A M. DE LAMARTINE
Poète^ ils sont nombreux^ ceux dont la toUl t'accuse : Lo sarcasme en éclats pleut autour de ta muse} Le doute 3*est glissé dans ta religion 5 Bien des adorateurs sortent du sanctuaire En criant au scandale , et plus d'un splitaire Nourri de ta substance > a renié ton nom*
Je sais des êtres purs qui vivaient de ta vie ^ |
Par qui ta moindre trace élaii toujours suivie ^ |
Qui t'apportaient les fleurs dont tu prenais le miel ^ Poule de loin venue à ta douce parole j Lueurs^ dont le faisceau formait ton auréole; j
Pierres du piédestal qui t'élpaît au ciel :
£& ! bien , ces chers enfants^ colombes fugitives , Anges mélodieux y âmes contemplatives, Rayons de ta pensée et flammes de ton cœur^ Éveillés en sursaut par des craintes mortelles, Loin de ta vieille tour volent à grand bruit d'aileffy £t cherchent pour leur nuit un asile meilleur.
leur plainte est sérieuse et j^leinè d'amîertumé : Eux dont rintelligénce à révefr se consume , Dans tes songes passés voudraient te retenir ^ £ux qui jettent au mondé un facile anatbème , Gémissent de te voir , dans ce monde lui-même^ A travers le présent marcher vers l'avenir.
Quand, aux bords de ton lac assis avec irislesse , Tu les accueillais tous de ta main qui caresse^ Chacun d'eux s'attachait aux plis de ton manteau ) Et quand tu tes levé pour prendre une autre plac^^ Leur essaim éperdu, secoué dans Tespace , Est retombé , pleurant, sur ton Ut de roseau.
Va ! laisse les pleurer. Va ! suis ta noble voie : Fais ce que Dieu t'ordonne et cours où Dieu t envoie ; Lutte au milieu du monde en courageux lutteur; Mais qu'au dessus de tout , ton beau front de poète Rayonne, comme un phare éclairant la tempête, Et que ta bouche chante un chant révélateur.
7 Avril is39f