‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 12 sur 634 · FLEURS FEMELLES. — FLEURS MALES · texte numérisé non relu

FLEURS FEMELLES. — FLEURS MALES

Les paraphyses sont des corps filiformes, délicats, formés de cellules (4-8) posées bout à bout, entremêlés aux archégones dont ils atteignent , dépassent ou n’atteignent pas la longueur ; elles se rencontrent en nombre très variable , selon les espèces , très abondantes (20 à 30), peu nombreuses (5-6) ou même tout à fait nulles. Dans certaines espèces, sur quelques Orthotrichum, en particulier, on rencontre des paraphyses formées de 2-3 séries parallèles de cellules , vertes en partie , tandis que d’habitude elles sont hyalines. Le rôle des paraphyses n’est pas bien connu. M. Schimper, à la suite de Bridel, pense qu'elles sont destinées à maintenir les archégones dans un état constant de fraîcheur ; il ajoute , en faveur de cette opinion , que les espèces des lieux secs en sont rarement dépourvues, tandis que celles des lieux humides en manquent plus souvent. Cependant les espèces de la tribu des Rhacomitriées qui croissent sur des rochers très secs, n’ont que des paraphyses rares et courtes; tandis que ces mêmes organes sont nombreux et bien développés sur beaucoup d’espèces aquatiques telles que Mnium undulatum , Hypnum rusci forme , alopecurum.

Fleurs mâles. Elles offrent une plus grande variété de formes que les fleurs femelles ; elles se ramènent à deux types : les fleurs gemmiformes et les fleurs discoïdes.

Les premières tirent leur nom de leur ressemblance avec de petits bourgeons (gemmæ) ovales, subaigus ou obtus. Les fleurs de ce genre sont de beaucoup les plus nombreuses ; elles sont terminales ou axillaires; même dans le cas de fleurs femelles acrocarpes , les fleurs mâles peuvent être latérales , comme on le voit dans le genre Orthotrichum. Dans les mousses acrocarpes et monoïques, les fleurs mâles apparaissent toujours avant les fleurs femelles ; dans les pleurocarpes , particulièrement dans le genre Hypnum , elles se montrent avant ou après, souvent très rapprochées de ces fleurs.

M. Schimper appelle feuilles périgoniales , les folioles de l’involucre des fleurs mâles , et périgone leur ensemble ; on peut conserver ces expressions , bien qu’elles ne soient pas nécessai-

MOUSSES. — ANATOMIE

res, puisque les folioles qui entourent les organes mâles répondent exactement à celles qui protègent les archégones; d'ailleurs, dans l’étude des phanérogames , on ne donne pas un nom spécial aux enveloppes des fleurs mâles , dans le cas de plantes dioïques.

Quoi qu’il en soit, ces folioles sont d’ordinaire peu nombreuses, 3-15, rarement plus; elles sont petites, presque toujours exactement imbriquées ,- très concaves , à bords droits , largement ovales ou suborbiculaires , obtuses arrondies , aiguës ou brièvement acuminées, énerves ou munies d’une nervure, en général , mince et courte , toujours moins développée que sur les feuilles caulinaires ; parfois les folioles externes présentent encore des traces d'une nervure , tandis que les intimes en sont dépourvues. Leur tissu est délicat, plus lâche; elles prennent souvent, avec le temps, une teinte rousse ou brune.

Les fleurs discoïdes sont caractérisées par des folioles plus grandes, sinon plus longues, du moins beaucoup plus larges que les feuilles caulinaires ; ces folioles dressées imbriquées dès leur base qui est concave, s’étalent ensuite fortement et se disposent plus ou moins dans un plan horizontal ; leur forme , leur coloration , les séparent souvent d’une manière très nette des feuilles caulinaires. Ainsi dans le genre Polytrichum, elles sont colorées en rouge brun assez vif, garnies de lamelles très réduites; dans ce même genre et, en général, dans la tribu des Poly trichées y les folioles externes sont les plus grandes; à mesure qu'on se rapproche du centre de la fleur, on rencontre d’autres folioles successivement plus petites, de manière à prendre la forme d’écailles interposées aux anthéridies. Les fleurs discoïdes- représentées dans les tribus des Poly trichées y des Mniées et des Bartramiées sont reliées aux fleurs gemmiformes par d’autres à formes incertaines, comme celles des Bryum roseum , turbinalum, pseudolriquelrum, de plusieurs Splachnum; ces fleurs plus grandes que la plupart des fleurs gemmiformes sont épaissies subglobuleuses, les folioles de l’involucre sont plus ou moins étalées , et d’autres caractères encore leur donnent une position intermédiaire entre les deux types principaux dont il vient d’être question.

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