LES ECOLIERS PUNIS
Un jeudi soir, six écoliers (ce n’étaient pas les meilleurs) jouaient au bas d’un village. La partie achevée, ils se mettent à courir à travers les champs et trouvent une colonie d’abeilles errantes, logées dans le tronc d’un vieux noyer.
Tuer les abeilles, s'emparer du miel fut leur première pensée. Mis, se dirent-ils: “ Comment faire pour éviter l’aiguillon de ces méchantes bêtes.”
‘Une idée! dit l’un, mettons-y le feu ”—Oui, oui mettons-y le feu, reprirent les autres : voilà le vrai moyen de nous emparer du niel sans danger.”
Aussitôt ils vont chercher des herbes sèches, du bois mort, de la paille et amassent le tout au pied de l’arbre.
Les plus grands, déjà fumeurs sans doute, ne manquaient pas d’allumettes : on se hâte d'y mettre le feu. Bientôt une noire fumée s'élève, les flammes pétillent et montent rapidement.
Nos héros, prudemment retirés à l'écart, jouissaient du spectacle et s'applaudissaient de leur œuvre, attendant le moment de saisir sans danger les doux gâteaux. Les abeilles, asphixiées ou brûlées, eurent
bientôt disparu ; mais le feu ne s’éteignit pas si vite: l’intérieur de
l’arbre, sec comme de l’amadou, s’enflamma peu à peu, devint tout en feu, et le feu se communiqua aux branches. Les garnements ne . riaient plus. Pour comble de malheur, auprès du noyer se trouvait une meule de gerbes ; une seule étincelle pouvait l’enflammer. Que faire? N'osant avertir le propriétaire, ils se sauvent! Le propriétaire arrive par hasard en ce moment; il aperçoit le noyer, il accourt. I1 fut obligé de rester là toute la nuit pour préserver la meule de gerbes.
Informations prises, il connut les coupables. Les parents durent payer pour indemniser le propriétaire.
Une mauvaise action a tôt ou tard son châtiment, ne l’oublions pas.
E. KR.