‹ Fleurs rouges: poésiesChapitre 15 sur 24 · SUR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

SUR LA MONTAGNE

A la même.

Rappelle-toi ces sotrs oh la nuit automnale

Sur la Montagne chère étalait son manteau ;

V ombre au loin s'allongeait aux flancs du noir coteau :

Sur la Ville tombait comme une paix claustrale.

Comme sous une pédale douce, les bruits De la cité, les cris, les chansons quon module S'éteignaient doucement avec le crépuscule ; La terre s'endormait dans le calme des nuits.

Seul, par/ois, en jetant au ciel sa rauque haleine Un train passait, laissant un sillage de feu. Et dans les soirs sans lune, à peine un trait plus bleu Marquait le Rhône, au loin, an travers de la plaine.

Alors, je m'approchais, me serrant contre toi ; C'était r heure très douce où fait trêve la crainte, Où Dieu faisait de l'ombre une retraite sainte Puisque je ne pouvais hélas î l'offrir mon toit.

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Nous revivions les jours de tendresse première y Le premier rende^ vous et le premier serment , Et les premiers baisers^ les caresses d'amant... Chers souvenirs épars sur la Montagne chère.

Alors bouche sur bouche, enlacé dans tes braSy Toute je te couvrais de caresses troublantes ; Et nul mot ne tombait de nos lèvres brûlantes. Mais Von s'en dit bien plus lorsqu'on ne parle pas.

Et nous restions ainsi jusqu'à ce qtie les cloches

Vinssent nous rappeler Vâpre réalité \

Alors interrompant notre rêve enchanté

Tous deux nous descendions vers les demeures proches»

Rappelle-toi ces soirs, lorsque viendront les jours De séparation et de tristesse amère ; Rappelle-toi ces soirs sur la Montagne Chère Qui vit naître et fleurir nos heureuses amours !

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