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DISPERSION HORS DE L’EUROPE

Art. $. — Dispersion des mousses de l’Est hors de l’Europe.

Pour dresser le tableau suivant, nous avons rassemblé les indications disséminées dans le Bryologia universa, de Bridel, le Synopsis muscorum de C. Müller, le Bryologia europœa, le Synopsis muscorum europœorum de M. Schimper.

De ces documents, il résulte que :

25 espèces de mousses de notre circonscription sont universellement répandues, où croissent à la fois en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique ;

22 espèces se retrouvent aussi en Asie et en Amérique ;

I l — en Afrique et en Amérique ;

2 — en Asie et en Afrique ;

137 — en Amérique seulement ;

4 — en Asie seulement ;

16 — en Afrique seulement.

217 espèces, environ la moitié des mousses de notre domaine floral, se rencontrent aussi hors de l’Europe.

liceux du voisinage. Certaines espèces encore existent sur presque tous les terrains, mais on les trouve nulle part en grande quantité. On voit dès lors à quelles complications souvent inextricables celte dispersion des espèces végétales est soumise , lorsqu’on veut tenir compte nonseulement de la simple présence dans des conditions déterminées, mais encore de la fréquence ou de la quantité de dispersion.

Nous n'ajouterons plus qu’une observation sur ce sujet.

Toutes choses égales d’ailleurs, c’est dans les Hautes-Vosges, sur le granité et le grès vosgien , que les mousses offrent la végétation la plus luxuriante dans notre circonscription. La principale cause en est dans cette multitude innombrable de sources et de petits ruisseaux qui arrosent nos montagnes , entretiennent partout la fraîcheur des prairies et des forêts , et forment, sur une foule de points, de petits marécages favorables à la végétation des mousses. La chaîne du Jura n’est guère moins riche en espèces de mousses que celle des Vosges, mais la végétation bryologique y est beaucoup plus maigre à cause de la rareté des sources et de la sécheresse du sol et des rochers qui en est la conséquence.

UTILITÉ DES MOUSSES

Ces chiffres mettent en évidence le cosmopolitisme des mousses, ou la large dispersion des végétaux de cette classe, à la surface du globe. Le même fait ressort aussi d’une autre considération. Des 100,000 phanérogames que l’on connaît, 9,000 seulement, ou un dixième à peine, habitent l’Europe, tandis que le rapport des mousses européennes a la totalité de celles qui nous sont connues est beaucoup plus élevé. C. Müller, dans son Synopsis (1849-1851), porte à 2,303 le nombre total des mousses connues, or M. Schimper, en 1860, en décrivait 670, pour l’Europe seulement. Ce rapport est presque d’un tiers. Par suite des découvertes faites en bryologie, depuis la publication du Synopsis de C. Müller, il est peut-être descendu au quart ; mais dans tous les cas il reste supérieur au cinquième. D’autre part, sur ce nombre de 670, 450 mousses se rencontrent dans un territoire aussi limité que celui de notre circonscription florale. Nous avons donc les deux tiers des mousses d’Europe, et un sixième de toutes les mousses connues. Ce rapport devient plus frappant encore, quand on considère ce que sont les 2,400 espèces de phanérogames, au plus, du même domaine, comparées à l’ensemble des phanérogames connues.

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