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La déformation x étant, sur une base aussi couïte, nécessairement très faible (1/20 de mm par m et par kg), une grande multiplication est nécessaire pour la rendre observable. Ceci est obtenu par un jeu de leviers et d’engrenagés dont le dernier actionne l’aiguille indicatrice. C’est, en somme, le principe du « comparateur » vrlisé en mécanique de précision.
Le premier appareil de ce genre fut construit, autrefois, par l’Ingénieur en chef Dupuy, du Corps des Ponts et Chaussées. Il fut perfectionné ensuite par MANET puis par l’Inspecteur Général RABUT à qui l’on doit l’appareil actuellement employé dans les essais de ponts.
Le tensomètre Manet-Rabut, dont la figure 20 donne le schéma de principe, se compose d’un système de leviers et d’engrenages mû par un poussoir P attaché en B à la barre dont on veut mesurer la défor- mation. Le corps de l’appareil, dont l’axe de l’aiguille est solidaire, est fixé en A à la même barre. Un ressort rappelle l’équipage quand la déformation cesse. Le déplacement relatif des points À et B, qui constitue cette déformation, est ainsi amplifié et mesuré.
Cet appareil donne de bonnes indications jusqu’à 25 kg/mm”, ce qui dépasse le travail normal des pont et suffit donc pour la pratique. Mais on ne peut l’utiliser sous des passages de trains rapides car, dans les oscillations consécutives, le poussoir projette l’aiguille avec son équipage et fausse ainsi ses indications. Par contre, les tensions. produites sous des passages à vitesse modérée sont convenablement mesurées.
On a évidemment pensé à la mesure par des procédés électriques ou optiques, mais les Administrations ne s'étaient pas, jusqu'ici, orientées vers les mesures de précision dont l’intérêt était discutable devant l’ampleur de la marge de sécurité imposée par les règlements.
La S.N.C.F. vient cependant d’acquérir un dispositif américain consistant en des résistances ohmiques étalonnées que l’on pose sur le point à ausculter de la poutre et qui, reliées à un pont de Wheatstone, accu-
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sent les déformations qu’elles épousent et dont l'effet électrique et amplifié par un poste à lampes électroniques.
Il n’est pas certain, cependant, que ces petites résistances puissent - suivre fidèlement les déformations oscillantes à grande fréquence et nous pensons, à cet égard, que de petits condensateurs à armatures pincées entre deux points très voisins de la poutre donneraient de meilleures indications.
IV,3. Essais.
Nous avons mentionné, au cours des divers paragraphes, les essais auxquels les chemins de fer ont procédé dans les différents pays pour mettre en évidence les effets dynamiques dans les ponts. Nous avons rappelé notamment les essais effectués à Douai en 1930 sous la direction de M. CAMBOURNAC et au cours desquels on a cherché à réaliser les circonstances du problème de STOKES en utilisant un wagon à essieu central de 30 t constituant la charge concentrée mobile envisagée. Ce wagon, lancé sur un pont de 10 m de portée, lui a communiqué des oscillations de grande amplitude dont les enregistrements, pour six vitesses différentes, sont reproduits sur les figures 21 à 26.
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