‹ Flon, flon, flon, lariradondaineChapitre 89 sur 101 · L'INSTRUMENT A VENT · texte numérisé non relu

L'INSTRUMENT A VENT

[Il faut faire une voix d'enfant quand c'est la petite fille qui parle.)

air : Sans mentir.

Une dame née à Vienne, À sa fille, ayant six ans, Dit : Vous serez musicienne.

De vous instruire il est temps ...

C'est dans un âge très-tendre Qu'on commence, mon enfant, Que désirez-vous apprendre, Choisissez votre instrument?

— Ah ! maman !

Ah ! maman !

C'est un instrument à vent.

236 l'instrument a vent

Que dites-vous là, ma fille, De vous on se moquerait, Par la grâce il faut qu'on brille, Souffler vous enlaidirait ; Ah! vous serez, je l'espère, Une moderne Sapho, Mais chanter ne suffit guère, Vous apprendrez le piano ?

— Non, maman, Non, maman !

Mais un instrument à vent.

Y pensez-vous, ma petite, Aux femmes, ça ne va pas !

Auriez-vous un grand mérite.

De vous on rirait tout bas.

l'instrument a vent 237

Choisissez plutôt la lyre, La harpe ou l'accordéon, Voyons, je n'entends pas rire, Dites,, qu'apprendrez-vous donc?

— Ah ! maman !

Ah î maman !

C'est un instrument à vent.

Est-ce donc la clarinette Ou le cornet à piston Qui vous a tourné la tête Et fait perdre la raison ?

Ce n'est pas le cor de chasse Ni le trombone à coup sûr, Ce serait par trop cocasse Et souffler serait trop dur!

— Non, maman!

Et pourtant, C'est un instrument à vent.

238 l'instrument a vent

Expliquez-vous donc, ma chère, Serait-ce le mirliton?

— Non, maman, la cuisinière, Sans lui ne fait rien de bon.

Il fait bouillir la marmite, Il fait cuire le brochet...

— Son nom, dites donc bien vite,

— Mais, maman, c'est un soufflet.

Je prétends

Très-souvent Jouer de cet instrument, De cet instrument à vent.

air : D'Aristi; e.

Le souvenir est une belle chose, Quand il rappelle un bonheur accompli : Mais dans la vie, où tout n'est pas en rose, Souvent on lui préférerait l'oubli (bis.) Si l'on pesait les plaisirs, la souffrance^ Loin d'être égaux, je veux le parier, Les ennuis feraient pencher la balance... Alors je crois qu'il vaut mieux oublier.

Quel est celui qui durant sa carrière

Ne connut pas les chagrins, les soucis^

Et, s'il pouvait retourner en arrière,

Ne dirait pas: Non, restons où j'en suis bis.

Par l'amitié, l'amour, la jalousie, Que de tourments il fallut essuyer, Pour des ingrats, quand on se sacrifie, Ce souvenir, on voudrait l'oublier.

Avec quel feu, quelle brûlante ivresse N'avons-nous pas d'abord connu l'amour ! On adorait sa première maîtresse, On se croyait payé d'un doux retour.

Mais un beau jour, on apprend que la belle Pour un bijou, des bagues, un collier, Nous a trahi, nous devient infidèle... Ce souvenir il faudrait l'oublier.

En amitié, l'offense est encore pire, Caries désirs, les sens ne parlent pas; A la laideur on peut toujours sourire, Quand, d'un ami, Ton croit presser le bras.

Mais devant vous se dire franc, sincère, Puis nous trahir ou nous calomnier Ce souvenir nous rend la vie amère!

Ah! n'est-ce pas qu'il vaut mieux oublier?

Je sais fort bien que l'on pourra me dire:

Rappelez-vous rien que vos jours heureux;

Pour le passé cela doit vous suffire,.

Puis écartez les souvenirs fâcheux.

Mais comme en nous tout se tient, je dois croire

Le bien, du mal, difficile à trier,

Ne cultivons pas trop notre mémoire,

Décidément, il vaut mieux oublier.

UN DINER CHEZ MA TANTE air : Ça vous casse lag... à 15 pas.

Ah ! quel dîner ! quel superbe repas ! Quelle compagnie enivrante !

Que d'invités, de parents et de plats, C'était pour la fête à ma tante.

Et bien servi ! canard, dindon !

L'ami Fourchu, la cousine Breton, Puis les enfants de tout ce monde-là!... Ah ! dame, on n' s'amus' pas comm' ça !

Nous étions vingt, mon cousin le tanneur. Et sa femme, elle a la jaunisse ; Puis monsieur Roch, c'est un ancien sapeur, Qui fait toujours quelque malice,

Page 1