MISERERE MEI
Le monde Tadmirait : elle était jeune et belle, Un avenir brillant g'entr^ouvrait devant elle , La gloire et l'amitié la berçaient toor-à-tour; Une lyre vibrait dans son ame ravie, Elle inspirait Tamour sans qu'il troublât sa vie; Mais hélas! il devait la consumer un jour!
Quand en elle il jeta sa fièvre dévorante, Des biens qui l'entouraient plus rien ne la diarma; La gloire, potir sohcœur, devint indifférente; Elle plaça sa vie en celui qu'elle aima !...
Hélas! il n'avait pas une ame pour son ame; De tout pudique aniouril dédaignait le feu; Le mourant du soleil ne ressent plus la flamme ; L'enfer ne s'émeut pas sous un regard de Dieu... Quand elle eût sans retour épuisé l'espérance, Quand pour elle il devint impassible et railleur, Son cœur, déjà brisé par sa longue souffrance, Fléchit sous le fardeau d'une morne douleur.
A la chute du jour, sur un rodier sauvage, Redisant les sermens qu'il avait oubliés, Elle allait contempler, comme une douce image, Le torrent mugissant qui fuyait à ses pieds...
Un soir, près de Tablme, elle revint encore; Sur les flots scintillans la lune se levait ... Dans les deux s'éteignait un brillant météore; La brise gémissait, et la vierge rêvait...
Elle rêvait aux maux qui^consument la vie, Aux tourmens de Tamour, au calme du tombeau, Et son cœur ressentait une invincible envie De pouvoir de ses jours rejeter le fardeau... Soudain, elle n'eût plus qu'une seule pensée; Son regard se fixa sur les flots agités :
La mort se pr^entait à son ame oppressée, Elle lui dévoilait de tristes voluptés!
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