‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 518 sur 634 · RÉCOLTE DES HÉPATIQUES · texte numérisé non relu

RÉCOLTE DES HÉPATIQUES

eau , il faut le faire. C’est surtout le cas des espèces qui croissent dans les fossés des tourbières ou au bord des ruisseaux; le lavage est alors facile. Il n’en est pas de même lorsque la plante est gazonnante et croît par brins isolés sur un sol argileux et compacte. Dans cette hypothèse , on détache , à l’aide d’une lame de couteau , des plaques de terre chargées chacune d’un petit gazonnement de l’espèce convoitée. On ne peut guère agir autrement à l’égard des Jungermannia bicrenata et obtusifolia, du Sarcoscyphus Funckii , etc. On peut cependant, avant la dessiccation , isoler plusieurs brins de chaque espèce , quel que soit son mode d’adhérence et d’enlacement, laver ensuite ces brins avec précaution, dans une soucoupe, avec un peu d’eau et à l’aide d’un pinceau en guise de brosse. Ces brins , qui servent à faire mieux voir le mode de ramification et la conservation des parties anciennes , seront séchés à part et conservés , sans être collés , dans des plis de papier avec une étiquette. Ce mode de conservation, sous enveloppe, est très convenable pour certains organes délicats, pour les brins fructifiés d’espèces rares, ou qui présentent des particularités utiles à consulter au besoin. Les touffes ordinaires se conservent très bien collées sur des cartes comme les Mousses. Il n’y a rien de plus absurde, ni qui vexe plus un amateur désireux de s’instruire , que certaines collections allemandes, même récentes, où, sous une enveloppe très soignée, se cache un misérable échantillon sans valeur. Les Hépatiques étant beaucoup plus délicates que les Mousses, il convient de ne les soumettre' qu’à une pression relativement faible , afin d’éviter l’écrasement ; mais nous ne sommes pas de l’avis de quelques botanistes qui conseillent de préparer les Hépatiques sans les soumettre à aucune pression. Ce mode de préparation est défectueux en ce sens que les organes saillants, devenus très fragiles par leur dessiccation , sont très exposés à être détruits par le moindre frottement , tandis que , déprimés par une pression convenable , ils ne se trouvent plus exposés au choc des corps étrangers. Du reste, les Hépatiques étant méconnaissables à l’état sec, il faut les soumettre, lorsqu’on veut étudier des échantillons d’herbier , à un ramollissement qui s’effectue aussi bien dans une hypothèse que dans l’autre.

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