‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 13 sur 634 · FLEURS MALES · texte numérisé non relu

FLEURS MALES

Les organes mâles essentiels qui, dans les mousses , rappellent les anthères, sont les anthéridies : le nom indique l’analogie. Ce sont des corps ovales-oblongs ou subcylindriques , obtus, portés sur un pédicule parfois presque aussi long, ou ailleurs très court; avant l’émission de leur contenu, les anthéridies sont ordinairement d’un vert jaunâtre ; après elles blanchissent ou passent à un rouge plus ou moins vif, leur tissu se compose de grandes cellules tabulaires, rectangulaires ou hexagones tronquées. Leur nombre, dans les fleurs gemmiformes, s’élève de 2-3 jusqu’à 30-40; dans la plupart des espèces, il varie de 5 à 15; sans être plus constant, dans une même espèce, que le nombre des archégones. Dans les fleurs discoïdes, il devient très élevé, de 70 à 150 et même 200 ; par exemple , dans les fleurs des Mnium undulatum et punctatum , dans le genre Polytrichum ; dans ces mêmes fleurs, les anthéridies atteignent aussi leurs plus fortes dimensions.

Dans les fleurs que nous avons indiquées comme intermédiaires , par leur forme , aux fleurs gemmiformes et aux fleurs discoïdes, le nombre des anthéridies varie de 30 à 60; dans le Bryurn roseum , il s’élève même à 80 et au-delà; dans les Bryum Duvalii , pallens , etc., il dépasse facilement 30.

Les paraphyses, dans les fleurs mâles, sont également plus variées que les mêmes organes , dans les fleurs femelles.

Dans la plupart des fleurs discoïdes ou subdiscoïdes , les articles supérieurs dont elles se composent , sont de plus en plus renflés , et les derniers deviennent globuleux relativement très gros , de manière à donner à la paraphyse toute entière un aspect claviforme (en forme de massue) très élégant. Dans les Poly trichées, les paraphyses sont aussi renflées; mais leur portion dilatée se compose de plusieurs séries parallèles de cellules vertes à section carrée. Ces derniers caractères tirés de la forme et du nombre des anthéridies et des paraphyses complètent la distinction déjà établie entre les fleurs gemmiformes et les fleurs discoïdes ; il nous suffira d’ajouter que les fleurs discoïdes ne se rencontrent que dans des espèces dioïques.

En général , dans les mousses de cette dernière catégorie , la

MOUSSES. — ANATOMIE

plante mâle est presque toujours plus grêle , moins divisée que la plante femelle ; parfois d’autres caractères encore , tels que ceux tirés des feuilles sont assez modifiés, pour qu’on soit tenté, au premier abord, de les séparer spécifîqueraentr. On peut citer, comme exemple , la plainte mâle du Leskea sericea. Ces plantes mâles forment des touffes spéciales, ou croissent par brins mélangés aux individus femelles de la même espèce. Dans le Dicranum scoparüim la plante mâle se réduit presque à des bourgeons florifères fixés dans le feutre radiculaire de la plante femelle.

Nous n’avons rien à dire de particulier^ sujet des fleurs synoïques ; leur aspect est gemmiforme ; elles renferment à la fois des anthéridies et des archégones, avec ou sans paraphyses. Mais ce qui mérite d’être signalé, ce sont des formes de transition entre les fleurs synoïques et les fleurs monoïques. Dans les Bryum cucullatum , nutans , elongatum , et d’autres espèces voisines, les archégones terminant l’axe, on rencontre des anthéridies groupées deux à deux et disposées à l’aisselle des feuilles supérieures. Dans le Bryum crudum , les fleurs peuvent être synoïqnes et dioïques ; le Phascum curvicollum offre des fleurs nettement synoïques , et d’autres dont les sexes sont séparés par des folioles florales distinctes.

2° Du phénomène de la fécondation.

L’archégone, arrivé à sa maturité, s’ouvre au sommet par la disjonction de quelques cellules, les bords de l’orifice s’évasent, et cette ouverture communique par un canal étroit avec la cavité inférieure. Celle-ci est d’abord occupée par une sorte de mucus presque incolore, au sein duquel apparaît de bonne heure un nucléole légèrement jaunâtre, de forme globuleuse qui finit par occuper toute la cavité de l’archégone.

D’après M. Roze, dont nous résumons ici les savantes recherches , l’archégone , avant sa fécondation , ne contiendrait ni cellule centrale , ni vésicule embryonnaire , contrairement à

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