POÉSIES
MONTRÉAL Lan Beavomeux Liniréx 79, rue Saint-J cques
55 Ho / FSy
À mes omis.
Mes vers, vous les voulez, à vous donc je les donne Avec mon amitié,
Ft que votze indulgence, amis, me les pardonne S'ils vous font trop pitié.
Faites leur bon accueil, ce sont d'humbles fleurettes A l'obscure valeur,
Ecloses dans ce bois aux intimes cachettes Qui se nomme le our.
Je leur aurais voulu plus de coquetterie Mais, je les vois trembler !
Si vous ne trouvies pas leur grâce assez jolie Pour les en rassurer.
Considéres un peu leur nature sauvage Et leur humilité,
J'ose vous demander bon cœur et bon visage Pour leur timidité.
Et si trop de rosée a couvert leur faiblesse D'un voile de regrets,
Il leur faut bien porter le deuil de ma jeunesse Four les yeux indiscrets.
Elles n’aspirent point à ce succès de gloire Des parfums enivrants,
À vous de découvrir ce qui rend méritoire, La fleur des bois, des champs.
* Mes vers, vous les voulez, à vous donc je les donne Avec mon amitié, Et que votre indulgence, amis, me les pardr- .e S'ils vous font trop pitié.
PPP
Le Réveil (1)
4 Antonio Pelletier.
Mon cœur est un oiseau meurtri Souffrant encor de sa blessure, En l'éveillant, il a gemi
Puis s’est rappelé sa nature.
Ses ailes ont perdu l'essor
Et vers le ciel bleu qui le tente II voudrait s'envoler encor Mais appréhende la descente,
Ses notes n'ont plus cet accent Où vibrait sa vive tendresse, II s'en rend compte et se repent D'avoir autant de hardiesse.
Malgré tout, il voudrait chanter, Et dans l'effort de cette lutte
Il ne parvient qu'à soupirer
Le trouble auquel i] est en butte.
Ma muse ingrate ne veut plus Règler les cordes de ma lyre
Et dans ce déscrdre confus
Je vous fais part de mon martyre.
(1) Cette poésie a été écrite peu de temps après la mort de mon père.
Migration d’Oiseaux
Petits oiseaux, cher peuple heureux, Qui dédaignez le terre-à-terre, Pourquoi vous faut-il d'autres cieux Avec un climat moins sévère ?
Vos gais trémolos sont si doux, Qu'on les croit un besoin pour l'âme ; Si vous ne chantez plus pour nous, Il nous faudra d autre dictame.
Pourquoi partir quand on vous aime ; Nos cœurs voudraient vous retenir ; Pourquoi la nature elle-même
Vous porte-t-elle à vous enfuir ?
Partez, partez, petits oiseaux, Ne retardez plus le voyage ; Le vent a courbé les roseaux, Et l'hiver fera bientôt rage.
Quand vous reviendrez au printemps, Vous aurez d'autres cantilènes, Si vous trouvez des changements Vous adoucirez d'autres peines.