
Alice désigna le coucou du regard.
—Je l'ai baptisé de cette façon, dit-elle, à cause de M. de Gesdres, qui ainsi que cet oiseau, profite du nid des autres.
Grégoire so leva et partit sans un mot.
La colère l’étranglait.
À quelques jours de là, Mathieu ramena à l'hôtel du Ranelagh un tout petit chien grifon noir, aux yeux intelligents, aussi brillants que des diamants.
—J’ai trouvé cette bôte dans le Bois, dit-il à Germaine,
Ce chien doit être perdu par ses maîtres, Je vais déclarer au gardien qu'il est ici, Ni on me le réclame, je le rendrai, sinon, je le garderai, à condition toutefois que tuadame la comtesse y consente,
Germaine se garda bien de refuser, Elle adorait les chiens,
Rolland encore plus,
Uette toute petite bête, évidemment très jeune, aux yeux d’une douceur extraordinaire, pleine de tendresse et de bonté, leur plut immédiatement beaucoup à tous les deux.
— Qui, oui ! il faut le garder dit la jeune femme,
Dit lo chien, qui devait réster à l'écurie, passa la plus grande partie de son temps au salwn.
I] accompagnait Rolland au lycée le matin, le soir il lui faisait une fête au retour, une fête expansive et bruyante ; en attendant, il restait le plus souvent couché en rond sur la robe de ('ermaine pour laquelle, il avait eu, dès l’abord, une excessive prédilection, «
—Qu'il est donc joli, déclara Pascal dès qu'il le vit. 11 a un regard humain, si intelligent et doux.... Comment l’appellez-vous, Germaine ?
—Je ne le sais pas. Ce un pañvre abandonné, sans nom et sans origine, que nous n'avons pas encore baptisé,
—Appelez-le Marquis.
— Votre titre!,.., oh!,..,
—Mais vous savez bien que je ne trouve pas blessante une assimilation quelconque, avec ces êtres, à coup sûr les plus parfaits de la création, Voyons si ce nom-là lui plaît : Marquis ! viens ici, mon mignon !
Le toutou, à ce nom de Marquis, remua fortement la queue, et vint à Pascal, dressant, par une sorte de rictus, ses lèvres, qui découvrirent ainsi ses io): toutes blanches.
—Mon Dieu!.... s'écria Germaine émerveillée, il rit !....
— Parce que je suis probablement tombé du premier coup sur son rom, répondit Pascal en riant également. Il y a des hasards si drôles !..
Alors, mon vieux, tu es marquis comme moi?...... Grand bien te fasse !...... Et
en 1'e-
es quenottes
Ca m'humilierait tout de même !..,...
Abeille, présente, protesta ; mais cette boutade de Pascal ne lui déplut pas.
Encore quelques semaines s’écoulèrent,
A l'hôtel du Ranelagh, on ne voyait plus que berceaux, petits bonnets, corbeilles satin blanc enrubannées, et débordantes de merveilles !
Germaine souriait,
Elle était faite pour la maternité comme elle eût été faite pour l'amour, si elle ne fût pas tombée sur le triste sire que Lucien avait voulu pour gendre,
Elle avait déclaré qu’elle voulait nourrir son enfant,
Grégoire, suivant sa louable habitude, n'avait répondu ni oui ni non.
C'était, on le sait, la solution favorite de cet esprit irrésolu et indéeis,
Un soir, la Craponette le reçut avec une véritable figure de condoléance.
—Qu'as-tu ? lui demanda-t:il dès l’entrée,
- Une grande, une réelle pitié pour toi, lui répondit-elle aussitôt.
— À quel propos ?....
Elle alla droit vers un bureau soigneusement fermé à clef, et après l’avoir ouvert, elle en tira une lettre.
Elle revint vers Grégoire,
— Je t'avais fait part, lui dit-elle, de certains bruits courant sur le compte de ta femme. Tu m'as envoyée promener dans les grands prix. ishlo!,.,, Ne touchez pas à la Reine !...,
— Allons ! Où veux-tu en venir?,,,, Tu m'agace: :
—Eh Lien ! comme j'étais sûre qu’il n'y à jamais de fumée sans feu, j'ai cherché savoir ce qu'il y avait de vrai dans ce qui m'avait été afiriné,
——Après l....
—Après?,,., Oh! c'est complet va!... Non seulement ta sainte, ton immaculée Germaine ne t'aime pas, mais elle adore Pascal de Gesdres !
—'Tu mens ! s'écria Grégoire, en faisant quelques pas vers elle, les deux poings levés,
î ! SNS eos:
de
est ici, Ni le madame
ordinaire, leux.
temps au etour, une rond sur ection, «
1, si intel-
que nous
1elconque, lui plaît:
al, en requenottes ndit Pas-
re Et ous deux.
beilles de
le ne fût
ivert, elle
ta femme.
pas à la
cherché à
mmaculée
, igs levés,
La cabotine se retira prudemment, mettant une table entre elle et lui.
—Tu sais, lui dit elle encore toute blanche de terreur, si tu le prends ainsi, je jette la lettre de ta Dulcinée au feu, et tu ne sauras rien du tout,
M, de Mussidan eut peur ; le caractère décidé d'Alice Jui était connu. Et comme une
curiosité impérieuse et passionnés ::aît le fond de sa nature mesquine, il se cnlma instantanément
— Donne cette lettre, dit-il.
— Et tu ne fera pas de folie ?,..,
Il eut mot sublime d'ignominie spontanée et naturelle : La fortune est tout entière à elle, dit.il; que pu
Ali ui tendit le chef-d'œuvre de Nénest,
C'était véritablement une perfection,
Grégoire lut ,
je taire
‘ Mon Pascal adoré,
‘Je n'ai pas confiance en mon médecin ordinaive,
Il faut me choisir et : envoyer un bon spécialiste.
‘* Désigné par toi, ie l’accepterai les yeux fermés, Ne suis je pas sûre en. de ta
passionnée sollicitude, “Je t'adore, Ta GErMAr »,”
T'as compris, pas ?,., lui dit la Craponette qui lisait par dessus son épaul
Si M. de Mussidan eût possédé l'ombre d’un raisonnement ou un atome d'inti gence, il se fût dit d'abord que Germaine n’eût pour rien au monde parlé en ces teri Mari de l’amie de toute sa vie, Abeille, qu'elle adorait ; et qu'ensuite elle n'eût jam nmis l'insigne imprudence d'écrire de semblables hoses à un homme qu’elle voyait ement tous les jours, en tête à tête quand ça lui plaisait, Mais Grégoire était en } un colère folle,
D'autant plus folle qu'il se sentait désarmé et mpuissant vis-à-vis de sa femme. cause du luxe qu’il tenait d’elle seule, et auquel il ne voulait pas renoncer. Que fair uer Germaine ?: ::: C'était renoncer très sûrement à sa fortune, Divorcer ? C'était ver au même résultat, Alors, comme il voulait les conserver ces richesses, cette opule ce confortable magnifique, il résolut de se venger bassement, hypocritement, par de ous main. ...sur linnocent qui allait naître.
La parole de Craponette !::::I1 eût dû en conn tre la valeur, tout au moins lu -n-
trôler avant de prendre n'importe quelle déterminaison ?, traire, sa résolution fut prise, L'enfant, ce pauvre petit à tine....1l le supprimerait, et du coup il hériterait avait laissé, soit deux millions. Cette idée d'avoir instantanément son sang froid au triste sire.
—Je ne veux pas endosser cette paternité.là, dit: La Craponette respira. Enfin, elle avait réussi, et le piège grossier que Nénest et elle avait préparé !...
—Je te comprends bien, s’écria-telle, ça c’est digne «le toi!.,
—Te chargerais-tu d'emporter d’abord, de faire en lui demanda:t.il,
—Tu es mon maître et mon Dieu, lui répondit-elle,
—Mais je veux que tu me jures, sur ce que tu as de
... Non, tout de suite, au son.
tre sans défense, serait la
le la moitié de ce que Bargemon li deux millions à lui, bien à lui, rendi
catégoriquement, régoire sautait à pieds joints dans
ite nourrir et élever cet enfant 1
1e puis-je te refuser ?. ...
plus sacré, que rieri ne lui man- — Tu peux être tranquille. D'ailleurs, le gosse sera artiste comme
moi. Qu'y atil de plus beau sûr terre ?
—En attendant qu'il soit artiste, il faut penser à sa première existence, Je veux
qu'on le mette en nourrice, très loin, à l'étranger même si c’est possible, afin que la mére
ne retrouve jamais sa trace. ...Là il passera son enfanct élevé conme les paysans qui
se chargeront de lui, partageant leurs travaux et leur existence, Plus tard, on avisera.
Nénest et comme
vit tamémmanines
Een
ES
eo
RTE
—Nénest n’a fait que ça toute sa vie, avoir des enfants, et les faire nourrir n'importe où. Mon frère est absolument l’homme qu’il te faut pour mener à bien cette besogne-là ....Je lui en parlerai...
—Merci. Mais il faut commencer l'affaire dès demain,
—Ce sera fait.
Grégoire plia la lettre, la mit dans son portefeuille et partit.
— Maintenant, ditil, je vais confondre la coupable.
Alice le laissa aller.
— | n’est pas trop en l'air, se dit-elle, ce ne sera pas un feu de paille, ça va marcher !
Fameuse idée que j'ai eue-là !...,
Et songeant à tout ce qu’elle pourrait tirer plus tard de Germaine, avec cet enfant | dont elle se réservait de lui faire connaître l’existence quand serait venu le moment de lui soutirer de l'argent, l’affreuse misérable se dit :
— Décidément la veine se dessine!....A nous les richesses des Bargemon!....Ce qu'ils vont danser ces petits millions-là !....
Chez elle, Germaine n’était pas encore couchée. Assise devant le feu, enveloppée d’une robe de chambre en faille blanche doublée de peluche mauve, elle paraissait très loin des choses présentes,
| Et cependant, elle ne rêvait pas.
Cette nature concentrée, mais admirablement équilibrée, savait recouvrir toutes ses impressions, mêmes les plus intimes, d’une couche de glace, peut-être de pudeur si farouche que nul n’était capable de deviner ce qu'il y avait en dessous ; mais malgré cette froideur apparente, ce dessous était ce qu'il y avait de plus chaud, de plus vibrant, de
. plus irrésistiblement passionné et dévoué, C'était donc à l'enfant qu’elle allait mettre au monde, que toute seule dans sa maison déserte, Germaine songeait ; également aux
| devoirs que lui imposait cette maternité, à elle, la femme sans mari, ou à peu près. De l’abandon de Gregoire, elle ne s'était jamais plainte... Ah! Dieu....non....Elle était
i bien trop fière pour cela. Elle s'était contentée de garder ce cœur dont il n'avait pas AL voulu, Et si bien trempé était son caractère, que toute sa vie elle eût vêcu auprès du
l comte, sans lui laisser deviner qu’elle était au courant de sa conduite,
Mais pour l'enfant, c'était autre chose !.... \ Pour lui, elle sortirait de son indifférence hautaine. Elle ferait taire son indignation. ]
Elle saurait faire acte de volonté, et serait la maitresse ! Ne fallait-il pas, en etfet, combattre les influences que subissait M. de Villamblard, et celles encore plus redouta- I bles de l’hérédité paternelle ? ( Avoir pour fils un être faible, sans conscience et sans droiture, tel que Grégoire? ... Y
Oh ; non, jamais !....
Germaine, au contraire, entendait que son enfant fût un honnête homme comme l'abbé ù a ù t n fe ra ide re sé le
Tout à coup, elle entendit la porte de l'hôtel s'ouvrir: puis, presque aussitôt la voix mièvre et suraiguë de Grégoire retentit dans l’escalier.
n'importe : besogne-là
a marcher !
cet enfant moment de
on!....Ce
ppée d’une rès loin des
‘toutes ses ar si farougré cette vibrant, de lait mettre ement aux près. De . Elle était n'avait pas auprès du
ignation. .
s, en effet, 1s redouta-
voire ?,.,.
nme l’abbé a solitude it atteinte imie sévis- >z de victicrit que ni né de plus au monde,
ler auprès ise, Néancour d'elle,
e comte et lait, serait
n souftrait
Ôt la voix
— Il rentre de bonne heure, ce soir, pensa Germaine, qui avait pris l'habitude, depuis la mort de Lucien, de le voir revenir avec le jour, ou a peu près.
Comme la chambre de Grégoire était séparée de la sienne par un cabinet de toilctte, et que jamais il n’entrait chez elle à ces heures tardives, elle ne bougea pas. Mais les pas rapides du comte s’arrétèrent devant sa porte à elle, et sans frapper, il entra, Germaine se retourna surprise et froissée. Dès le premier regard elle vit que M. de Mussidan n'était pas dans son état ordinaire.
— Ah ! fitelle en se réservant, qu'est-ce qui me vaut l'honneur de votre visite ?....
Sans lui répondre directement, Grégoire tira la fameuse lettre de sa poche, et la lui mit sous les yeux.
—"“ai a écrit ces lignes? lui demanda til enfin à brûle pourpoint,
Germaine ne se troubla pas, n’hésita pas,
— Moi, répondit elle, car dans le mouvement de son mari, si elle avait vu l’ensemble des caractères, elle n'avait pu distinguer un seul mot,
— Ah ! vous l’avouez, misérable !....
En un prompt examen de conscience, Germaine eut la certitude que même vis-à-vis d'Abeille, elle n'avait jamais laissé échapper un seul indice des poignantes amertumes qui cependant, quelquefois, avaient gonflé son cœur, à croire qu'il allait éclater.
— Veuillez mesurer vos expressions dit-elle avec un calme imperturbable, le calme de l'innocence ; parce que je ne supporterai pas que vous me parliez autrement qu'avec un respect absolu, je vous en avertis. ,....
En présence de cette froideur hautaine, de cette dignité, où il Y avaittant de dédain, et peut être de mépris, Grégoire éclata tout à fait,
— Oui, misérable ! je le répète, s’écria-t.il hors de lui. Misérable et menteuse, et traître et parjure ! J'en ai la preuve dans cette lettre dont vous venez de reconnaître spontané. ment l'écriture, sans savoir ce qu'il y avait dedans, la preuve que vous avez devoirs sous les pieds ... Ah ! le voilà donc le secret de cette froideur gl froideur, qui m'a à tout jamais rebuté de vous, moi qui vous arrivais tendresse, d’une si ardente reconnaissance !.…. . Vous en aimiez un honneur !
mis tous vos aciale, de cette plein d’une si pure autre, femme sans
Germaine, qui jusque-là croyait Grégoire en proie à quelque accès d'ivresse, se redre très pâle, mais absolument maîtresse d'elle-même.
— Monsieur le comte, dit-elle, vous êtes certainement ivre. Vous taire, parce que, quel que soit votre état, si vous dites u Pardonnerai jamais ces paroles-là,
— Allons, assez ! s’écria Grégoire, que cette dignité souveraine affolait. Assez!,...Je ne suis pas de ceux qui prennent des vessies pour des lanternes ; et j'ai là, entendez-vous,
continua t-il en brandissant la lettre, la preuve que cette ignoble Pascal de Gesdres est votre amant,
Sssa
Mais je vous conseille de n mot de plus, je ne vous
Germaine, qui était debout, fit deux pas vers Son mari, et lui arracha la lettre des mains, Elle était courte : d'un rapide coup d’æil, la comtesse la parcourut.
—Je n'ai jamais écrit cela, dit-elle, énergique et digne, avec une assurance où tout autre eût senti la vérité qui s'impose. Mon écriture est admirablement imitée, c’est vrai ; et je m'y suis trompée moi-même, mais cette lettre n’est pas de moi. Cela, une fois pour toutes, je le jure sur les deux choses les plus sacrées de ma vie, le sou votre bienfaiteur, et l'amour que j'ai pour mon enfant,
Et conime Grégoire, décomposé de fureur, allait recommencer ses insultes :
—Je vous ordonne de vous taire, dit Germaine souverainement imposante, Vous n’avez pas besoin d’insister, Si J'avais un amant, étant donné mon caractere, je ne le nommerais pas ; mais j'avouerais que je l'ai. Je ne me suis jamais abaissée À mentir, je ne le ferai jainais, Vous qui ne faites pas autre chose d’un bout de la journée à l’autre, vous rabaissez tout le monde à votre niveau, ce qui est naturel, Moi, au contraire, je désire rester Où je me suis placée, et ÿ avoir au moins la paix, puisque tout le reste m'a été refu-
sé. Beaucoup n'auraient peut-être pas autant de philosophie ou de mépris de tout, appelez-le comme vous voudr
venir de mon père,
mais sans se départir de son calme, c’est une explication que vous voulez?..., Soit! mais je vous avertis qu'après l'injure mortelle
que vous venez de me faire, nous redeviendrons plus étrangers l’un à l’autre que nous ne l'étions, même en ces derniers temps....Je ne voulais pas me marier, c’est vrai, et je ne vous lai pas caché, Pas davantage je ne vous ai dissimulé qu’au début de ma vie, j'avais fait des projets d'avenir, Celui qui en était l’objet étant mort, j'avais résolu de demeurer éternellement fidèle à son souvenir, La maternité me semblait, il est vrai, le but essentiel de toute vie de femme, mais ce but était rempli chez moi par l'adoption de Rolland, Je ne désirais pas autre chose, Lorsque vous me fûtes présenté par mon père, ma manière de voir ne se trouve en rien modifiée. . . - Beaucoup de choses de votre caractère n’allaient pas au mien, La comédie de passion que vous jouiez vis-à-vis de moi ne me dupait pas, Ne vous aimant pas moi-même je lisais clairement en vous |
Au comble de la rage de se voir si bien deviné,
Germaine ne lui en laissa pas le temps.
—Ne w'interrompez pas, dit-elle sur un ton qui n’admettait pas de réplique.
Et tout de suite elle reprit :
— Malheureusement, mon pauvre père ne put pas Partager ma claivoyance, Il lui na. quit une idée fixe, une idée malade, que vous avez du reste devinée du premier jour, et pour la réalisation de laquelle vous avez fait des miracles de duplicité :
Atin de payer la dette contractée jadis auprès de femme!....
— Dieu m'est témoin, s’écria Grégoire hors de lui, que vous me calomniez indignement, et que je n'ai jamais rien fait pour impressionner M, Bargemon,
Germaine leva les épaules et avec un mépris souverain :
—Nous sommes seuls, dit-elle, vos mensonges ne prennent pas,
Vous avez, au contraire, tenté l'impossible pour ancrer cette fatale idée dans l'esprit de mon pauvre père, et vous y êtes si bien arrivé que lors de sa première crise, à Mussidan, pendant que la mort l’effleurait de son aile, il n'avait que cette pensée en tête :
—Accepte de devenir comtesse de Mussidan, pour que je meure apaisé, ayant rendu le bien qui m'a été fait!
J'aimais mon père d'un amour que vous n'êtes pas lais le voir vivre, Je dis “oui !”
— Ah !'que vous eussiez donc mieux fait de dire “non !” interrompit Grégoire,
Avec un regard qui lui fit passer un frisson de peur dans les moelles tôt répondit :
Grégoire voulut protester.
votre oncle, je devais devenir votre
“apable de comprendre, Je vouhÿpocritement
, Germaine aussi-
— Il nest pas trop tard pour cela. Mon père n'est pas là pour souffrir, fait peut être défait,
Et comme terrassé par ce coup droit, comme Stupéfait surtout par la femme nouvelle qui se révélait à lui, volontaire et énergique, Grégoire ne répondait pas, Mine de Villamblard-Mussidan continua :
—J’ai accepté le mariage qu'un mourant m'imposait, sans aucun enthousiasme, c'est vrai, mais avec la volonté ferme et arrêtée de remplir scrupuleusement tous mes devoirs.
Je n'ai manqué à aucun, pas plus en action qu’en pensée, J'ai déploré souvent d’avoir pour mari un être d'aussi peu de valeur morale que ous, c’est encore très vrai; mais l'idée de chercher une consolation en dehors de la voie droite ne m'a Jamais efleurée, Croyez-le, ne le croyez Pas, peu m'importe. Je ne me fais pas plus vertueuse que je ne le suis : ce n’est pas par respect pour vous que j'ai agi ainsi, c'est parce que j'ai naturelle ment horreur de tout ce qu'on doit cacher et dissimuler, de tout ce qui souille et qui avilit!,..,
—Je vous remercie des jolis sentiments que vous manifestez Grégoire humilié au délà du possible, Et rien que cet exposé re blable votre lettre... celle que je viens de vous montrer... ;
—Je vous ai déjà prié de ne pas m'insulter, l'ai donnée ; mais attendez, elle n’est pas finie,
Oui, c'est vrai, j'ai pour vous le plus profond mépris, parce qu'au lieu d'être reconnaissant à mon père de Ja situation qu'il vous faisait, vous, un déclassé sans feu ni lieu, mil. lionnaire du jour au lendemain, grâce à lui : vous avez, sans ser
H ‘inentaires principes de délicatesse et d honnenr, fait servir cet M. Bargemon a la satisfaction de vos vices les moins avouables. »
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—Madame, interrompit Grégoire hors de lui, au lieu d’accuser, vous feriez mieux de vous défendre,
— Moi, monsieur, je n’en ai pas besoin. Je suis sans peur comme suns reproche. Mais vous, ’le jour même de votre retour à Paris, vous avez repris, avec une chanteuse de caféconcert de trente-sixiéme ordre, une fille que toutes les fanges et tous les ruisseaux de Paris avaient recouverte, Mile Craponne, les relations que vous aviez avant votre mariage. .
C'est avec notre argent, celui de mon père, le mien, que vous l'avez entretenue, richement entretenue même, Mais cela m'est indifférent, je suis assez riche pour ne pas m'arrêter à ce vol d'un certain genre. Et puis le Jour où je trouverai que vous allez trop loin, n'ayez crainte, je saurai y mettre ordre....Ces derniers mots frappèrent Grégoire en plein cœur. î
—Mais c’est atroce, cette calomnie-là, s'écria-t-il, et c’est certainement cet ignoble marquis de Gesdres qui à inventé tout cela !....
Germaine très froide répondit :
—M. et Mme de Gesdres ne connaissent pas le premier mot de ces infamies : leur esprit ne les porte pas vers ces turpitudes. Ils ont horreur de la boue. Et si vous voulez savoir comment je les ai apprises, je vais vous lé dire. C'est extrêmement simple,
Un jour, dans le cabinet de toilette qui sépare votre chambre de la mienne, là à côté, mon pied a heurté un papier à terre.
Je l'ai ramassé, je l'ai lu. C'était une lettre de cette fille, écrite dans des termes tels que moi, qui n'avais cependant pas beaucoup d'illusions sur vous, j'en ai été très désagréablement révoltée.
Le lendemain, seule et de moi-même, car je n'ai pas le caractère à faire à n'importe qui la confiance de semblables choses, je fis entreprendre des démarches par des gens dont c'est le métier, A Paris, avec de l'argent, on arrive à ce que l’on veut.
Huit jours après, je connaissais vos relations intimes avec ces Craponne, si infects que méme dans leur monde, nul ne les fréquente. Le frère est un acteur de foire surnommé Nénest-la-Beauté, par ses amis des boulevards extérieurs. La sœur, est une fille des rues, chanteuse par occasion. Ah ! vou* êtes étonné de me voir si bien instruite, je le vois.
Mais j'ai voulu tout savoir, et je l'ai su !.. Un instant, j'ai eu la tentation, je l'avoue, de faire intervenir les tribunaux, et de vous rendre à cette boue, qui à un si irrésistible attrait pour vous.... Deux choses m'en ont empêchée. Mon père, d'abord qui vivait encore, et que je voulais voir mourir heureux, sans qu'il se doutât dans quel abime son aveuglement m'avait jetée. Ensuite, mon enfantqui me créait de nouveaux devoirs.
Et maintenant, monsieur, demandez aux tribunaux notre divorce. C'est votre affaire. Ce divorce, à cause de l'enfant, je ne veux pas le demander, mais sur mon âme je ne m'y opposerai pas davantage. ... Bien plus j'en serai heureuse, et je l’accepterai comme une réparation que Dieu me doit.... J'élèverai seule l'enfant que vous aurez renié, et plus tard, je suis tranquille, il nous jugera tous les deux !
Et comme M, de Mussidan allait répondre, non plus pour insulter Germaine! car cette franchise hautaine qui éelatait dans le moindre geste, dans la plus insîgnifiante parole de la jeune femme, impressionnait et bouleversait le comte, comme il allait au contraire lui tendre la main, et lui faire quelque protestation d'amour, elle redevint plus froide qu'un marbre et lui dit :
— Assez, monsieur, je suis extrêmement fatiguée, veuillez me laisser, j'ai besoin de repos !
[l n’osa pas insister, tant Germaine lui en imposait,
Est-ce qu’Alice aurait fait fabriquer la lettre ?.... se demandat:il en revenant dans sa chambre,
—0h ! mais non, continua-til, furieux, en lançant une chaise de l’autre côté de la
everrai pas de ma vie !....
Il s’endormit, bougonnant et hors de lui, ne sachant que penser, que croire, et surtout que décider, Le lendemain, à son réveil, l'impression causée par les énergiques paroles de la comtesse s'était un peu effacée, A distance, la physionomie dédaigneuss ot loyale de Germaine ne lui donnait plus cette certitude absolue de sa pureté, qu'il avait éprouvée la veille en l’entendant parler. Maintenant, Grégoire avait surtout la conviction qu'elle le connaissait bien, qu’elle le méprisait profondément, et qu'à un moment donné elle pouvait l’ennuyer fortement, Et, peu à peu, il s'énerva, se monta la tête, se dit :
Î fl
Ré it anens
—Jolie existence, avec une pimbêche pareille !....
Et de cette distinction hautaine de patricienne et de femme impeccable, sa pensée se porta naturellement vers la Craponette,
Ah ! ce n'était pas la dignité qui l'étouffait, celle-là, certes non !.... Et cependant, comme elle l'attirait. comme elle lui plaisait, avec son visage effronté, ses réparties de faubourienne, qui a roulé partout, son vice et son existence de bohème, sans feu ni lieu !.
— Non, se dit-il, Nénest et elle sont deux papillons, deux têtes sans cervelle, mais des artistes aux mains ouvertes et aux cœurs d’or. Fabriquer une lettre semblable ?,... Jamais, ils n’en sont capables ni l’un ni l’autre !....
Et avec son incroyable caractère, Grégoire de Mussidan, si jobard avec la Croponette, si roublard avec tous les autres, reprit :
RS reste, je vais le lui demander aujourd'hui mime, eb il faudra bien qu'elle me le dise.