‹ Flipote; comédie en trois actesChapitre 45 sur 93 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Mais Lydie est une rosse, qui se jetterait à ta tète rien que pour in'eiinuyer... Et loi, tu es faible... comme tous les vrais artistes... Ce n'est pas non plus que je sois jalouse...

LEPLUCHEUX.

Alors?

Mais j'ai ma dignité. Mademoiselle Pastel est mon ennemie : cela seul devrait l'imposer la plus grande réserve dans les rapports avec clic... J'en appelle à ta délicatesse.

LKPHJCni: rx, irès »ec.

C'est bon, je ne lui parlerai plus.

Je ne te demande pas cela... Je te demande seulement de ne pas la chercher, de ne pas lui courir après. Mais j'admets très bien que tu échanges quelques mois avec elle quand tu la rencontres par hasard... Je ne suis pas un enfant.

LEPLUCHEUX, de même.

Non, non, j'uime les situations nettes. Je ne lui parlerai plus... jamais... Je ne peux pas mieux dire.

Tu es fiché ?

LEPLUCHEUX.

Moi? pas du tout. Je le prends comme lu es. L'idée que je peux regarder d autres femmes que toi, les écouter, leur parler, celle idée seule te rend enragée. Ce n'est la faute, n'estce pas? et je n'ai pas le droit de l'en vouloir... C'est donc

entendu, j'éviterai mademoiselle Pastel: je serai inconvenant et grossier s'il le faut...

Mais, encore une fois, ce n'est pas cela que je te demande.

LEPLUCIIEUX.

Si ! c'est cela, sois sincère. Je pourrais te répondre que le danger n'est pourtant pos bien grand; que madcmoisfdle Pastel a vingt ans de plus que toi et que je serais plus bête encore que coupable de me laisser tenter par son maquillage; je pourrais ajouter que, d'ailleurs, mademoiselle Pastel n'est pas si méchante que tu le le figures; que, si elle n'a plus guère de talent ni de jeunesse, —tu vois comme j'en parle ! — elle est du moins assez bonne fille, qu'elle a pour toi beaucoup d'estime, et qu'elle s'est toujours exprimée sur toi dans les meilleurs termes...

C'est bien vrai, ce que tu me dis là?

LEPLUCHEUX.

Pourquoi te le dirais-je?... Et puis qu'est-ce que ça l'ait? Mon parti est bien pris, va. Je ne la verrai plus, je te l'ai promis. Elle n'y comprendra rien; elle sera furieuse; elle cherchera à se venger par tous les moyens, et, comme elle fait ici la pluie et le beau temps, cela pourra nous coûter cher. Mais du moins j'aurai fait ce que tu veux, et j'aurai la paix dans mon ménage.

Tu me trouves insupportablo?

LEPLUCHEUX.

Mais non. Il est tout naturel que, m'ainjant trop, ou

Page 1