‹ Fleur du Tyrol vaudeville en un acteChapitre 2 sur 77 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

JEANNETTE, puis ADOLPHINE.

JEANNETTE, entrant par le pan coupé de gauche, avec un plumeau.

C’est bon, madame, c’est bon!... je vas épouss’ter. (a ellemême.) En v’ià une idée baroque ! faire épouss’ter le salon à six heures du soir!... et à la campagne encore ! à Saint-Mandé!... Et v’ii! et v’Ian! Et ayfe doac! On va les dorloter, messieurs, vos meubles! (Elle époussèto & tort et à travers.) Ah! Ciel de Dieu ! je crois que j’ai fêle le verre d’un tableau!... Bah! je dirai que c’est le frotteur ! (Regardant le tableau.) Tiens ! cette gravure !... j’avais pas encore fait attention. . ça me rappelle... Eh! oui!... on dirait...

' ADOLPHINE, * entrant par la gauche. .

JEANNETTE, absorbée par sa contemplation.

Oh ! comme c’est ça! comme c’est ça!

ADOLPHINE

Eh bien ! que fais-tu donc, en contemplation devant ce tableau ?

' JEANNETTE

Ah! mam’zelle... regardez donc!... Est-ce que ça ne vous rappelle pas?...

ADOLPHINE, passant à droite.

Quoi?

* Adol. Jean.

JEANNETTE

Les montagnes du Tyrol.

ADOLPHINE, riant. N '-

Une vue de Gonesse!... Es-tu folle?

J EA N NETTE

Ab! c’était fièrement’ beau, ce pays-là!... Pas vrai, mam’zelle?

ADOLPHINE

Oui! Quel ciel pur! quelle nature grandiose!

JEANNETTE

Des arbres toujours verts... qu’on aurait dit qu’on les épouss’taitla nuit!

- ADOLPHINE, soupirant.

Et penser que je ne les reverrai peut-être jamais!

JEANNETTE

Ça vous fait soupirer, mamzelle!

ADOLPHINE, s’asseyant près du guéridon.

Je l’avoue... je regrette ces belles vallées... Quelle différence avec Saint-Mandé !

* JEANNETTE

C’est comme qui dirait une étoffe pur fil à côté d’une tramée coton... Et les hommes donc!... Ab! dans ce pays-là, ça doit être tout fil !

ADOLPHINE

Comment, tu as remarqué?... t

JEANNETTE

Dame ! j’avais pas laissé mes yeux dans ma malle... Et j’gagerais bien que d’ vot’ côté...

ADOLPHINE

Quelle folie!

Oui, oui, vous avez beau dissimuler, mam’zelle, m’est avis que c’que vous regrettez le plus, c’est pas le paysage.

ADOLPHINE

Moi!... Que veux-tu dire?...

JEANNETTE

Voyons, mam’zelle, soyez franche... Avouez que vous avez rapporté de là-bas un petit souvenir...

ADOLPHINE, sa tarant.

Eh bien, oui... c’est vrai!

JEANNETTE

Pardine! j’en étais sûre... Et de qui s’agit-il, mam’zelle?

* Jean. Adol.

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