‹ Fleur des neiges [microforme]Chapitre 16 sur 16 · EE SAR LORS LES SE AU ST OR · texte numérisé non relu

EE SAR LORS LES SE AU ST OR

Germaine si et tout ce dienne vigi-

rouvait ex-

onnaire au 8 la soirée, 38868,

st qui, acsa sœur au

ts

régoire, en

elles lui

voir Gré-

nner du

ipper la indre dé

située, cellent, acheté LP fois ce Dr

p. loin,

iavrai-

b. d’an

c'était.

)n des

habi-

Du reste, le confortable, l'arrangement d’une maison, les choses élégantes et raflinées dont uhe femme, et surtout une femme artiste, aime d'ordinaire à s’entourer, lui étaient, indifférentes ou étrangères,

Son désordre, son apathie et sa saleté étaient invraisemblables.

Ce qu'il lui fallait c'était une bonne table; surtout, une bonne cave, des ripailles du matin au soir.

Et puis Ernest se chargeait de lui sortir des doigts l'argent que lui laissaient son incurie et son gaspillage,

Il savait amuser Grégoire, arrivant juste à temps lorsque le comte commençait à s’ennuyer ; disparaissant ainsi qu'un personnage de féerie, quand il génait, avec cette dextérité souple dont il avait pris l'habitude sur les planches. Un jour Alice amena M. de Mussidan lui faire une visite à son théâtre de foire,

—11 faut le tirer de là, n'est-ce pas, gros chéri ? insinus la chanteuse, Tu seras son

bienfaiteur et celui de ces pauvres petits. Des orpheli:; 4° te devront tout c'est, beau ça !.... Veuf, en effet, d'une pauvre petite ouvrière, Ernest avait d'elle trois garçons ui eussent grandi au ruisseau, si la charité publiqu , les crè:h.: les asiles, et surtout les emmes bienfaisantes de son quartier ne l'en eusse: t :|‘hernss Ce que Grégoire vit d'abord ce soir-là ce fut l’ingénuité, Mariette Bache.isr, qu'Ércest présenta pompeuse-

ment comme Mme Oraponne, deuxième du nom, M dv ‘“!ussidan la regarda longtemps en tirant sa moustache, signe des grandes réflexions ; sé comme elle ne baissa pas les yeux devant son regard effronté, charmé, il promit de s'occuper du père, de la seconde mère, des enfants, de tout ce que l’on voulut. Alors, ce furent des parties carrées interminables ; des noces de tous les jours ; des festins et des ripailles qui duraient jusqu'au matin, Ces trois gredins, les femmes pour leurs toilettes ou leur gourmandise, Ernest pour les cartes ou ses autres vices, soutiraient à Grégoire des sommes folles. Alice fermait les yeux sur ces escapades journalières de M. de Müssidan, ne voulant pas le fatiguer par des scènes, et sûre qu'après chact®e de ses frasques, il lui revenait plus soumis, plus disposé à se laisser dévaliser. En effet dans cette maison si sale, si mal tenu de la rue Vital, avec cette femme encore plus sale, vraiement répugnante à présent que la bonne chère la faisait engraisser outre mesure, Grégoire était heureux au delà du possible.

A l'hôtel si pompeusement beau du Ranelagh, où l’art le plus raffiné ne le cédait qu’à l'élégance du moindre détail, au confortable le mieux compris, à l’ordre merveilleux qui était l’œuvre de Germaine, il se déplaisait horriblement, Au fin moka savoureux, que lui servait la comtesse dans des tasses en porcelaine de Saxe, transparentes comme des feuilles de roses, il préférait l’épouvantable breuvage froid, confectionné avec la chicorée ou la poudre achetée au moment même de s’en servir, que la Craponette lui donnait dans les fameuses tasses que l’on sait. Lorsque Germaine apparaissait dans sa loge à l'Opéra, où dans quelque autre grande représentation mondaine, couverte de diamants splendides que lui avait donnés Bargemon, vêtue de toilettes mugnifiquement confectionnées dans les premières maisons de Paris, elle faisait tourner toutes les têtes.

Rien en effet à cette époque n'était beau comme elle. Ses yeux bleus, frangés de noir,

étaient d’une incomparable douceur, ses bras, ses épaules, son profil suave et régulier,

étaient autant de merveilles qui excitaient l'admiration générale. Grégoire s’apercevait

à peine de cela ; dans tous les cas, il y demeurait inflexiblement indifférent, Tandis que-

l'épouvantable carlin, de sa voix de rogomme, avec le vulgaire mouvement d'épaule qui lui était familier disait : ‘“ Ohé !...les clampins ?.. nous allons rire !..” son épiderme

se couvrait de petits frissons, son cœur battait plus vite, tout son être-se dilatait de joie-

et de désirs. Evidemment la fange et la boue lui plaisaient, Tous les goûts existent. Germaine était à mille lieues de soupçonner cette vie en partie double. Bargemon, pas davantage. Ce dernier, du reste, avait donné sa procuration à son gendre en même temps que celle de sa fille ; ses forces ne revenaient pas ; toute affaire lui était interdite. Et comme Germaine ne se plaignait jamais, comme M. de Mussidan les entourait tous les deux de soins et d’attentions, quoique en trouvant le jeune ménage un peu froid, Lucien s’estimait heureux, puisque sa fille était heureuse. Rolland, qui commençait à aller au lycée, et dont les progrès étaient surprenants, continuait à être la grande préoccupation de la comtesse de Villamblard. Abeille, que Marguerite absorbait beaucoup, ne se tourmentait pas plus que Lucien ; (ermaine restait serie et calme, belle À ravir les anges, dans les toilettes magnifiques que voulait lui voir son père ; jamais un mot de plainte ou de regret.ne sortait deises lèvres. ... Qui eût pu ne-pas se contenter de cet

état de choses, et soupçouner que la quiétude en apparence si parfaite de la jeune femme, | cachait la plus horrible des déceptions ?.. Pascal, seul, demandait de temps en témps à la inarquise :

—Ton amie n’est pas malheureuse ?.… ..

— Ah ! Dieu non, il n’y paraît guère !

— Elle ne t'a pas fait de confidence ?....

—Lesquelles donc, Pascal ?.. Grégoire l’adore-

— De loin, et en compagnie.

—Que veux-tu dire ?

—Rien.

—Je t'en supplie, explique-toi. :

—Inutile. Mais dès le premier jour, j'ai eu le pressentiment que ce monsieur était un bien triste sire. Ce pressentiment, je le garde ; voilà tout,

Peine perdue de vouloir en obtenir davantage. Lorsque Pascal de Gesdres ne voulait pas parler, il savait garder ses secrets pour lui. Cependant il ajouta :

—Res‘ons, toi et moi, les amis très dévoués de Germaine ; quelque jour, elle aura besoin de notre amitié. Enfin, les vœux ardents de Bargemon furent exaucés : sa fille allait lui donner un enfant d'elle, cet enfant tant désiré, qu'il considérait comme la récompense de sa vie honnête et droite, pleine de travail et de bonté. Au moment où la chose fût sûre, la froide Germaine, enfin, s’anima, et les bras autour du cou d’Abeille :

—Dieu a donc pitié de moi !.... balbutiat-elle en sanglotant. © mon petit !.... mon amour, comme je vais l'aimer !....

Elle embrassait éperdument, convulsivement son amie, tandis que de grosses larmes roulaient sur ses joues étroites, si divinement pures, au teint plus doux que les pétales des roses blanches sur lesquelles les aubes de mai laissent à peine un peu de vermillon.

—Dieu a pitié de toi, ma Germaine ?.. répéta Abeille saisie, tu es donc malheureuse ?

La comtesse, déjà, rougissait de sa faiblesse.

— Non, non, essaya t-elle de protester.

—Oh ! je t’en conjure, dis-moi ce que tu as. Ne suis-je pas ta meilleure, ta seule amie ?

Ne te préoccupe pas, ce n’est rien, Je suis peut-être un peu exigeante. Et puis, tu sais, je prévoyais si bien ce qui m'est arrivé !....

—Quoi donc ?

—Ln déception trouvée dans le mariage, La vie à deux, comme je l'avais rêvée, ne doit pas être possible. Alors autant vaut eu prendre courageusement son parti, en se contentant des bonheurs ordinaires de l'existence. (C’est ce que je fais.

À mon père, à Rolland que j'adorais déjà, Dieu ajoute cette petite créature bénie, qui aura mon sang et mon cœur !.... Ah! maintenant, je suis heureuse, heureise !..

Abeille connaissait bien Germaine, si tendre, mais si fière !. «..

La plaindre ?.. Oh ! jamais !.. Elle l’admira, et se dit, le cœur douloureusement serré :

— Pascal a donc raison ?.... :

Le jour mêure où cette bienheureuse nouvelle fut certifiée par ie docteur, Lucien, sans en rien dire à personne, sortit en voiture pour faire deux courses. En premier lieu, il so rendit chez son notaire. Là, il fit à l'enfant qui allait naître de Germaine une donation de quatre millions, dont la mère aurait la jouissance, sa vie durant, Puis il alla dans la meilleure maison de la rue de la Paix commander une layette digne d’une reine. Il emporta même avec lui les objets qu’il trouva tout faits, et qu'on lui arrangea dans un délicieux panier en joncs d'argent, ayant la forme d’un petit berceau tout entouré de lilas blancs, de jasmins, de roses et d‘œillets. Lorsque Germaine vit cette merveille, une grande émotion la saisit : Dans quelques mois, ces petits riens, maintenant mous et creux, ces bonnets, ces brassièree, ces robes, seraient animés par un petit être qu'ils vêtiraient.. Sous ces bouffettes de rubans, u.… petit visage rouge se plisserait, et Germaine déjà était sûre qu’elle le trouverait plus beau que les étoiles.. Un petit corps palpiterait dans ces corsages d’étoffe si menue ; des frêle: menottes se crisperaient’ au bout de ces manches, des menottes roses, dont la tiédeur mettait par avance des frissons de joie awx lèvres de la jeune mère, Son :ttendrissement fut même. si grand, sa pâleur si profonde, que Grégoire s'écria :

—O comtesse !.. quelque éhose vous émeut donc au monde i.. C’est une bien agréable nouvelle pour moi !

——Que vous eussiez peut-être pu provoquer pour votre rompte. personnel, si vous l’eussiez voulu, lui répondit-elle assez bas pour queBargemon ne l’entendit pas,

jeune femme, ps en temps à

ieur était un res ne voulait

ur, elle aura cés : sa fille ait comme la noment où la d’Abeille :

petit ! ..:.

zrosses larmes e les pétales > vermllon.

nalheureuse ?

a seule amie ?

Et puis, tu

ais rêvée, ne parti, en se

re bénie, qui 18e !.,

sement serré :

Lucien, sans aier lieu, il se ne donation 1 alla dans la eine, Il emngea dans un t entouré de nerveille, une ant mous et t être qu'ils rait, et Gtertit corps palient au bout s frissons de , Sa pâleur si

ne bien agré-

nnel, si vous

Le - - Cultivateur +

Page 1