‹ Fleurs enfantines [microforme]Chapitre 9 sur 23 · F) LH · texte numérisé non relu

F) LH

Tandis qu’il parlait, son souffle glacé arrivait jusqu'à moi et me gelait. Je n’y pris pas garde, et me ressouvenant de la prière que je

faisais - pour les malheureux avant de m'’endormir, je joignis mes

mains grelottantes, et je lui dit:

— Oh! puisque vous voilà, seigneur Æ7ver, laissez-moi vous adresser une prière, elle n’est pas pour nous, qui ne manquons ni de chauds vêtements, ni de feu dans nos classes, mais pour tant d’autres qui manquent de tout. Seigneur Æ/zver, ne soyez pas trop rigoureux.

N'écoutez pas celles qui demandent beaucoup de neige pour étaler leurs belles fourrures.

N'écoutez pas celles qui vous demandent une atmosphère bien piquante pour avoir la vanité de faire de grands feux dans leurs cheminées et de donner de brillantes soirées.

Songez au galetas sans feu où travaille nuit et jour la pauvre

veuve courageuse.

Songez au lit sans drap où grelotte le vieillard infirme.

Songez aux pauvres poitrines qui toussent et auxquelles le froid fait tant de mal.

Épargnez le petit enfant de la rue, qui vient chanter sa chanson. nette en tendant sa main gonflée et rougie par les frimas.

Épargnez aussi les petits oiseaux du bon Dieu que la froidure fait mourir.

Et le vieillard souriant me répondit :

— Hélas! hélas ! enfant, ma route est tracée, et ma mission fixée d'avance ; le grain de blé m’attend pour mûrir sous la terre que je

RARE ONMEDA ANNE nas nt nm an

recouvre de neige; l'arbre à fruit me réclame pour faire périr les insectes qui, au printemps, dévoreraient ses racines ; l'atmosphère elle-même demande que je la purifie des miasmes de l'été.

Et c’est pour réparer le mal involontaire causé par mon passage que je suis venu auprès de toi; tu peux changer en joie les larmes que je fais couler. Regarde.

Et sa main raidie tirant un rideau qui était là devant moi comme pour cacher l'avenir, j'aperçus une profusion de choses brillantes ; livres, jouets, bonbons, au-dessus desquelles je lus ces mots: Ætrennes Dour les pauvres.

Mais la cloche sonna, je m’éveillai en sursaut, et ma première pensée fut celle-ci : “Ouz, our, je partagerat mes étrennes du jour de

l'an avec les pauvres et les malades.

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