FLEURS MALES
certaines espèces monoïques , telles que Jungermannia lan ceolata et bicrenata, les fleurs mâles se réduisent à des anthéridies logées à l’aisselle d’un petit nombre de folioles peu modifiées dans le voisinage et au-dessous des fleurs femelles.
Dans les Hépatiques frondiformes , les anthéridies se rencontrent libres et nues à la surface du thalle , comme dans le genre Sphœrocarpus , ou dans une petite cavité des frondes , comme dans les genres Aneura, Melzgeria; elles sont encore enfoncées dans la substance même des frondes, et sont isolées ( Pellia ) ou forment par leur aggrégation des disques sessiles ( Fegatella ) , ou encore lobés et longuement pédonculés (Marchantia). Dans plusieurs de ces genres, les anthéridies sont oblongues ou même lagéniformes. Ces organes jouent le même rôle que dans les mousses. Ils contiennent des cellules ( cellules-mères ) qui renferment, à leur tour, les anthérozoïdes. Ces derniers se présentent sous la forme d’un filament roulé en spirale et décrivant 2 — 3 tours de spire , terminé à une extrémité par deux cils vibratiles ; vers l’extrémité opposée, se développe une vésicule à parois très minces, dont le liquide contient, pendant la vie de l’anthérozoïde, des granulations animées d’un monvement de trépidation très vif (1).
2° Du fruit mûr.
Sous ce titre , nous entendons la capsule et les enveloppes. Ces dernières , dans les espèces complètes, sont Yinvolucre , le périanthe et la coiffe.
Incolucre. — L’involucre , dans les Hépatiques cauleseentes , se compose des 2 — 3 paires de feuilles supérieures qui entourent la base du périanthe. Elles sont généralement plus développées que les feuilles caulinaires ; leurs découpures sont plus prononcées et souvent plus nombreuses ; fréquemment encore elles sont cohérentes entre elles ou même avec la base du périanthe; les Jungermannia obovata et cordi folia fournissent
(1) Bull. Soc. bot. de France, t. xi, p. 298.
HÉPATIQUES. — ANATOMIE
des exemples de ce dernier cas. Il arrive aussi que les amphigastres adhèrent à ces folioles et leur donnent une amplitude insolite. Dans le Harpanthus scutatus, au contraire, elles ne sont représentées que par de petites écailles et en petit nombre; elles font même tout à fait défaut dans les genres Calypogeia et Geocalyx.
Périanlhe. — Cet organe est caractéristique des Hépatiques, bien que plusieurs espèces en soient privées. Il manque , en effet, dans les genres Gymnomitrium et Haplomitrium. Dans les genres Sarcoscyphus et Alicularia , il adhère aux folioles supérieures de l’involucre qui le masquent entièrement, et dont il ne se détache à l’intérieur que par 4—6 lobes libres au sommet seulement. Le périanthe est particulièrement bien développé dans les genres Plagiochila , Scapania, Jungermannia , Madotheca , Radula, Ptilidium, Lepidozia , Mastigobryum. Les formes variées qu’il affecte, servent à caractériser les genres et même les tribus. Il a généralement l’aspect d’une enveloppe monophylle plus ou moins saillante au-dessus de l’involucre. Il peut être oblong, ovale, obové, comprimé, cylindrique, prismatique, lisse ou diversement plissé en long , surtout vers le sommet; il est d’abord percé, à ce point, d’une petite ouverture qui s’élargit , au moment de la sortie de la capsule , par des déchirures selon des lignes de moindre résistance. L’orifice est alors lobé ou lobulé, et les lobes sont entiers ou encore ciliés dentés; les lobes se voient de bonne heure et sont très grands dans les espèces du genre Lophocolea. Les Chiloscyphus ont un périanthe très court et bilabié, tandis que les genres Plagiochila et Scapania l’ont assez grand et nettement tronqué. Cette enveloppe est généralement de même nuance que les feuilles caulinaires; parfois cependant on la rencontre pâle, presque scarieuse, par exemple dans le Lepidozia replans, le Jungermannia bicuspidata , etc. Le tissu n’offre pas de particularités notables ; il n’est formé que d’une seule couche de cellules.
Coiffe. — La coiffe des Hépatiques répond exactement à celle des Mousses. C’est un organe commun à toute la classe des Muscinées. Ce n’est pas autre chose que l’archégone primitif