‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 351 sur 634 · D1CRANUM LONGIFOLIUM · texte numérisé non relu

D1CRANUM LONGIFOLIUM

papilleuses. Coiffe fauve, descendant jusqu’au-dessous du milieu de la capsule. Plante mâle plus grêle, mêlée aux touffes de plautes femelles, mais rare; fleurs gemmiformes ; 5—7 fol.; les externes dilatées, oblongues à la base, longuement acuminéessubulées ; les 3 intimes très dilatées , plus brièvement acuminées, toutes nerviées ; 8 — 12 anthéridies oblongues, assez grandes; paraphyses un peu plus longues, nombreuses. — Octobre-novembr^.

C. dans les Hautes-Vosges, au-dessus de 900 m. jusqu’à la limite des forêts, à la base des troncs d’arbres, surtout des hêtres rabougris, sur les pierres et les blocs granitiques, dans les forêts, fructifie abondamment ; se retrouve dans les régions inférieures, mais rare et presque toujours stérile ; sur les blocs de granité roulés dans le Jura, à Noiraigues (Lesquereux). — Dans presque toutes les montagnes de France.

Observations. Le Dicranum Sauteri Br. Sch. Bryol. eur. t. 71. ne diffère du D. longi folium que par la nervure des feuilles plus étroite, de telle sorte que, sur une coupe transversale exécutée vers la base, on compte, de chaque côté, 25 — 30 séries de cellules non recouvertes par cette nervure, tandis que, sur le D. longi folium, on ne trouve que 12 — 15 séries de cellules , dans les mêmes conditions. Nous avons vérifié ce caractère du D. Sauteri , sur la plante du Harz publiée dans le Bryotheca europæa de Rabenhorst, mais nous ne l’avons jamais retrouvé sur la plante de nos Hautes-Vosges, ni sur celle des Alpes de la Suisse et de la Savoie. Ce caractère d’ailleurs est-il suffisant pour maintenir la distinction des deux espèces ? Dans les forêts des Hautes-Vosges , au Ballon de Servance , au Rotabac, auHohneck, notre D. longi folium présente des variations nombreuses. Sur les pierres, dans les endroits découverts et secs , la plante devient jaunâtre , plus grêle , raide ; les feuilles sont agglomérées au sommet des innovations et fortement courbées-horaotropes ; dans les endroits ombragés et légèrement frais , sur des pierres encore , on voit la même plante former des touffes plus denses, parfois très étendues, d’un vert foncé ou soyeux , les tiges se garnissent uniformément de feuilles moins courbées , diversement denticulées ; sur les troncs de hêtres , on observe des variations analogues et non moins étendues.

304. Dicranum fulvum Hook. Musc. exot. t. CXLIX; Dicranum interruptum Bryol. eur. t. 69, non Brid. ; Stirp. n° 511.

Tige dressée au milieu des touffes, décombante sur le contour, garnie , à la base, de radicules brunes et, plus haut, d’un

33e GENRE : DICRANÜM.

feutre blanc et court; long. 25 — 30 millim, ; touffes denses, d’un vert très foncé , olivâtre à la surface, décolorées ou brunes à l’intérieur. Feuilles contournées , crépues à l'état sec, dressées, lâches, flexueuses ou en partie homotropes à l'état humide, lancéolées à la base , rétrécies et longuement linéaires-subulées, canaliculées, munies d’une nervure dilatée qui occupe presque tout l’acumen , distinctement denticulées aux bords et sur le dos du tiers supérieur; long. 6 — 8 millim. , larg. 1/2 millim.; cellules basilaires externes formant des oreillettes oblongues , d'un jaune foncé , grandes, carrées ou un peu allongées; dans le voisinage , jusqu’à la nervure , on trouve d’autres cellules hyalines , grandes ; les cellules moyennes et supérieures presque uniformes , petites , carrées ou subarrondies , épaisses , vertes. Fol. intimes de l’involucre (3 — 4) longuement engainantes , brusquement contractées, comme tronquées et sinuolées-dentèes au sommet , surmontées d’une longue pointe subulée, légèrement denticulée au sommet , flexueuse ; quelques archégones ; paraphyses peu nombreuses. Vaginule cylindrique. Pédicelle rougeâtre à la base , fauve et légèrement tordu vers la gauche au sommet; long. 15 millim. Capsule cylindrique , symétrique ou accidentellement et légèrement courbée , sans col distinct , lisse, fauve , à peine plissée à la fin; long. 3 mill., diam. 2/3 mill. Opercule convexe, surmonté d’un bec subulé , jaunâtre, presque aussi long que la capsule. Dents du péristome courtes , garnies de lamelles très rapprochées qui les rendent noduleuses , divisées, jusque vers le milieu, en deux et plus souvent trois branches inégales. Anneau très étroit, peu distinct. — Aoûtseptembre.

Sur les pierres et les quartiers de rochers dans les forêts , dans les lieux escarpés, sur le granité, au Bouchot et Roche des Ducs , à Rochesson (Pierrat , B.), cascade de Tendon (Mougeot, B.), sur le grès vosgien , à Bruyères (Mougeot), toute la chaîne des Faucilles , de Darney (B.) au Clerjus (Pierrat); dans les Vosges inférieures, Lützelbourg (B.), entre Bitche, 'Wissembourg et Kaiserslautern (F. Schultz), Sarrebrück (Winter). — Espèce silicicole, nulle dans le Jura, rarement fertile ; nous l’avons trouvée en belle fructification dans les environs de Darney.

Dicranum scottianum Turn. Musc, hib.; Bryol. eur. t. 70.

Plante plus robuste que la précédente ; touffes d'un vert roussâtre. Feuilles plus rapprochées , plus courtes, entières, d’un tissu formé de cellules allongées, linéaires. Capsule lisse; dents du péristome plus courtes, moins divisées , parfois presque entières.

Rochers siliceux des côtes de Normandie : Le Roule , le Mesnil , la Glacerie (Le Jolis), le Châtelier dans l’Orne (Husnot, n° 4).

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