A AA
Et non loin du clocher où sonna son baptème, Noyer tous ses soucis dans le grand lac profond Qui nous sourit, quand même, ayant sa lie au fond; Revivre ses bonheurs dans leurs rayons d’aurore, Loin du souffle méchant qui nous les décolore, Puis s’endormir un jour au doux chant des oiseaux Qui bercent leurs amours à l'ombre des rameaux, À l'heure où le soleil descend dans l'orbe rose Derrière les monts bleus quand s’endort toute chose Sur l’oreiller divin. Moi je trouve idéal
Ce joli coin d’Eden : la Pointe Cavagnal l (Vaudreuil).
uil).
Sur l'Eau
Le blanc bateau voguait sur le fleuve royal, Gracieux comme un cygne,
Sa coque si jolie au mouvement égal Bravait l'onde maligne.
Vers l'horizon lointain, l'astre d'or avait fui, Jetant ses diaprures
Sur les plaines, les monts à l'aspect infini, Dans toutes les ramures.
La pénombre déjà, sur le flot en éveil Répandait son mystère,
La nature semblait préparer son sommeil En disant sa prière.
Dans l’abime entr ouvert, il me semblait entendre
La Sirène du Mal,
Ses appels séduisants, sa voix qui se fait tendre,
Son triomphe final.
mn
so FLEURS SAUVAGES —
Oui, le cœur sans appui roulant dans le noir gouffre Périrait sûrement,
Si Dieu n'était pas là près de l'âme qui souffre
Pour l'aider doucement.
Puis je pensais encore : Et notre volonté, Quelle est donc sa faiblesse ?
Quand il s'agit de l’âme et de l'éternité Plus grande est sa détresse !
O Dieu ! délivrez-nous du péril qui fascine, De ses appâts trompeurs,
Et sauvez du naufrage à votre voix divine
Nos âmes et nos cœurs !
A Deux
A une amie,
à l'occasion de son mariage.
Les vainqueurs de la vie Sont ceux
Qu'un tendre chaïnon lie A deux.
Ils sont par sympathie Heureux,
Leur amour est folie A deux.
Car tout est ambroisie Pour eux,
Leur bonheur s’édifie A deux.
Point de mélancolie Chez eux,
Quand on aime, on oublie A deux.
30 FLEURS SAUVAGzS g
Ils vont bravant l'envie Joyeux,
Le monde, on s'en soucie, A deux.
Un nid — chose chérie Par ceux
Qui partagent la vie
A deux.
Et l'on trouve jolie
Et mieux, La chambrette embellie deux.
Cœur à cœur qui s’allie Tels vœux
Sont une garantie
A deux.
O joie épanouie Aux lieux
Ou l’on Te remercie
A deux.
FLEURS SAUVAGES ss — — — —
Léve ta main bénie
Sur eux, Roi d' Amour, on t'en prie, A deux.
Puis à l'heure infinie —
Des cieux, Tends une main amie js Aux deux! 4:
— SOLS SOS O4 ogog0S | — ——
Les Voix Etranges ” As Dr L. H. Roy, Lowell Maus.
Avant de t'en parler, j'ai voulu tout le lire Ce livre de mystère ou s'épancha ton cœur, Et les touchants accords de ta vibrante lyre M'ont fait rêver de gloire au front de son auteur.
Estu donc un oiseau ? doux frère des mésanges, Vocalisant en l'air des sons mélodieux ?
Ton gosier se fait.il l'écho de “ voix étranges *. Qu'il glane en ton essor léger et gracieux ?
Et ta plume secoue un trésor d'harmonie Puisé dans le ciel bleu, dans l'onde ou le rayon, Aux lèvres de la nuit, de la lune palie,
Quand descend sur les bois le silence profond,
Avec toi, j'ai
monté sur l'aile de la brise, Les étoiles d'argent m' ont doucement souri,
Et je ne voyais plus la triste terre grise,
Tant tu m'entrainais haut, dans ton envol hardi,
bres dans la nuit, Voix de fleurs, voix de nids, voix de la créature,
Voix de l’âme ou s'entend la voix de Dieu, sans bruit.
Veuillez ouir la voix pleine de sympathie Qui vous dit : J'ai goûté. Vive la Poésie !
La Voix des Pins À l'intention de Mesdemoiselles F. et À. Bourbonnijre,
Souvenir d'une villégiature à Dorion.
Les vieux pins de l'ile enchantée Ont fredonné bien des refrains, D'accord avec la gent ailée,
D'accord avec les cœurs humains.
Chantez, chantez, vieux pins !
Notez bien nos tendresses, Aves des mots divins
Chantes nos allégresses.
Les vieux pins de l'ile enchantée Ont répéts les doux propos
Des amoureux sous la feuillée, Les pins sont d'indiserets échos.
Parlez, parlez, vieux pins !
Chantez-nous ce ramage, Pour les plus douces fins Livrez-nous leur langage.
DP
Les vieux pins de l'ile enchantée Ont scupiré bien des regrets, Vibrant la note inconsolée
Ils ont trahi de cher: secrets.
Pleurez, pleurez, vieux pins !
Sympathiques aux grèves, Sanglotez nos chagrins,
Le trépas de nos rêves.
Les vieux pins de l'ile enchantée Ont caressé bien des espoirs, Leur sainte prière embaumée
A eu ranimer les devoirs.
Priez, priez, vieux pins !
Modulez nos croyances, Dieu bénit les destins, Bercez nos espérances |
Le Parfum de Grand Prix
Dédiée à Madeleine de “ La Patrie”.
Dis, Madeleine aimante, est-ce l’acte si doux
De verser sur le Christ de très purs aromates, Qui te valut à toi, pauvre cible à courroux,
Le regard qui ravit tant d’âmes délicates ?
Quand ton vase en albâtre eut vidé sa richesse Sur la tête du Maitre, en causant tant d' moi, Fallaitil encor plus pour gagner sa tendresse ? Etait-il suffisant ce tribut de ta foi ?
Au Rabboni d'amour, il fallait davantage Pour l’indliner vers toi. Pour l’oubli du passé II fallait à Jésus un ravissant hommage, Ton repentir trouva le don d’un cœur brisé.
Des flancs ouverts de l’urne un parfum d'un grand prix Monta comme un encens d'une douceur exquise Ve plus grand des cœurs ! Ton amour fut compris O ‘emme ! et par ces mots ta place fut conquise,
‘* Beaucoup lui sera pardonné
Pace qu’elle a beaucoup aimé ”.
Sonnet
À “quelqu'un ”.
Je ne suis qu'une oiselle J'ai connu les festins Et si je prends ma C'est qu'avec lui, je
à l’envol téméraire, de soleil et de fleurs, Part du zéphir littéraire,
ris du sort, de ses rigueurs.
Vous ne savez donc pas qu'il nous faut satisfaire Cette soif de divin qui dévore nos cœurs, Ce besoin d'idéal, nous ne Pouvons le taire,
Il vibre en notre voix, il éclate en nos pleurs !
De l'aigle,
vous avez l’étonnante envergure, Mais son
œil qui saisit dans sa rapide allure Ce qui rend les oiseaux fiers et forts,
l’avez-vous ?
Ma plume est un duvet, la vôtre est une armure, Si vous comprenez l’art de cette lyre pure Qu'est la Muse des Vers, que n
’êtes-vous. .. Plus [doux ?
A la Reine du Printemps
Tous les parfums de Mai mêlent lk :: odeur brève
Aux effluves du Ciel qui nous font tressaillir, Vers tun trône d’azur notre regard s'élève,
Douce Vierge royale, et te voit nous bénir. g
Laisse monter vers Toi notre mystique rêve, En ces jours de soleil, d’ardeur et de désir, Le renouveau du Cœur, c’est la vernale sève Qui féconde notre âme et la fait refleurir.
Les tempêtes ont fui devant ton bel empire, Ton suave regard et ton divin sourire Ont rejeuni la terre, à Reine du Printemps !
Tourne vers nous tes yeux, doux rayons de l'aurore l Pour vaincre de nos cœurs le froid qui règne encore Mère ! à nous le baiser qui chasse tous les vents !
Madame de Champlain
(Tricentenaire de Québec).
Lorsque ce fier marin d’héroique mémoire, Samuel de Champlain, 3 i
D'une âme Sénéreuse, ardente auxili La France, d'une perle, enrichissait ses dons !
Madame de Champlain, à son vœu fut
fidèle, Et l'enfance sauvage, apprivoisée au b
es, A sa Compagne, offrons la fleur du Souvenir !
nce,
La Tête et le Cœur
Deux puissants souverains, depuis longtemps hostiles, Résolurent un duel, L'émoi fut général,
Car les deux rois rivaux ayant prestige égal, Révaient la palme d'or pour leurs causes subtiles.
Moi, dit la Tête fière, à mon appoint j'aurai Tous les traits lumineux des savants et des Tous les actes d'éclat qui marquèrent les âges D'un sillon glorieux st Par eux, je vaincrai !
Et le Cœur aimant dit : Pour mon support, j'aurai Des mères tout le zèle et les soupirs des vierges, Le sang pur des martyrs ct tombant sous les verges Une Chair adorable et par eux, je vaincrai !
Les monarques luttaient, lorsqu’entre eux deux tomta Une femme éperdue et Poussant dans sa chute
Un long cri douloureux Paralysant la lutte,
Un eri doux et profond... et le Cœur l’emporta.
Envoi
Pour vous, mon noble ami, qui trouvez l'équilibre Si facile à garder de la tête et du coeur,
Sachez que chez la femme, il est à son honneur Le triomphe du Roi qui si puissamment vibre !
La
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La mort du Poète
À la mémoire de Louis Fréchette.
Si les (cœurs qui t’aimaient t'ont fait un lit de roses, Et consolé ton
âme avec leurs dons de foi, Leur tendresse à ta gloire a prodigué ces choses D'espoirs et de regrets, dans un élan d’émoi.
La Nation en deuil voit sur tes lèvres closes Expirer les doux chants de son poëète-roi !
La Nature en amie, avant que tu reposes
Quand tu brisas ton aile, a sangloté sur toi. (1)
Tes accents se sont tus, mais ta sublime lyre Aura son noble écho dans a08 cœurs en délire Aux heures de triomphe, aux jours d'adversité.
Du grand sommeil tu dors! mais ton esprit demeure Bien vivant dans ton œuvre, et ne crains pas qu'il Ton nom brille au solell de l’Immortalité !
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(1) On se rappelle que M. Fréchette a été trouvé sous ung averse, foudroyé par le mal dont il est mort.
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Les Ombres
1er Novembre. Dédiée à ma mère. .
g. Ombres ! que nous voyons errer dans la demeure
Où jadis vous goûtiez le doux bonheur d'aimer, Revenez, revenez, en ces jours où l’on p'eure, „ Ecouter nos propos à l'ombre du foyer.
Ombres ! que nous voyons flotter dans les ténèbres, Les soirs où tout se tait, quand le vent seul gémit, Revenez, revenez, et dans vos chants funèbres, Dites-nous vos secrets, à l'ombre de la nuit. 15
Ombres ! que nous voyons planer sur nos misères, Nos ennuis, nos chagrins, nos regrets, nos douleurs, a Revenez, revenez, nos pleurs sont des prières,
Car l'oubli ne croit point à l'ombre de nos coeurs.
Ombres ! que nous voyons s’agiter et se plaindre A travers les cyprès, je reconnais vos voix l 3 Revenez, revenez, qu' at rie · vous donc à craindre Chers hôtes de la tombe à l'ombre de la Croix ?
Ombres ! que nous aimons, vous revenez sur terre Réclamer de nos cœurs un tribut immortel, Montez, montez, dès lors, vers le Dieu de Lumière Vivre une éternité à l'ombre du beau Ciel /
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Compensation
Lorsque le Créateur, de son geste sublime,
Eût tiré du néant la Nature et son Roi
II dit “ Faisons la Reine et que nul sombre abime Ne les sépare Point ; c'est ma vivante loi.
D'un amour mutuel ; mais I] rendit communes Leurs peines avant tout, les priant de s’aider.
Il façonna les Cœurs, inventa la parole, Sourit à leur penchant Puis voulut Consacrer Leurs meilleurs sentim
et comprit leur amour, Par un double symbole ents, nés dès le Premier jour.
Et pour mieux compenser la Force et la Faiblesse,
Pour se moquer du Diable et de sa lâcheté, Fit aux futurs vain
Aux femmes la Do
eus un don plein de tendresse uceur, aux hommes la Bonté !
On dit si bien qu'on aime, on croit pouvoir l'écrire, Si rame des affaires est vraiment le secret,
Tous les secrets de l’âme, ah ! pourquoi donc les dire ? Mais le cœur est s fou qu'on le voudrait muet.
Le délicieux refrain de la Vieille Romance
Est t sur nos fronts, est écrit dans nos yeux, Son décalque en Principe est de divine essence, Buriné dans nos Cœurs par l' Artiste des Cieux !
Les Ruines
(à Madame Chas W. Duckett)
Souvenir d'une excursion à Rigaud.
Nous longions un chemin, non loin de la montagne, En savourant à deux l'air pur de la campagne, Nous avions cru tout voir du village charmant
Et nous nous en allions, sans regret, en causant ; Nous discutions nos goûts sur nos fleurs favorites,
Et notre intimité faisait Cause commune
De mes soucis Présents, de ta bonne fortune,
Nous devisions aussi sur le grand not . Bonheur ” Qui sert à définir les mystères du cœur.
Nous pressämes le Pas — la chaleur était grande — Des ruines ! m'écriai-je, et nulle autre demande Ne t'allat supplier ; nos goûts s'étaient compris, Nous gravimes la côte, et les agneaux surpris Fuyaient le vert sentier pour bondir dans la plaine, Nous pardonnant ainsi d'envahir leur domaine.
De l'antique château, les vieux murs sont debout, Un air de vétusté se répand sur le tout,
Et l’encens du silence émanant de ces pierres
Se mêle aux bruits confus qui semblent des prières.
FLEURS 54 Cas
En cet end
„ Près de la. murmure doux de la grande nature.
songeur peuple de souvenirs
uré des plus riants plaisirs.
Et notre esprit Ce lieu tout sat
Vous réveillez la mort, âmes douces des choses ! Au soleil de la vie, en des
Les âmes des aïeux viennent se ranimer,
Les cœurs vibrent encor du doux bonheur d'aimer ! Et notre rêve ému, sous l'effet de ces charmes, Sroit voir tous leurs regrets se noyer dans leurs jarmes |
C'était déjà le soir — Nous songeons au départ, Tout le déclin du jour se i
Je offre ce camée où j'ai mis de mon cœur, Ne vas pas t'attrister de sa morne couleur
Car ren relief est fait sur fond de sympathie Et je ne l'ai sculpté qu'à ta demande amie.
nids,
Chante !
21.19 doute en ton âne à jeté son poison, 8˙¹ distille en ton Cœur sa fièvre Consumante, Combats en ton esprit l'étreinte du frisson, FE bols à forte dose un lait d'espoir et chante j
84 le doute en ton âme est devenu volcan,
Si de ton cœur jaillit une lave brûlante, Arrache ton esprit au soufre suffocant,
Ftouffe ton chagrin sous cette cendre et chante |
Si le doute en ton âme est un affreux cancer. Dae Prendre en ton cœur sa racine souffrante, Défends à ton esprit d'éterniser.… l'enfer, Assourdis ta douleur, trompe ton mal, et chante |
Le Prêtre
A mon frère l'abbé H. Valois.
J'ai le profond respect du grand mot Sacerdoce,
Je m'incline à ces mots : “ Le Verbe s'est fait chair , Ils contiennent la paix, la (umière et la force,
Sont le symbole pur d'un Credo ferme et clair,
Le Prêtre ! on le vénère ; en toi je le contemple, Lorsque devenu Christ, tu parais à l’autel,
Mais je prie et j'ai Peur pour le héros du temple, II doit être divin pour nous ouvrir le Ciel.
Que tu sois l'âme ardente au noble sacrifice, Puisque lame d'un prêtre en lui prend sa valeur, C'est être moins indigne en buvant au Calice Et d'un sang généreux, tu rempliras ton cœur.
Que tu sois l'esprit juste, éclairant de sa flamme Les esprits recherchant la route du devoir :
Sois le soldat du Bien i tu sais le prix d'une âme, Fais que ta voix l’arrache au Mal, au Désespoir.
FLEURS SAU VAGES
Que tu sois le Coeur bon qui soulage et console, Que de secrets jetés en ce profond tombeau !
Il est si bon d'entendre une sainte parole
Qui pardonne et relève en un geste si beau !
et qu'elle soit féconde, Moi qui suis la Vérité,” La Voie, aussi Ia Vie, et Nautoniers du Monde, Vous avez la clef d'or de notre Eternité !
Les Midinettes
Midi 1 c’est l'Angelus qui sonne,
Les ubeilles ont sursauté,
Saisissant le temps qu'on leur donne, Un cher moment de liberté 1
Les voyez-vous s'envoler toutes, Le pas agile et gracieux, Enfiler dans les grandes routes, Le nez au vent et l'air joyeux ?
Les midinettes sont gentilles, Le ruche n’est pas sans attrait, Sont de Iaborieuses filles,
Oelles dont je fais le portrait.
Elles ont un joli sourire, La mine douce aux bons passants, Qui d'elles n'oseraient médire
Ni de leurs petits airs vaillante.
Par désagréable aventure,
Si d'aucuns se font trop humains,
A tous ces honnêtes “ trottins. *”
FLEURS SA UVAGES
Petites sœurs, chères abeilles 1 A vous le soleil du Bon Dieu, Qui met sur vos lèvres vermeilles De quoi vous contenter de peu.
Des chansons pleines d'allégresse, Des propos badins et rieurs,
Des rayons pour votre jeunesse, Des amours pour vos tendres cœurs.
Midinettes 1 vives abeilles f Butinez donc ! et sans regret, Donnez le miel de vos corbeilles Sans en attendre le bienfait.
Si la chance vous favorise, Aimez bien ceux qui vous sont bons,
MODO DD DD DD DD O 0e eee
Marguerite
(Page d'album)
A ma petite amie, Marguerite Bélanger.
Fleur de grâce et d’amour, touchante en ton mystère, Petite reine blanche en qui brille un cœur d'or, En ton charme secret repose une prière
Où tous les cœurs ardents vont chercher un trésor.
Le trésor d’un amour qui n’a rien d’éphémère,
Il m'aime, un peu, beaucoup mais je veux plus encor, “ Passionnément ” Non, c'est mieux que l’on espère A la folie” alors, ce n'est pas assez fort.
Au mariage” donc. Soit, mais en la matière, axe II faut, petite amie, être toujours d'accord,
Point du tout ” n'est hélas qu’une réponse amère
II faut la supprimer, l’autre est vraiment le port
Le Trait - d' union cordia]
A mes amis anglais.
Au combat de Québec qui nous prit à la France, Wolfe et Montcalm là, s’admiraient,
Leur sang fut répandu dans la même espérance, Pour même sol, leurs cœurs battaient.
Le vainqueur, le vaincu, eurent même courage Et montrèrent même valeur,
Leur gloire ut la même, et même témoignage Leur découvrit un même cœur !
Les Français, les Anglais, dans même apothéose, Associèrent leurs deux noms,
Firent mêmes honneurs Pour même noble cause, Pour eux confondirent leurs dons.
36 FLEURS SA UVAGES
Il faut bien Convenir qu'une race vaut l'autre Sous le soleil du Canada,
Le sang de notre héros valait celui du vôtre, Un même idéal le versa.
La Coquette
On dit que Madame est coquette, Est-ce donc {à si grand défaut ?
Pas si complexe est ma toilette, Je n'en mets Pas plus qu'il en faut. .
La camériste qui l’habille
Suffit à peine à ses besoins, Elle en suinte ja Pauvre fille Et s’évertue aux petits soins.
“Brigitte, j'en suis À ma robe, Il me faut mon chapeau fleuri, Celui sur lequel se dérobe
Un “ coq que l’on dit si joli!
s8 FLEURS SAUVAGES
Je veux ma plus riche ceinture, Avec mon collet de satin Couvert d'une fine guipure, Vite ! apporte aussi mon écrin.
Choisis ma broche de topaze,
Toutes mes bagues à mes doigts !
1 At fais un joli nœud de gase
Comme tu le fais chaque fois.
Mouille mes cils de liqueur d'ombre, Mets sur ma pea
u du rouge fin, Mon regard en sera plus sombre,
Sur ma lèvre, un peu de carmin.
Tiens mon écharpe de dentelle, Allons ! mon collier de corail,
Je ne trouve Plus mon ombrelle, Qu'astu fait de mon éventail ?
Il me faut aussi ma sacoche, Mets du parfum, le plus discret,
Dans mon mouchoir, là, dans ma poche, Ah! j'oubliais mon bracelet !
Ainsi, suis-je assez élégante ?
Pourtant, j'aimerais mon manchon, Mais, ce serait mode charmante
Le porter en toute saison !
Madame ne tient plus en place, Elle est sûre de son effet,
Jetant un coup d'œil sur la glace, Sourit au fidèle reflet.
C'est une idole en sa chapelle
Et digne de tous les encens
Et pour qu'on la trouve plus belle Elle y consacre tout son temps.
Et c'est ainsi que la coquette Parvient chaque jour tristement A cet âge où l’on se regrette
Et qu'elle atteint en soupirant. (1)
(1) L'auteur demande pardon pour cette boutade, à toutes celles qui 5e reconnattront dans ce portrait.
Caresses
À mes nièces et neveux.
Dans cette œuvre Où j'ai mis le meilleur de moi-même, e ne pas parler de vous, petits que j'aime.
Par tous beux qui jamais n'ont appris à bercer, Chers anges, bruns et blonde, laissez-vous caresser | — à baiser 109 pures livres roues
Oe va s'évanouir la tristesse des chou.
plonger nos yeux, Afin qu'on Y retrouve une trace des cieux.
Riez, chantes, bauten, 6 mes tendres mignons, Tandis que brille encor, la candeur sur vos fronts.
Trop tôt, nous apparait le Jouissez de votre aurore et
Cherie 1 soyez heureux du Si plus tard
Passé de la vie sans qu'on vous l'envie.
bonheur qu’on vous donne, vous n'aviez que celui qui pardonne !
Et quand les jours mauvais Que vos Mamans soient 1à
Vous auront vu pleurer, pour toujours consoler.
Aviation
Impromptu)
Mon Ame, à ton tour, prends tes ailes Et monte au Pays des oiseaux,
Crois aux vérités éternelles,
Tes élans en seront plus beaux.
Que la foi guide ta nacelle,
Crois pouvoir atteindre les cieux, Espère en Dieu, noble Immortelle, Et tu n’en voleras que mieux.
© mon Ame ! aime, ah ! surtout aime | Ce que Dieu fit de grand, de beau, Aime en Lui l’Idéal suprême,
Vole au but ! monte encor plus haut !
. Dr DD DD DD De De ® DeDDr DD De DD DD OO 06. %
Profession de foi
4 Monsieur le Professeur R. du Roure.
Je veux être moi-même, et je suis canadienne ! Je suis fière du sang de l'aieul materndl, Vieux soldat à l'ardeur napoléonienne
Et du nom des Valois, c'est un legs paternel.
Ces choses vous diront mon orgueil de la France
De ses mots rayonnant “ d'azur et de cristal -
Mais au fond de mon cœur, j'aime de préférence Mon pays vert ou blanc, j'y suis née... est-ce un mal ?
Si de Châteaubriand, l'âme sonore et tendre En vous trouve un écho, notre beau Canada Vous saurez l’admirer, mieux encor, le défendre ! Vous comprendrez mon cœur, je me nomme
ATALA un nom purement canadien,