GERMINATION DES SPORES
que des pédicelles découronnés; les capsules ont péri, tuées par les gelées d’hiver. Nous avons constaté ce fait, à diverses reprises, sur les Hypnum stellatum, tamariscinnm, loreum ; il se produit surtout dans la région des collines , car sur les hautes montagnes, la neige tombant de bonne heure et en grande quantité, protège les jeunes capsules de mousses jusqu’à la cessation du froid.
Les grandes chaleurs de l’été ne sont pas moins nuisibles à d’autres espèces qui aiment l’ombre et la fraîcheur, lorsque ces conditions viennent à leur manquer accidentellement, par exemple à la suite de coupes dans les forêts.
Nous avons remarqué, dans les Vosges, qu’à la suite des années sèches 1868 et 1870, plusieurs espèces sont devenues rares ou ne fructifiant presque plus dans des localités où elles étaient abondantes auparavant et très bien fructifiées. Nous citerons , en particulier, les Buxbaumia indusiata, et aphylla qui ont disparu de plusieurs localités où elles étaient répandues en 1867 et durant les années précédentes. Il existe cependant des mousses, et en grand nombre, qui ne paraissent pas souffrir des variations atmosphériques même les plus étendues. Les Grimmia, les Rhacomitrium, les Andreœa qui croissent sur des rochers élevés et constamment découverts, sont dans ce cas; leurs capsules délicates et gorgées de sucs pendant l’hiver ne paraissent nullement incommodées des froids les plus rigoureux.
4° De la germination des spores.
« Les sporules parfaitement mûres de la plupart des mousses, dit M. Schimper, germent facilement, soit dans l’eau, soit sur la terre et les pierres humides; les expériences de germination n’offrent donc aucune difficulté, et on peut les entreprendre en toute saison de l’année. Les espèces cependant qui se prêtent plus particulièrement à cette sorte d’essais sont les Phascacées,
MOUSSES. — ANATOMIE
les Funariacées, les Pottiacées, et parmi les Pleurocarpes Y Amblyst. serpens, le Leskea polycarpa, e. a... (i). »
Au contact de l’humidité, la spore se gonfle, bientôt la membrane externe se rompt pour livrer passage à la membrane interne qui s’allonge en forme de boyau. Cette cellule allongée, point de départ de la végétation future, se segmente par un cloisonnement transversal perpendiculaire ; puis la seconde cellule, ou la dernière produite, se cloisonne à son tour; pendant que ce phénomène continue à se produire, d’autres cellules naissent latéralement aux articulations du filament primaire, et constituent des rameaux qui se subdivisent de la même manière. Toutes ces cellules renferment, en général, de nombreux grains de chlorophylle.
L’ensemble de cette première végétation porte le nom de Prothallium ou simplement de Prothalle , Il se compose donc de filaments celluleux ramifiés, entrecroisés, verts, qui, par leur réunion , forment un feutre souvent très dense ordinairement appliqué sur le support et couvrant parfois des espaces considérables.
C’est du milieu de ces filaments et des points où ils ont acquis le plus de vigueur, que, à un certain moment, on voit apparaître des bourgeons qui, par leur développement, reproduisent la plante définitive.