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ÉTANT A PARIS

(chanson)

Quand le marteau du vieux forgeron, le Destin, M'écrase sur l'enclume ainsi qu'un liard de beurre, Et rembarre au néant mon avenir éteint ; Mon âme saigne et pleure ; Mais, étant à Paris, Pays blaguicole.

Du matin au soir, j'en ris, Et rigole, rigole.

Quand cet horrible mal, la misère en habit Jadis noir, en chapeau que l'usure défleure, Me donne un nimbe obscur et froid de discrédit. Mon orgueil saigne et pleure ;

Mais, étant à Paris, Pays blaguicole, Comme Diogéne, j'en ris, Et rigole, rigole.

Quand sur le tapis vert, peuplé de rêves d'or, L'as de trèfle, ce dieu du triomphe, me leurre, Et que la guigne met à néant mon trésor, Ma bourse saigne et pleure; Mais étant à Paris, Pays blaguicole, D'un rire jaune, j'en ris, Et rigole, rigole.

Quand la femme, ce doux synonyme d'ennuis, Cette source de vie où Dieu veut que je meure. Fait nocturnes mes jours, et diurnes mes nuits, Mon amour saigne et pleure; Mais, étant à Paris, Paris blaguicole, Comme Méphisto, j'en ris, Et rigole, rigole.

Quand l'Idéal sur une bulle de savon, M'ayant lancé vers la cité supérieure, Souffle, et que je m'en vais où les bulles s'en vont ,

Mon rêve saigne et pleure;

Mais, étant à Paris,

' Pays blaguicole,

Comme un philistin, j'en ris, Et rigole, rigole.

Je ne suis pas le seul à me rendre pareil Au cabotin qui ment et varie à toute heure ; Drame dans la coulisse, et farce au grand soleil, Jean qui rit, Jean qui pleure; Mais je suis à Paris, Pays blaguicole.

Et quand je pleure, je ris.

Et rigole, rigole.

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