‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 510 sur 634 · PÉRIANTHE · texte numérisé non relu

PÉRIANTHE

dilaté et modifié de manière à pouvoir recouvrir et protéger la capsule jusqu’à l’époque de la maturité. Dans les Mousses , le pédicelle s’allongeant tout d’abord , i’archégone fécondé se rompt en travers et sa partie supérieure est emportée bientôt au-dessus des enveloppes florales; dans les Hépatiques, la coiffe reste entière et constitue une sorte de sac , à l’intérieur duquel la capsule achève son évolution ; c’est seulement à l’époque de la maturité que le pédicelle , faisant effort, détermine la coiffe à s’ouvrir par une déchirure latérale ou au sommet ; la capsule s’élève alors au-dessus du périanthe , mais sans emporter aucune portion de la coiffe qui reste presque toujours cachée au fond du périanthe. Si le périanthe reste court , comme dans les Chiloscyphus , le Pellia calycina, ou même s’il n’existe pas , comme dans le genre Aneura , la coiffe devient saillante et pourrait être prise pour un périanthe à la suite d’un examen superficiel. Ailleurs, particulièrement dans le genre Harpanthus , elle adhère presque entièrement aux parois du périanthe. La coiffe des espèces du genre Trichocolea présente d’autres modifications encore; en l’absence du périanthe, elle se charge souvent de petites folioles qui répondent à l’involucre , son développement semble même appartenir en grande partie au réceptacle. Dans la plupart des espèces, la coiffe est molle, hyaline, formée de plusieurs couches de cellules, surtout vers la base. On peut conclure aussi de ce qui précède , que les Hépatiques n’ont pas d’organe qui réponde exactement à la vaginule des Mousses.

Les enveloppes de la fleur femelle et du fruit dans les Hépatiques membraneuses présentent une si grande variété , qu’il est difficile de trouver une expression générale qui résume bien des formes si disparates. Nous ne pouvons guère que renvoyer à l’exposition détaillée qui en sera faite dans la partie descriptive de cette sous-classe. Remarquons cependant que toutes les espèces de ce groupe ont une coiffe , presque toujours un involucre plus ou moins reconnaissable ; mais le périanthe n’existe que dans les genres Marchantia et Preissia. La famille des Marchantiacées est caractérisée surtout par un support commun

HÉPATIQUES. - ANATOMIE

(pseudopode, hampe ou pédoncule), terminé par une membrane (réceptacle) plissée ou lobée , dans laquelle sont logées les capsules entourées de leurs enveloppes.

Capsule. — Après l’acte de la fécondation , le nucléus contenu dans l’archégone se segmente dans deux directions opposées; la partie inférieure donne le pédicelle qui se fixe solidement au sommet de l’axe floral , tandis que la partie supérieure forme la capsule. Le pédicelle des Jungermanniacées est ordinairement hyalin , d’une texture très molle , à peine assez consistant pour soutenir la capsule sans fléchir. Les diverses conditions de sécheresse et d’humidité, d’ombre et de lumière, font varier sa longueur dans une mesure notable ; cependant plusieurs espèces ont un pédicelle long seulement de 1 — 2 millimètres , tandis que le Mastigobryum trilobatum élève sa capsule à une hauteur de 50 à 60 millimètres. 11 faut prendre garde de confondre avec le pédicelle le support commun des fleurs mâles et femelles des Marchantiacées : le pédicelle est toujours le support immédiat de la capsule. Cet organe fait défaut dans le genre Riccia, dont la plupart des espèces ont des capsules enfoncées dans la substance même des frondes.

La capsule des Hépatiques est noire ou brune à la maturité , ordinairement oblongue ou brièvement elliptique, assez souvent encore globuleuse, rarement obovée, d’ailleurs obtuse ou brièvement apiculée. Elle est toujours symétrique , dépourvue de col et de coluraelle (à l’exception du genre Anlhoceros ), à peu près lisse, à section transversale circulaire. La longueur varie de 1 fl millim. à 2 l/$ millimètres. Dans les Hépatiques caulescentes , elle s’ouvre régulièrement en 4 valves qui s’étalent en croix ou restent plus rarement dressées ; dans quelques genres de Jungermanniacées, tels que Fossombronia etMetzgeria, elle s’ouvre par des déchirures irrégulières. La même chose a lieu dans les Ricciacées, tandis que dans les genres Marchantia et Fegatella , la déhiscence se produit par l’écartement de 6 à 1*2 lanières qui n’atteignent pas la base de la capsule.

La structure des parois capsulaires est des plus curieuses. Elle présente des couches de cellules superposées au nombre de

CAPSULE

7 à 9 dans le Plagiochila asplenioides , ordinairement de 5 dans la plupart des espèces du genre Jungermannia , de 2 seulement dans les genres Lejeunia et Frullania. Les cellules des couches internes contiennent des fibres annulaires ou spirales/ adhérentes à leurs parois; ces fibres s’interrompent dans les cellules des couches externes, et se réduisent à l’état d’arcs ou même de points épaissis. Leur élasticité, mise en jeu par les variations d’humidité ou de sécheresse, doit être considérée comme la cause qui détermine la déhiscence de la capsule; c’est aussi à la couleur brun foncé de ces fibres que la capsule doit sa teinte noire la plus ordinaire.

Les spores des Hépatiques sont très semblables à celles des Mousses, sous tous les rapports; elles se développent également au nombre de 4 dans leurs cellules primitives qui se résorbent plus tard ou sont rarement persistantes. Les spores sont presque toujours lisses ou très légèrement papilleuses ; cependant celles des espèces de Fossombronia et de Riccia sont relativement très grandes, et de plus, chargées de crêtes et de papilles très saillantes.

Aux spores se mêlent des filaments sans analogues dans les Mousses : ce sont les élatères. Ils se présentent sous la forme de tubes, à paroi très mince, hyaline, renfermant des fibres spirales brunes et décrivant un plus ou moins grand nombre de tours. Les mouvements hygroscopiques des élatères contribuent à la déhiscence de la capsule et à la dissémination des spores. Dans les genres Aneura et Melzgeria , les élatères n’ont qu’une fibre spirale, et restent pendant quelque temps fixés au sommet des valves de la capsule, après la sporose. Dans le genre Pellia , ils restent agglomérés et enchevêtrés au fond de la capsule. Les élatères du plus grand nombre des Hépatiques ont deux fibres spirales (raremeut 3 dans quelques Marchantiacées) ; ils font complètement défaut dans la famille des Ricciacées.

HEPATIQUES. - ANATOMIE.

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