G LE MARI OBLIGEANT
Y rêve, et le discours ne sera pas perdu.
Le soir, revenant au village,
La compagne de Mathurin,
S'écarte un peu de son chemin,
Afin de jouir de l'ombrage,
Et du gazon d'un joli bois.
A peine elle est sous le feuillage,
Qu'elle entend le tendre ramage
De deux amants. Et vite, en tapinois.
Elle avance... elle est femme, et de plus curieuse;
A leur aspect pourtant, la voilà furieuse?...
Elle reconnaît son mari!
Et la femme à Lucas, sur le gazon fleuri.
— Ah traître ! je t'y prends, dit-elle, Tu m'écoutais bien ce matin !
Pour un pareil tendron peux-tu m'être infidèle!
— Laisse-moi donc, dit Mathurin, Je fais une reconnaissance.
Chaque jour ne disais-tu pas:
Pour plaire, où sont donc ses appas ?
Tu pourras en parler avec plus d'assurance,
Je puis te mettre au fait, vois-tu,
C'est pour ça que je suis venu;