CHANSON A NINI
Mardi, jour de pluie.
Envolez-vous, rêves d'un jour 1
Le spleen sous l'averse vous noie...
Qui nous donnait les nuits de joie?
C'était l'amour.
Quand je t'ai dit adieu, ma brune, Sais-tu, Gitane aux seins cuivrés, Qui nous a tous deux séparés?
C'est la fortune.
J'enroulais mes deux bras autour De ta jeune taille flexible, Et croyais ma force invincible ; C'était l'amour.
CUEILLETTE SUR l'aSPQALTK 67
Il ne m'en reste plus aucune, Sinon de pleurer seul, tout seul, Sur mon bonheur mis au linceul :
C'est la fortune.
Je me rappelle le contour Enfantin et pur de ta joue, Et ta bouche qui fait la moue :
C'était l'amour.
Dans la solitude importune Le vent siffle d'un ton moqueur.
Et j'entends se briser mon cœur :
C'est la fortune.
A l'heure où le plaisir accourt.
Je te sens palpiter et vivre :
Ta vie est le vin qui m'enivre :
C'était l'amour.
Mes larmes tombent une à une :
J'entends comme un glas de befl'roi, Car te voilà morte pour moi :
C'est la fortune.
Un dieu qu'on dit aveugle et sourd M'acheta dans un lot d'esclaves Pour une odalisque aux yeux graves :
C'était l'amour.
Mais, pleine dabjecte rancune, Une déesse aveugle aussi iM'a rendu libre sans merci :
C'est la fortune.