‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 20 sur 634 · Chapitre I. — Objet de la Géographie botanique · texte numérisé non relu

Chapitre I. — Objet de la Géographie botanique

La Géographie botanique constate le fait de la dispersion des espèces végétales et en recherche les causes.

Cette partie de la science est très intéressante , malgré les obstacles qui l’empêchent d’atteindre son entier développement.

Tant qu’elle se borne à énumérer les espèces végétales, avec l’indication précise du milieu où elles se trouvent de nos jours, on conçoit la possibilité de lui donner toute la perfection désirable. Mais il n’en est plus de même , quand il s’agit d’apprécier rigoureusement les causes qui ont présidé et président encore à la distribution des végétaux, à la surface du globe.

L’apparition des premiers individus de chaque espèce est un fait qui n’a pas eu de botanistes pour témoins; il s’est d’ailleurs accompli sans laisser de traces qui permettent d’en reconstruire l’histoire a posteriori. Les méthodes directes, l’observa'ion et l’expérience , ne trouvent donc pas ici d’objet sur lequel elles puissent s’exercer. La question est insoluble à ce point de vue.

La Révélation qui pourrait nous renseigner d’une manière authentique, par voie d’autorité, ne nous affirme que deux faits, 1’éduction du néant , pour le monde inorganique, et l’apparition des espèces végétales capables de se reproduire ensuite de graines, comme deux actes successifs de la toute-puissance de Dieu.

Deux conséquences résultent de là : 1° Le monde n’est pas éternel , comme l’enseignent , du reste sans preuve , les philosophes de l’antiquité et quelques naturalistes modernes, du moins en termes couverts; 2° les êtres vivants, végétaux et animaux, n’ont pu sortir du monde inorganique antérieur par un développement naturel et spontané. Il a fallu, pour produire

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

cet effet, un acte spécial de la puissance divine. La création de l’homme en particulier constitue une phase distincte. L’homme a été formé immédiatement par Dieu et à l’état adulte. L’homme n’est, pas un singe perfectionné.

La lumière que le récit génésiaque projette sur ces questions d’origine, découvre, sans doute, à l’humanité, ce qu’il lui importe de connaître, à cet égard, pour atteindre sa fin dernière. Cependant, au point de vue de la curiosité scientifique, légitime d’ailleurs , il nous est permis de regretter le laconisme de ce récit;

La Bible, en effet, ne nous dit pas si les végétaux ont apparu tous à la fois ou successivement , ni dans quel espace de temps, la durée des six premiers jours étant controversable. Elle ne nous apprend pas davantage si chaque espèce s’est montrée d’abord sur un point unique ou dans plusieurs localités simultanément ; si chaque espèce fut d’abord représentée par un seul individu (ou par deux, dans le cas de dioüité) ou par un grand nombre à la fois; si nos végétaux actuels sont les descendants directs de ces premiers parents du règne végétal. Il faudrait savoir aussi dans quelle mesure les plantes , à travers le cours des âges, ont pu se modifier dans leurs formes extérieures.

Les efforts tentés récemment par Darwin et ses disciples, pour aider à la solution de ces problèmes ardus , n’ont pas été heureux. Nous ne voyons dans ces théories transformistes qu’un échafaudage d’hypothèses appuyées sur d’autres hypothèses, mais complètement dénuées de preuves.

Les questions d’origine devant donc être éliminées comme insolubles , essayons de préciser le champ d’étude livré, de fait, à la Géographie botanique.

Il serait très intéressant de déterminer la cause des harmonies qui existent entre la constitution intime des végétaux et. les conditions extérieures de leur existence. Malheureusement la science doit avouer ici encore l’impossibilité, où elle se trouve, de saisir directement , par des études organographiques et anatomiques , la raison de ces préférences que les espèces végétales

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