‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 8 sur 52 · ENTHOUSIASME · texte numérisé non relu

ENTHOUSIASME

Libre par la pensée, esclave dans leurs fera, Que de tourmens celte ame en secrel a soufl^s !

A cet enthousiasme auquel on doit un culte , Ils prodiguaient toujours le dédain et l'insulte ; Et, torturant mon cœur pour le faire plier, A leur destin vulgaire ils voulaient me lier!... Seule, au désert, livrée à ma douleur muette. Oh ! j'aurais succombé !... mais Dieu me fit poète! Alors, comme une coupe épandant sa liqueur, Je versai dans mes chants le trop plein de mon cœur. Alors, flots déchaînés , mes rapides pensées G)ulérent de mon sein en notes cadencées; Chaque objet qui frappait mon cœur et mon regard Passait dans mes tableaux palpitans, mais sans art : Hymnes improvisés, échos d'une ame libre, Où tout ce que je sens se réfléchit et vibre :

32 FLECBS DU MIDI.

Là, sont venus mourir mes rêves les plus diers, Là, j*ai laissé ma vie anpreinte dans mes vers !...

Juin, 1834.

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L'harmoniem démon descend et m'enrlronne.

— AKDRé CH^iriBR.

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Âh! lorsque débordait ainsi la poésie,

Torrent impétueux, brûlante frénésie,

Dans mon ame vibraient d'indicibles accords ; Gomme sous Touragan bat la vague marine,

Sous la muse mon coeur battait dans, ma poitrine, Mais ma lyre jamais n'égalait mes transports ! ...

Par Tinspiration je restais oppressée , Comme la Druidesse au sommet du Dolmen ; J'implorais, pour donner un corps à ma pensée| Ton langage éthéré, musique, écho d'Éden !

Il est des sentimens, mystérieux, intimes, Qu^aucun mot ne peut rendre , et que toi seule exprimes; Ces rêves, incompris du monde où nous passons , Ces extases d'amour, d un cœur qui vient de naître ,

Alors, j'aurais voulu, pour les foire connaître, Moduler sous mes doigts de séraphiques sons !

J'aurais voulu, penchée à la harpe sonore , Répandre autour de moi l'ame quime dévoile,

LINSWRATION. 37

Dans des flots d'harmonie aux anges dérobés ! Oui, j'aurais voulu voir, quand mon ame est émue, Tous les cœurs palpitans, d une foule inconnue, Sous mes accens divins demeurer absorbés !

Vains désirs! jeune aiglon, on a coupé mes ailes , On a ravi mon vol aux sphères éternelles, Pour me faire marcher ici-bas en rampant !

Si la Muse, parfois, vient visiter ma route, Mon chant meurt sans écho, personne ne Téconle ; Et, rhymne inachevée e» larmes se répand !

Aoài lSd3.

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