NOTRE-DAME DE GRACE
La mer bouiltoone et gronde autour de ta chapelle y
Vierge, dis grâce et de bonté ^ Le marin en^p^i te supplie et t'appelle,
Poor fléchir un ciel irrité.
Ces hommes durs et fiers ^ niAris dans les tempêtes ,
Ces pilotes noirs et velus, Otent le lourd bonnet qui pèse sur leurs tètes
Et viennent t'adorer pieds nus :
Puis 9 quand ta blanche main a touché leur main brune»
Quand ta bouche leur a souri , Ils retournent galment rêver au élair de lune ,
Couchés sous leur mât favori : Sûrs que la voix de Dieu y qui commande aux nuages ,
Se fera Vécho de ta voix.
Et qulls pourront bientôt sur leurs fécondes plages
S'embrasser encore une fois.
Reine des Océans ^ étoile lumineuse y
La prière des matelots Et celle que t'adresse une foule pieusç
Agenouillée àv bord d^Bots, La naïve oraison que le peuple et lafbmme
Dans les lemples disent tout bas..
Moi y qui n'ai d'autre aceent que Taecent de mon âme.
Je ne te les red^râ^pas.
Mais je me suis assis à t'ombre d» calvaire ,
J'ai vu se gonfler l'Océab , * Et le calme divin de la 'sublime mère >
-- 13f7 - M'a pénétré profondément.
Et je t*ai dit alors ^ ô vierge sanglotlanto
Sous larbre humide de la croix , Corament consoles-tu rhumanité souffrante ,
Toi qui fus si triste autrefois?
Toi qui bus jusqu*au bout la coupe des alarmes ^
Comment calmes-tu nos frayeurs?
Toi , dont l'œil fatigué distilla tant de larmes ,
Comment sèches- tu tous nos pleurs?
Et je t'ai dit aussi que les cris d'un naufrage ,
Et les plaintes d'un mutilé , N^accusent point , hélas! dans leur poignant langage^
Left seuls maux d'un monde ébranlé ; Je t'ai dit que les «œurs ont aussi leurs murmures ,
Leurs grondements secrets et sourds^ Leurs épanouissements encombrés de souillures ,
Leur écume et leurs mauvais jours :
Qu'un effrayant essaim de visions maudites
Assiège lenrs moindres plaisirs.
Que l'infini de l'âmea deo^ maux sans limites: Son impuissance et ses désirs.
Et je t'ai demandé; patronedes rivages^ Vierge de toutes les douleurs ^
Si lu pouvais aussi dissiper les orages
Qui grondent dans le fond des cœurs.
Calvaire de Grâce, H Septembre 1857.