‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 10 sur 52 · LES DOUTES DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

LES DOUTES DE L'ESPRIT

N'éclairent pas nos sens bornés ! Et, maudissant ma dépendance, J'osais dire à la Providence :

Héla$ ! pourquoi sommes-nous nés?...

Ainsi, dès son éveil , notre pensée inunense , Ne saurait s'arrêter, où l'inconnu commence ; Elle aspire plus haut , eHe ose tout sonder , D'une ardente lumière , elle veut s'inonder:

Oubliant son néant, elle veut, orgueilleuse , Poursuivre, dans les deux, sa route périlleuse ; Et, quand le Dieu caché résiste à son appel, Sur ses créations promenant le scalpel.

Elle enchaîne son vol à l'aride science, Qui dessèche le cœur, flétrit la conscience;

Elle dissèque, alors, ce qu'elle avait senti ,

L'instinct, qui la guidait, se trouve anéanti; Elle devient bornée, en devenant coupable ; Elle doute de tout ce qui n'est pas palpable ; Fière de son pouvoir, froid, superficiel, Elle explore la terre, analyse le ciel ;

Et, des mondes sans nombre assignant Tharmonie Les rend indépendans de ce Dieu qu'elle nie.

Malheur, dans leur démence, aux mortels assez vains Pour vouloir pénétrer ces mystères divins !

Au^flambeau vacillant, dont Téclat les égare. Ils consument leur ame, et tombent comme Icare î...

Enfant audacieux, moi je voulais, aussi, Révéler à la foule un grand doute éclairci ;

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