‹ Fleurs du bitumeChapitre 5 sur 45 · EN REGARDANT LES ÉTOILES · texte numérisé non relu

EN REGARDANT LES ÉTOILES

DU BOUT d'un mirliton

Une nuit d'août, à ma ienêtre, Je respirais l'air peu champêtre Que Dieu distribue à Paris, Et je voyais, vives ou lentes, Passer les étoiles filantes Sur les zodiaques surpris.

Sans doute ies houris s'amusent A voir si leurs diamants s'usent A rayer la glace des cieux ; Elles y tracent, ces commères, Les arabesques éphémères De nos amours capricieux.

CUEILLETTE SUR l'aSPIIALTE :29

Sous le ciel de lit immobile,

La passion s'allume et file

Pour disparaître sans retour.

Quand donc, en un ciel moins prolixe,

Trouverai-je une étoile fixe,

Une étoile fixe d'amour ?

CHANT D'AMOLR BRUTAL

Quand le dernier tissu de fine broderie Descend de ton épaule et découvre tes seins, Lorsqu'il tombe à regret de ta hanche nourrie Et s'attarde à voiler la courbe de tes reins, Quand tu laisses jusqu'à tes pieds choir la batiste, Sans faire un mouvement, sans prononcer un mot, On croirait voir surgir quelque rêve d'artiste Du sein pâle et veiné d'un marbre sans défaut.

Le marbre se fait chair, et tu redeviens femme, Et, d'un geste coquet relevant tes cheveux, Tu fais" de ton regard étinceler la flamme, Et tu te jettes toute entre mes bras nerveux. Je te tiens, laisse-moi sur ta gorge et tes lèvres, Par des baisers brûlants et forts comme le vin,

CUEILLETTE SUR l'aSPUALTE 31

Puiser la folle ardeur des amoureuses fièvres; Laisse-moi m'enivrer à ce contact divin.

Ah!... mon cœur bat, ma bouche est aride, altérée; Autour de moi, tout fuit; non, rien n'existe plus Que le rouge qui monte à ta joue empourprée, Et les tressaillements lascifs de tes seins nus! Rien! rien, sinon les mots que ta bouche murmure A l'heure où le plaisir luit en tes yeux mi-clos. Quand je vois ondoyer ta blonde chevelure, Et ton cœur se pâmer en de joyeux sanglots!

Encor! je veux encor te revoir! Que m'importe Mes amis d'autrefois, mes rêves de demain? A peine ai-je fermé derrière moi ta porte, Lorsque j'ai fait cent pas, dix pas sur le chemin, 0 Mia, je voudrais revenir à ta bouche, Puiser ce doux poison d'amour et de plaisir! A ce souvenir seul, loin de toi, sur ma couche, Je me tords dans l'angoisse infâme du désir.

Page 1