‹ Fleurs enfantines [microforme]Chapitre 8 sur 23 · LE REVE D'UNE PENSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LE REVE D'UNE PENSIONNAIRE

Il faisait bien froid; le vent mugissait à travers les arbres

dépouil'és de la cour.

J'étais dans mon lit bien chaudement pe/o/onnée, et il me souvient que je murmurais une prière en pensant à tant de pauvres petits enfants qui, moins heureux que moi, souffraient et pleuraient à cette

heure.

Et il me sembla que je vis s’avancer un vieillard courbé sous un lourd manteau de neige qui l’envelcppait ; il avait une couronne de glaçons sur la tête, des bagues de givre à chaque doigt et des lèvres bleuies. |

Et à mesure qu’il marchait, de son manteau, de sa longue barbe, de ses mains, la neige tombait à flocons, et autour de ma couchette elle s’'accumulait toute blanche.

— Qui êtes-vous ? criai-je, tremblante de froid et de terreur.

— Ne t’effraye pas, ma petite, répondit lentement le vieillard; je suis l’Æzver, et je viens faire ce soir mon entrée au pensionnat, pour

aller ensuite parcourir les rues et les autres demeures.

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