‹ Fleurs du bitumeChapitre 17 sur 45 · CHANSON A NINI · texte numérisé non relu

CHANSON A NINI

Mardi, jour de pluie.

Envolez-vous, rêves d'un jour 1

Le spleen sous l'averse vous noie...

Qui nous donnait les nuits de joie?

C'était l'amour.

Quand je t'ai dit adieu, ma brune, Sais-tu, Gitane aux seins cuivrés, Qui nous a tous deux séparés?

C'est la fortune.

J'enroulais mes deux bras autour De ta jeune taille flexible, Et croyais ma force invincible ; C'était l'amour.

CUEILLETTE SUR l'aSPQALTK 67

Il ne m'en reste plus aucune, Sinon de pleurer seul, tout seul, Sur mon bonheur mis au linceul :

C'est la fortune.

Je me rappelle le contour Enfantin et pur de ta joue, Et ta bouche qui fait la moue :

C'était l'amour.

Dans la solitude importune Le vent siffle d'un ton moqueur.

Et j'entends se briser mon cœur :

C'est la fortune.

A l'heure où le plaisir accourt.

Je te sens palpiter et vivre :

Ta vie est le vin qui m'enivre :

C'était l'amour.

Mes larmes tombent une à une :

J'entends comme un glas de befl'roi, Car te voilà morte pour moi :

C'est la fortune.

Un dieu qu'on dit aveugle et sourd M'acheta dans un lot d'esclaves Pour une odalisque aux yeux graves :

C'était l'amour.

Mais, pleine dabjecte rancune, Une déesse aveugle aussi iM'a rendu libre sans merci :

C'est la fortune.

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