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ÉPOQUES DE FLORAISON

l’intérieur sont complètement formées. L’époque de maturation des mousses varie d’une espèce à l’autre et ces différences constituent de bons caractères spécifiques, pourvu qu’on e.i fasse un usage discret, car cette époque est avancée ou retardée d’une année à l’autre, par les variations qui se produisent dans les conditions météorologiques. Ceci se vérifie surtout dans les hautes montagnes où les neiges fondent à des époques souvent très diverses. La raison d’altitude entraîne encore des différences très sensibles dans l’époque de maturité d’une espèce; par exemple, le Bartramia foniana, qui, dans la plaine ou les montagnes inférieures, est en pleine maturité dan-^ le courant de mai, ne mûrit, au Hohneck, qu’en juillet ou même en août, dans certaines expositions. Ces perturbations dues, soit à l’attitude, soit aux conditions physiques ou météorologiques, nuisent beaucoup à l'expression nette d’un caractère d’ailleurs très sûr; car chaque année, on voit dans une même localité les diverses espèces de mousses parvenir successivement à maturité, selon des rapports très constants. Cette considération est très utile pour distinguer des espèces voisines , par exemple du genre Orlhotrichum, lorsque ces espèces croissent dans des conditions semblables.

Dans la plaine et les montagnes inférieures, c’est depuis le premier printemps jusqu’au milieu de l’été, depuis le commencement de mars jusqu’à la fin de juin, que le plus grand nombre des mousses achèvent de mûrir ; un certain nombre pourtant se réservent pour l’automne ; nous citerons surtout de nombreuses espèces du genre Dicranum, Brachyodus trichodes, Campylostelium saxicola , Ortholrichum Bruchii, Bryum elongatum, Hypnum rusciforme, etc. Un beaucoup plus petit nombre terminent leur maturation pendant l’hiver, citons :

Dicranum varium, Ephemcrum serratum, Ortholrichum Ludwigii , Mnium punctatum , Climacium dendroides , Hypnum Crisla-castrensis, umbralum , plumosum. Pendant l’hiver, dans nos régions froides , la végétation bryologique, interrompue par la gelée, se continue, quoique très lentement, pour peu que la température s’élève au-dessus de 0°. 11 en

MOUSSES. — ANATOMIE

résulte que cette saison ingrate, pour le botaniste qui s’occupe de phanérogames, permet au bryologue de faire de belles et nombreuses récoltes ; outre les espèces propres à ces mois d’hiver, il peut recueillir, en bon état, celles qui ont eu leur époque de maturité à la fin de l’automne, et celles qui doivent l’avoir au premier printemps et dont le développement est presque achevé. Cependant il reste vrai de dire qu’il y a peu de mousses dont l’époque de pleine maturité soit Thiver proprement dit, au moins dans les régions moyennes de notre domaine floral. L’époque de la floraison suit de très près celle de la maturité des capsules dans le très grand nombre des mousses; elle semble même précéder cette derniere dans certaines espèces, telles que Polytrichum juniperinum, Pogonatum ndnum, etc. Toutefois, il en est autrement pour les mousses annuelles, telles que la plupart des espèces des genres Ephemerum, Phascum, Physcomitrium, Funaria, qui semblent disparaître pendant les grandes chaleurs de l’été. Ainsi nous avons constaté, pour le Physcomitrium, fasciculare, que la floraison a lieu, à Saint- Dié, pendant les mois de janvier ou de février, et déjà les capsules sont mûres dès la fin d’avril ou au commencement de mai.

Dans certaines espèces, particulièrement du genre Bryum, les archégones restent longtemps stationnaires après leur fécondation, et ce n’est que dans les derniers mois que le pédicelle et la capsule se développent, tandis que dans d’autres espèces, par exemple dans les Rhacomitrium, les pédicelles prennent de très bonne heure leur longueur normale., et c’est la capsule seule qui met de longs mois à se développer complètement. Ajoutons ici comme appendice une observation qui se rattache au moins indirectement à ce qui précède : nous voulons parler de l’influence funeste des températures excessives sur le développement des jeunes capsules de plusieurs mousses. Pendant l’automne, le botaniste collecteur se réjouit souvent en présence de nombreuses capsules préparées sur des espèces qui fructifient rarement ; mais quel n’est pas son désappointement lorsque, revenant sur les mêmes lieux au printemps, il ne retrouve plus

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