‹ Fleur des ondes [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 27 · NET TE TT T TTL INT LORS RÉ RARR RS · texte numérisé non relu

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Pendant cette année de seize cent quatorze, que Champlain avait dû passer loin de sa chère colonie, il s'était cependant activement dévoué à son service. Pensant avec justesse que, pour amener les sauvages à la civiisation, il fallait d'abord élever ieur esprit et leur cœur vers un idéal religieux, il chercha quelques apôtres qui fussent prêts à hazarder pour la seule gloire de Dieu les périls de cette tâche. 11 intéressa des personnes charitables et fortunées, et recueillit la somme de quinze cents livres, destinée à payer les premiers frais d'installation des missionnaires. Sur les indications du Sieur Ouelle, contrôleur des salines de Brouages et secrétaire du Roi, le fondateur de Québec s’adressa au Général des Récollets. Dès le printemps suivant, il eut la consolation de s'embarquer avec les Pères Denys Jamay, Jean d'Olbeau, Joseph Le Caron et le

Frère Pacifique du Plessis.

Le vingt-cinq mai, Champlain et ses aides nouveaux arrivèrent à Tadoussac. Il fit tout de suite appareiller des barques pour se rendre à

Québec, où il s'arrêta seulement le temps de

tés SLR À!

réparer son bateau, et s'empressa d'aller à la rencontre des sauvages qui déjà devaient être rendus au Grand-Sault, pour la traite. L'intrépide découvreur voulait les suivre dans leur pays, afin d'aller à de nouvelles conquêtes.

Dès le premier jour qu'il passa à l’Habitation, Champlain apprit l'histoire de Fleur des Ondes. Il n’en parut pas extrêmement surpris. La jeune fille voulait étaler devant lui les papiers qui établissaient la vérité de sesdires; le capitaine répondit, en lui posant paternellement la main sur la tête : ‘‘ Ces preuves me sont inutiles, Mademoiselle : votre origine est écrite là. ?””

Et la regardant plus attentivement, il poursuivit avec émotion ;

‘ Je reconnais bien les yeux, le front, la bouche de mon noble ami, Samuel de Savigny. Vous avez son regard et son sourire ; puissiez vous avoir aussi son cœur ardent et généreux. ??

Vous avez connu mon père ? dit la jeune fille émue. ”’

‘4 [1 fut mon meilleur ami. Quand j'avais votre Âge et toutes mes illusions, reprit Champlain, que de douces heures nous avons passées eusemble dans les bois de Savigny : il était artiste, j'étais aventureux ; ses conseils ne furent jamais sans profit. Nous nous aimions sincèrement ;: mais le destin avait tracé des carrières différentes. Quelques années plus tard, revenant au pays après une longue absence, je n°y retrou-

A L'HABITATION 149 J'appris le malheur qui

vai plus mon ami !....

d'être

s'était abattu sur lui, lui si bon, si digne

heureux ! 7”...

C'était la première

entendait quelqu'un lui parler

en éprouvait ul bouleversement délicieux ; de . elle con-

douces larmes coulaient sur ses joues ; templait avec vénération cet homme qui avait connu son père, qui avait été son ami.

Le lendemain, Champlain fit ses préparatifs de départ pour le Sault. Philippe était partagé entre le désir de l'accompagner et le regret de toutefois, considérant

fois que Fleur des Ondes de son père ; elle

s'éloigner de sa cousine :

que le devoir était plutôt auprès de son chef, il s'offrit à le suivre.

Celui-ci refusa.

‘‘ Je ne sais quelle sera la fin de cette expé-

dition, car j'entends m’enfoncer très loin dans les

terres inconnues ; et S'il m'arrive malheur, je veux que cette jeune fille ait un protecteur

assuré. Votre place est ici ?”.

Philippe resta donc à Québec où, d’ailleurs, il ne manqua pas d'occupation. L'arrivée des Récollets donnait une vie nouvelle à la colonie : il fallait préparer des logements, bâtir une chapelle, Fleur des Ondes et son cousin trouvèrent l'emploi de leurs divers talents.

intrainé par ses alliés dans une expédition

contre les Iroquois, Champlain fut blessé sérieu-

sement et obligé de passer l'hiver chez les Algonquins.

A Québec, ses amis inquiets de sou sort, passèrent de longs mois d'angoisse. L’Habitation retentit des cris d'allégresse, quand, au printemps on vit poindre la barque qui ramenait le père de la Nouvelle-France.

Les appréhensions de Fleur des Ondes et de Philippe, au sujet de Mme de Savigny, s'étaient réalisées. L'intraitable comtesse avait refusé de voir sa nièce et imposé silence à :on fils dès les premiers mots, lorsqu'il tentait de l'émouvoir en lui racontant la tragique et merveiileuse histoire de sa cousine. Elle avait appelé fable audacieuse le récit de la ieune fille.

Philippe gardait pour lui-même la cruauté de ces paroles, mais Fleur des Ondes attendait en vain, avec une déchirante angoisse, un appel de sa tante.

Le mot qui aurait inondé son âme de joie, ne vint pas. Savigny voyait sa cousine tous les jours mais il évitait de parler de sa mère ; et Fleur des Ondes était trop intelligente et sensiblement délicate pour ne pas comprendre ce que cette abstention avait de redoutable signification. Dans sa fierté, elle souffrait de cet injuste ostracisime, et déjà songeait avec amertune atx grand bois

protecteurs où elle avait été reine et redoutée à l'égal d’un dieu par les sauvages.

Bien déterminée à ne pas prolonger outre

inesure ceiie GOUT

| parler à personne, elle avait décidé de retourner en Canada, au premier voyage de Champlain,

Le seul regret qu'elle emporterait serait l'ineffacahle souvenir de Philippe. Elle connaissait trop son profond attachement pour espérer qu'il l'ou-

blierait, et cette pensée ajoutait une souffrance au martyre qu'elle endurait depuis sou arrivée en France.

Champlain voyait avec indignation l'attitude

de Mrie de Savigny. Comprenant la sanglante

blessure dont souffrait Fleur des Ondes, il s’effor-

çait de la réconforter et de la distraire ; la trai-

taut comme son enfant il lui consacrait tous les

instant qu'ils n’employait pas aux affaires de la colonie.

| Un jour, la jeune fille confia à son protecteur

le projet qu’elle avait conçu de retourner au Ca-

nada. ‘ Soit, dit-il, mais avant de partir, je vous montrerai votre tante. ’?

Fleur des Ondes n’osait s'opposer au désir de son ami, mais le jour où il lui proposa cette visite, ce ne fut pas sans appréhension qu’elle l’ac-

compagna.

Champlain, en fin diplomate, voulut d’abord se | présenter seul chez la comtesse,

+, % Mme de Savigny était assise dans le vaste et

sévère salon de son hôtel, Elle avait À ce maoment sou air le plus revêche.

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r « à RE :

En voyant paraître le capitaine, elle tendit cé-

rémonieusement la main, et dit avec un sourire

| pincé :

; ‘“ Vous êtes d'une exactitude merveilleuse

- s X£ se, Monsieur de Champlain, et je ne puis assez vous

dire comme j'apprécie votre attention ; je sais

quel prix vous attachez au temps, vous dont pres-

que toutes les minutes sont consacrées à votre en-

treprise de ia Nouvelle-Frarice. ?

‘4 Je suis marin, Madame, et la mer n'attend c'est une fameuse école d’exactitude. Je

pas ; vous entretenir sans retard, et votre

désirais aussi appel s’est trouvé à venir au devant de ma requête.

La comtesse reprit :

| | gratitude des soins que vous Avez eus pour mon | fils, durant ce voyage auquel j'ai eu la faiblesse &.

de consentir .... ””

LE

‘ Je voulais vous dire ma Le

‘ Vous en repentez vous donc, Madame la Com-

| | tesse ? Moi je me loue d’avoir trouvé un collabo- » rateur aussi dévoué que votre fils.

« Ah ! Capitaine, si j'avais su ce qui devait arriver. .….Il est toujours de plus en plus épris de z si charitablement

cette sauvagesse quë vous ave importée du Nouveau-Monde. ?’ Champlain fronça le soucil et ne répondit pas. = ‘“ Les Indiens d'Amérique me semblent des = gens fort avisés, si j'en juge par cette fille auda-

cieuse....

EEE de me

bem rt +

‘* Cette jeune personne est très bien, je vous assure, interrompit le capitaine.’

‘“ Eh ! quoi vous la défendez ?....??

—‘{ La défendre ? reprit Champlain avec une dignité cinglante, ‘‘ je sais bien qu'avec une personne pieuse et charitable, il n’est pas besoin de défendre une pauvre enfant à qui on ne peut reprocher que son malheur immerité. ”’

La noble veuve se mordit les lèvres avec dépit, et continua ;

—‘'Cettesauvagesse—elle prononça le mot avec dédain—a raconté à mon fils je ne sais quelle fabie qui lui a tourné la tête ; il ne songe à rien moins que l’épouser. ”?

—‘{ L'épouser ? c’est fort bien.””

—‘ Ah! Monsieur, songe: que Philippe est mon unique enfant, et qu’il a le devoir de conserver sans tache le blason de la famiile. ””

—‘' Oh! Madame ne méjugez pas votre fils ; nul mieux que moi n’a pu apprécier ses nobles qualités, durant ce tragique voyage que nous avons fait ensemble. Le nom de Savigny est bien gardé, Madame la comtesse, soyez sans inquiétude.”?

‘* Alors, vous m'aiderez à empêcher cette mésalliance qu’il rêve ? ?””

—‘" Rassurez-vous ! cette jeune fille ne manque pas de noblesse”?

—‘" Que prétendez-vous ? fit la comtesse en se

On dit de bien étranges chôses de ces sauvages mais aurais-je jamais pensé que M. de Champlain, capitaine en la marine du Roi, rapporterait de ces contrées lointaines des idées si extravagantes””? Et faisant un effort pour se contenir :

‘ Vous êtes gentilhomme, Monsieur de Champlain ; vous ne pouvez me refuser la grâce que j'attends de vous .”

‘ Cette grâce, quelle est-elle, Madame ?”’

‘ Vous ramènerez tout simplement cette sauvagesse à ses forêts où elle sera bien mieux que dans notre pays civilisé, qui n’est pas plus fait pour elle qu’elle n’est faite pour lui ””.

Champlain écoutait, 1mpassible.

‘ Jin reconnaissance de ce bon office, mon notaire vous comptera vingt cinq mille francs que vous appliquerez, à votre gré, aux fins d'évangilisation des sauvages de la Nouvelle-France. Vous acceptez, n'est-ce pas ? Dites moi tout de suite

LA

que vous acceptez.

‘« Madame ! reprit Champlain sévèrement, je ne in’attendais point à ce compromis charitable. C’est heureux que la pauvre Fleur des Ondes ne soit pas ici ; elle voudrait me forcer à accepter.””

«“ J1 n’est pas besoin, je pense, de consulter cette barbare qui n’a pas mêine un nom chrétien.

‘ Pourtant, Madame, reprit le marin avec dignité, puisque vous voulez bien me reconnaître quelque gentilhommerie, avo‘tez qu’il serait fort mal séant de contraindre une jeune femme sans

émet

protection à me suivre dans les dangereuses contrées d’où j'ai eu le borheur de la tirer. ?

—‘" Alors vous refusez ? ..?

—‘* Oui, Madame, ’?

—‘{ Capitaine, vous refusez d'écouter une mère qui défend l’honneur de sa maison. Mon fils, je le sais, me bénira plus tard de l’avoir empêché de commettre cette irréparable folie. Mais je me suis donc trompée en comptant sur votre générosité ?....’?

—‘" Vous vous êtes trompée, en me croyant capable de commettre une infamie ! "”

—“*" La misérable : Malheur à elle, qui vient se placer entre mon fils et moi ! ”?

— ‘* Prenez garde, Madame ! ne vous préparez pas le regret de cruelles paroles.””

—‘" Ah ! je ne regrette qu'une cl 55e : c’est de ne pas avoir empêché Philippe de faire ce néfaste voyage. Il a l’âme aventureuse, cet enfant ; son caractère capricieux l’attache à sa sauvagesse, j'en suis convaincue’?

—"" Le destin a de bien étranges caprices aussi cette histoire que ma protégée a racontée à votre fils, la connaissez-vous, Madame ? ”’

—"‘" Je me suis bien gardée d'entendre ces indignités.

—‘" Hélas ! Madame la Comtesse, j'aurai donc l'honneur de vous la dire moi-même, cette histoire invraisemblable. Mon récit, je le sais, vous paraîtra bien romanesque, mais je puis vous en

garantir la véracite. — Et sans attendre l’autorisation il commença :

__‘‘ À l'époque de votre mariage, vous vous en souvenez sans doute, votre noble époux pleurait encore la disparition de son frère, parti mystérieusement après la mort de sa femme, une ispagnole qu’il adorait.... E

La comtesse était visiblement agacée ; elle répondit :

—‘{ Quel rapport peut-il y avoir entie cette tragique histoire et la fable d’une aventurière ? ”?

Sans répondre à cette apostrophe, le capitaine continua : ‘‘ Mon ami, le comte Samuel de Savigny, ne donna jamais d’autres nouvelles que ce testament qu'il avait laissé sur la table de son f e, et qui établissait celui-ci héritie. de son titre. Ie comte Samuel n’est jamais revenu :

Vous êtes authentiquement comtesse de Savigny.

Nuile autre ne saurait porter plus dignement ce titre, ajouta galemment le marin. Le comte Samuel ne reviendra jamais : il est mort. Mais c'est sa fille que j'ai retrouvée dans les forêts du Nouveau-Monde. ?”

La comtesse eut un geste d'effarement, son visage expr.ma snccessivement V’étonnement et la colère.

Champlain, sans beaucoup faire attention à son émotion, raconta dans tous les détails la rencontre fortuite de Fleur des Ondee et : - Philippe, et la tragique aventure de Samuel. ‘ .rant de son

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pourpoint l’étui qui contenait les papiers de sa pupille il continua : *‘ Voic, Madame la preuve que Fleur des Ondes n’a pas inventé son histoire. Et si tout cela peut vous laisser incrédule, il est une autre preuve, irréfutable ceiie-là : c’est la ressemblance de la jeune fille avec son père. Elle n'a de sa mère indienne que le teint doré qui fait avec ses cheveux chatain clair et ses yeux bleus un si étrange contraste.’

Madame de Savigny était atterrée

‘* Que faire ? mon Dieu, que faire ? murmurait-elle.’?

‘ Le destin vous vient, en aide, et vous repoussez ses conseils. Mariez ces enfants, puisqu'ils s'aiment. Elle a sauvé la vie de votre fils et vous lui refusez le bonheur auquel elle a dioit, Ne soyez pas injuste, puisque vous savez maintenant quel sang coule dans ses veines. L'orgeuil n’a plus le droit d'imposer silence à la gratitude.”’

Champlain se leva pour prendre congé : ‘‘ Que dirai-je à votre nièce, demanda t il en insistant sur le mot. ”?

L'orgeuilleuse femme était vaincue mais non domptée : elle hésitait encore. Champlain, la regardant fixement, dit lentement : L'héritière du comte Samuel de Savigny avait le droit d'attendre

de la veuve de son oncle un accueil plus empres-

sé.”

La comtesse comprit la menace polie de ces paroles: ‘Dites lui qu’elle vienne prononça-t-elle.””

‘ Vous l'aimerez ! j'en suis certain, s'exclama son interlocuteur, qui partit radieux d'avoir gagné le procès de ses jeunes amis.

En sortant, il rencontra Philippe et lui apprit la bonne nouvelle.

Le fils respectueux courut en pleurant de joie embrasser sa mère. Fleur des Ondes apprit son bonheur avec plus d'émotion encore, mais malgré les encouragements de son protecteur elle n'était pas sans inquiétude au sujet de l’entrevue que daignait lui accorder sa redoutable tante.

Le lendemain, Champlain entrant dans le salon de Mine de Savigny avec sa pupille, fut acceuilli aimablement. Fleur de Ondes, habillée à l’européenne, fut admirée pour son élegance et sa beau-

té, mais plus encore pour sa distinction.

La comtesse n'avait voulu d'abord montrer l’in- Ajenne qu'à un très petit nombre d'intimes, mais

parfaitement rassurée par l'éducation de la jeune fille, elle donna, un mois plus tard, une fête somptueuse pour célébrer les fiançailles de son fus avec celle qu’elle ne dédaignait plus de nommer sa nièce.

Quelque temps après, le marriage fut célèbré dans la chapelle du château où la famille s'était retirée.

Le fondateur de Québec accompagna sa protégée jusqu’à l'autel.

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2 à mé LME

Fleur des Ondes, devenue comtesse de Savigny u’oublia jamais ses parents du Canada, Le jour même de son mariage, voulant les associer de loin à la fête de son bonheur, elle remit à Champlain une somme plus considérable que celle qu’il avait si fièrement refusée de la mère de Philippe.

La jeune femme avait ignoré la proposition indigne de sa parente et le désintéressement de son noble ami, mais spontanément son impatiente générosité voulait contribuer tout de suite à l’œuvre si chère au cœur de Champlain.

Elle ne revint pas dans la colonie, et ce fut peut-être le seul nuage à sa félicité.

Elle mourut très vieille, laissant un fils qui continua noblemert les longues traditions d’honneur attachées au nom de Savigny.

Le comte Samuel, en venant cacher sa douleur dans les solitudes d'Amérique, ne savait pas qu’il posait le premier jalon d’un roman d'amour qui devait se terminer à l'honneur desa famille. Une fois de plus,le bonheur était sorti des larmes.

Quand à l’ignoble Jean Duval, ayant voulu fuir au-delà des mers la redoutable vengeance du duc d’Alombres, il trouva à Québec le châtiment de tous ses forfaits.

Le Duc, qui avait promené sous tous les cieux sa tenace rancune, apprit fortuitement à Tadoussac, où il se trouvait sur un vaisseau de traite, l’ignominieux trépas de son ennemi.

Devant ce fait qui mettait un terme absolu à ses longues recherches, il sentit subit-ment fondre en lui son ressentiment. 1e pardon venait enfin, de la pitié. Il se signa et dit avec émotion ‘“ Dieu lui fasse miséricorde.”

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