‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 31 sur 52 · CHANT DE CONSOLATION · texte numérisé non relu

CHANT DE CONSOLATION

Ah! fuis l'impur contact decescœursfroids et vides; Dis à la foule athée un dédaigneux adieu :

Aujourd'hui, ce n'est plus qu'au fond des Thébaldes, Qu'on retrempe son^ame, et qu'on retrouve Dieu.

Aux bords où tu naquis, sur les rives sauvages Que le vaste Océan embrasse de ses flots, Va chercher un asile, où la voix des orages.

Comme une voix dami, se mêle à tes sanglots.

Là, tu pourras gémir sans que l'on te baffoue,

Sans qu'un root d'ironie, un regard de dédain,

Lorsque des pleurs brûlans jailliront sur ta joue, Comme un souffle glacé les arrêtent soudain.

Qosmd ton ame est en proie à son ardente fièvre, Quand Tafireux caudiemar sur ton sein vient s'asseoir, Et qu'un qpecbre de fœune, en effleurant ta lèvre^

T'arrache, dans la nuit, des cris de dé

Là, tu pourras vouer un culte à la mémoire De cette ombre chérie attadiée à tes pas :

A riiimiortalité Tamour te fera croire :

Tu verras l'espérance au-delà du trépas.

Et tu voudras prier : car , lorsqu'on prie , il sentie , Que ceux qui ne sont plus nous entendent encor : Les êtres qui s'aimaient communiquent ensemble,

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Et vont se réunir par un mystique essor.

CHANT DE CONSOLATION. 20a

La prière, montant à Dieu dont elle émane, Des ombres dici-bas fend les voiles épais; Elle nourrit les corars d'une céleste manne ; Après de longs combats, elle donne la paix.

Le vois-tu ce martyr de la liberté sainte , Qu'une double auréole attend dans l'avenir , Victime résignée, il n'a pas une plainte, Et sa voix dans les fers s'élève pour bénir.

Ah ! c'est qu'il a prié, c'est que son âme ardente De nos rêves d'un jour a compris le néant.

Et que volant au ciel d'une aile indépendante ,. Il a vu l'univers avec un œil géant !•••

Emprunte à Sylvio * ce sublime idiome.

Qui rend au coeur flétri. sa première fraîcheur^ Et sous l'adversité tu renaîtras, jeune homme, Comme l'herbe renaît sous le fer du faucheur.

N'hésite pas, choisis cette dernière voie ; La foi rallumera tes désirs presque éteints : Réalise le vœu que mon ame t'envoie; Je ne te connais pas, et pourtant je te plains.

Car, tes accens d'angoisse, on me les a fait lire; On m'a dit : ce poète a besoin de pitié :

Arrache quelque son sympathique à ta lyre, Tendre comme l'amour, pur comme l'amitié.

* SylTio Pellico.

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