ACTE TROISIÈME
Vous me plaisez paiTe que vous êlcs un limide, au fond, et parce que vous ôles d'une génération qui rcspccfait les Icnimes... Vous laites des choses que le bon Dieu ne permet pas, mais vous les fuites en galant homme, en y mettant du sentiment... et des formes. C'est donc avec confiance que je laisse Flipofc entre vos mains. Vous l'aimez beaucoup, et elle le mérite un peu. C'est une enfant qui aurait été très bonne et qui serait très probablement restée sage si elle n'était pas entrée au théâtre. A l'heure qu'il est, il n'y a rien dans son passé, que Leplucheux, Ça, je vous le garantis. Et Loplucheux, c'était son mari, après tout. Veillez bien sur elle. Tâchez qu'elle ne dégringole pas trop...
LE BARON
Que dites-vous, mademoiselle? Flipoto a le cœur trop bien placé...
MADEMOISELLE ANGLOCHÈnE.
Espérons-le. Mais on ne sais jamais avec ces pauvres petites tétes-ln... Soyez patient, soyez indulgent. Quand elle vous trompera...
LE BAnON.
Ah ! ça, mademoiselle...
MADEMOISELLE ANGLOCIlÈRE.
M;iis si, elle vous trompera, c'est clair comme le j'inr. Eli bien, quand cela arrivera, pardonnez-lui.
LE BARON
Mais...
MADEMOISELLE ANGLOCIlÈRE.
Si ! si ! pardonnez-lui. Vous le devez. Sans cela, que deviendrait-elle?... D'ailleurs, elle ne vous trompera peut-être
pas tout de suite. Puis, si elle a des caprices, ça ne sera jamais pour longtemps, allez! Attendez qu'ils soient pas«(''s. El surtout, surtout, ne la quittez pas! ne la quittez jamais, promettez-le-moi 1
LE BARON, essayant de rire.
Je vous le promets, mademoiselle.
MADEMOISELLE ANGLOCHÈRE.
Ne riez pas. Promettez-le sérieusement; j'ai besoin de votre promesse... Même quand vous aurez cessé d'être jeune et que votre affection pour Flipote sera devenue... entièrement désintéressée, même alors, surtout alors, promettez-moi de ne pas l'abandonner.
LE BARON, ému.
Je vous le promets, mademoiselle.
MADEMOISELLE ANGLOCHÈRE.
Merci. Maintenant je m'en irai plus tranquille.
Vous en alU r, mademoiselle ?
MADEMOISELLE ANGLOCHÈRE.
Oui, dans mon pays, où j'ai une petite maison qui m'attend. Je ne pouvais pas aller planter mes choux le lendemain du mariaj^e de ma nièce, car il était évident que ça no durerait pas. Maintenant, je peux. Vous n'avez pas cru, je suppose, que je resterais avec Flipote et vous, à tenir...
Elle fait le geste de tenir une chandelle. LE BARON.
Mon Dieu...