‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 204 sur 634 · F0NTINAL1S ANTIPYRETICA · texte numérisé non relu

F0NTINAL1S ANTIPYRETICA

14e Genre : Fontinalis Linn.

Capsule subsessile, immergée dans l’involucre, régulière, lisse. Pas d'anneau. Dents du péristome pourpres, entières ou percées d’ouvertures le long de la ligne dorsale ; cils formant un cône élégamment treillissé. Feuilles concaves ou carénées. Fleurs dioïques.

146. Fontinalis antipyretica Linn. Spec. pl.; Brijol. eur. t. 429; Stirp. n° 238.

Tige très allongée (10 — 15 centim.), ordinairement dénudée, noire à la base, divisée un grand nombre de fois en branches, à leur tour, plus ou moins régulièrement pennées ; touffes flottantes, étendues, d’un vert foncé ou noirâtre, lorsqu’elles sont inondées, brunissant lorsqu’elles sont émergées. Feuilles tristi— ques, espacées ou imbriquées, donnant, dans ce dernier cas, aux tiges, un aspect triquètre caractéristique, pliées en deux, fortement carénées , énerves, largement onates-oblongues, courbées en cuiller au sommet, aiguës ou apiculées, entières et planes aux bords; long. 4 — 4 '1/2 millim., larg. 1 3/4 — 3 l/2millim.; quelques cellules rectangulaires à la base ; les autres hexagonesaiguës, allongées, grandes, remplies de chlorophylle, à parois minces , 10 — 15 fois aussi 1. q. 1. Rameau fertile allongé; 8-— 10 fol. ; les supérieures grandes, larges, imbriquées, enroulées, tronquées au sommet, énerves , entières , souvent corrodées, laciniées accidentellement. Vaginule extrêmement courte, garnie de quelques archégones ; paraphyses nulles. Pédicelle presque nul. Capsule immergée dans l’involucre, grande, ovale et ovaleoblongue, arrondie à la base, à la fin dilatée à l’orifice, en forme d’urne; long. 3 millim., diam. 1 1/2 millim. Opercule convexeconique, jaunâtre, assez petit. Péristome pourpre; dents dressées-étalées à l’état humide, incurvées, contournées par la sécheresse, tout à fait libres à la base, linéaires-acuminées, allongées, plus ou moins cohérentes deux à deux au sommet, percées, sur la ligne dorsale, d’un assez grand nombre d’ouvertures étroites ; lamelles de leur face interne obtuses, nombreuses ; treillis du péristome interne, à traverses muriquées, spinuleuses, appendiculées. Columelle épaisse. Spores vertes muriquées, grandes.

Observations. Parfois, dans les circonstances convenables, les rameaux s’enracinent par l’extrémité, dès lors il naît de ce point des branches nombreuses, fasciculées , qui sont l’origine d’une nouvelle touffe. Les jeunes rameaux présentent dans cer-

14e GENRE : FONTINALIS.

tains cas une feuillaison très développée ; les feuilles très grandes (long. 4 1/2 millim., larg. 3 1/2 millim.) ont la carène très émoussée, obtuse ; elles sont rapprochées, plus exactement imbriquées, concaves, fortement courbées en puiller au sommet. Cette espèce fructifie rarement; mais quand elle se trouve fertile, les capsules abondent. — Eté et automne.

CC. sur les pierres et les bois dans toutes les eaux courantes , sur tous les terrains et à toutes les altitudes.

147. Fontinalis squamosa Linn. Spec. pl .; Bryol. eur. t. 430; Stirp. n° 430.

Tige parfois très allongée (10 — 35 centim.) , longuement dénudée, raide, noire à la base, divisée en plusieurs branches , garnies de rameaux peu nombreux, espacés, grêles , atténués ; touffes d'un vert olivâtre ou noirâtre, plus raides que celles de l’espèce précédente. Feuilles lâchement imbriquées, tristiques (angles très obtus, arrondis), rapprochées, oblongues-lancèolées, allongées, brièvement décurrentes, obtusément acuminées, énerves, concaves, eanaliculées, légèrement incurvées et entières aux bords, arrondies sur le dos (non carénées) ; long. 2 1/2 — 3 mill., larg. 3/4 m.; quelques cellules courtes, subhexagones, brunes aux angles ; les autres linéaires-flexueuses, un peu atténuées, obtuses, opaques, à parois fermes, épaisses, 15 — 20 fois aussi 1. q. 1. Fol. de l’involucre, 6 — 8; les supérieures tronquées, engainantes, entières, laciniées, corrodées accidentellement; 5 — 6 archégones courts ; pas de paraphyses. Vaginule très courte. Capsule subsessile, arrondie à la base, régulière ou légèrement bossue; long. 2 1/2 — 3 mill., diam. 1 1/2 — 1 3/4 m. Opercule élevé, convexe-conique, obtus. Péristome pourpre ; dents linéaires, étroites, acuminées, plus ou moins cohérentes au sommet, entières ou un peu ouvertes vers la base, sur la ligne dorsale; articulations rapprochées, lamelles de la face interne obtuses ; treillis du péristome interne très élégant, en forme de cône, pourpre, formé de 16 branches dressées, filiformes, noduleuses, reliées par des traverses limitant, de la sorte, des mailles subrectangulaires. Spores vertes, sphériques, légèrement muriquées , assez grandes. Coiffe conique-acuminée , brune au sommet, descendant peu au-dessous de l’opercule. — Mai-juin. Fructifie rarement.

AC. dans les Hautes-Vosges, sur le granité et le grès vosgien, dans la Moselle, la Meurthe et leurs affluents ; vallées de Rupt, de Vagney, de la Vologne, entre Granges et Gérardmer, dans le Rabodeau, au-dessus de Moussey, etc. Rare dans les Basses-Vosges, non loin de Neustadt (Winter). RR. dans le Jura : embouchure de la Reuse, près de Boudry (Chapuis). — Calvados: Vire (Pelvet), Ilaute-Vienne, R. (Lamy), Aude (Rouineg ).

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