ORTHOTRICHUM GYMNOSTOMUM
Tige dressée , décombante sur le contour des coussinets , brièvement radiculeuse à la base, plusieurs fois dichotome; long. 10 — 20 millim, ; coussinets convexes, denses, d'un vert jaunâtre, plus ou moins nuancé de brun. Feuilles moyennes ovales , rétrécies au delà du milieu , arrondies au sommet, décurrentes et un peu rétrécies à la base, fortement involutées aux bords jusque vers le sommet , imbriquées à l’état sec, dressées, concaves à la base, puis étalées à l’état humide ; la nervure assez mince s’arrête immédiatement au-dessous du sommet.; long. 2 1/2 — 3 millim., larg. 1 1/2 millim. ; cellules inférieures imparfaitement rectangulaires, 4 — 6 fois aussi 1. q. 1. ; les marginales plus petites et plus courtes ; les moyennes et les supérieures à parois très épaisses , brièvement oblongues , presque arrondies, disposées en séries obliques, très peu papilleuses. Fol. florales intimes (1 — 3) ordinairement plus petites, étroites, avec ou sans nervure; 3 — 6 archégones; pas de paraphyses. Vaginule courte, surmontée d’une collerette recouvrant tout le pêdicelle. Capsule immergée, oâovée-oblongue , atténuée en un col court , ou rebroussée par la collerette , légèrement dilatée à l'orifice à l’état sec, cannelée; long. 1 1/2 — 2 millim., diam. 3/4 — 1 millim. Opercule conique. Coiffe largement plissée , un peu lobulée à la base, garnie de quelques poils , conique, descendant à peine au milieu de la capsule. Pas de péristome. Plante mâle distincte, plus grêle, noduleuse, garnie de feuilles plus étalées à l’état humide. Fleurs nombreuses ; 3 — 5 fol. externes; 3 — 4 intimes faiblement nerviées , obtuses; 15 — 25 anthéridies grandes , oblongues ; paraphyses un peu plus longues , nombreuses, molles. — Printemps.
Recueilli autrefois par Bruch près de Deux-Ponts, sur des trembles qui n’existent plus d’après M. F. Schultz. — Sur des aulnes en Franconie (Kress) et dans le nord de l’Europe.
Grâce aux trop savantes recherches de Bruch , le beau genre Orthotrichum fait , depuis plus de quarante ans, le désespoir des bryologues. Toutes les espèces sont loin d’être également rebelles à une détermination rigoureuse ; on pourrait même dire de la plupart qu’elles sont aussi faciles à reconnaître que les espèces voisines de tout autre genre , pourvu que l’on travaille sur des échantillons complets, munis de capsules bien mûres. Toutes les difficultés se concentrent sur les espèces décrites ci-dessous, du n° 369 au n° 377. On est amené dès lors à se demander si l’embarras, inhérent à l'étude de ces dernières, ne prendrait pas sa source dans l’incertitude des espèces elles-mêmes , si ces types spécifiques convenus répondent aux faits d’une manière satisfaisante. Les auteurs du Bryologia europœa supprimèrent déjà plusieurs des espèces établies par Bruch dans le Bryologia
46e GENRE : ORTHOTRICHUM.
universa de Bridel ; plus récemment M. Schimper a réuni les O. pallens et auridens à l’0. Rogeri. 11 nous est difficile de croire qu’il faille s’en tenir là. Nous proposons de réunir YO. fastigiatum à Y O. affine, les O. Rogeri et Rraunii à 1*0. pumilum Sw ., et enfin l’O. stramineum à YO. patens. On a beau comparer les figures pourtant si détaillées et si parfaites du Rryologia europœa, il est impossible de saisir, entre les espèces de ces divers groupes, une différence tant soit peu sérieuse. Si on examine, à l’aide du microscope, un grand nombre d’échantillons provenant de localités éloignées , on finira sans doute par en trouver quelques-uns qui seront en concordance parfaite avec les magnifiques dessins de cet ouvrage ou avec le texte des auteurs; mais que faire de tous les autres spécimens dont toutes les affinités sont contrebalancées par des divergences de même ordre? Il y a là une question qu’il faut reprendre à fond. Il serait à propos de soumettre les mousses , comme les phanérogames , à des essais de culture. Il faudrait suivre, pour les espèces critiques, leur développement d’année en année , afin de se rendre compte des modifications apportées par l’âge, il conviendrait aussi de faire varier la nature du support, ses conditions de lumière et d’humidité. Ces expériences ne pourraient manquer de hâter la solution de nombreuses difficultés.
15e Tribu : Biixbauniiées.
(Trib. Buxbaumiaceæ Schimp.)
Capsule subsessile ou pédicellée , oblique, presque dressée , asymétrique, grande, ovale-comprimée , aplanie en dessus , convexe en dessous. Opercule petit, conique. Sporange beaucoup plus petit que l’enveloppe capsulaire. Péristome externe rudimentaire ou formé de plusieurs séries de dents courtes ; l’interne représenté par une membrane conique, plissée. Tige excessivement courte ; feuilles vertes , ligulées ou presque nulles. Mousses très singulières , d’une organisation tout à fait à part.
47e Genre : Diphyscium Mohr.
Capsule subsessile. Péristome externe rudimentaire. Feuilles caulinaires vertes: fol. de l’involucre femelle ovales-lancéolées , laciniées au sommet , atteignant et même dépassant la hauteur de la capsule.