PELLIA EPIPHYLLA
84. Pellia epiyhylla N. ab E. E. Leb. III, p. 361 ; Jungermannia epiphylla Linn. Spec. pl. ; Stirp. nos 53 et 1142.
Fronde en forme de large lanière , couchée , fixée au sol par des radicules abondantes naissant d’une ligne médiane convexe ; contours de la fronde ondulés, lobulés ; lobes arrondis, très obtus , parfois ondulés , crépus , aplanis ou ascendants ; végétation irrégulière , se développant par dichotomie ou par des expansions latérales asymétriques ; la teinte des frondes passe du vert clair ou foncé au brun et au pourpre; long. 5 — 8 centim. , larg. 6 — 10 millim. ; cellules superficielles des deux faces de la fronde presque tabulaires, hexagones, courtes, renfermant beaucoup de chlorophylle ; cellules intermédiaires hyalines , à parois minces, hexagones (vues" en coupe), beaucoup plus grandes ; à la partie moyenne , elles sont en plus grand nombre et forment un renflement longitudinal qui représente la nervure. Involucre représenté par une lèvre appliquée , lacinièe sur le contour, recouvrant d’abord la cavité , au fond de laquelle se trouvent les archégones au nombre de 8 — 12. Coiffe tubuleuse , ascendante, un peu renflée au sommet et se rompant en 3 lobes peu réguliers , hyaline ou colorée en rouge , dépassant longuement l’involucre ; long. 6 — 7 mill., diam. 1 1/2 mill. Pédicelle mou, épais, atteignant jusqu’à 8 centim. Capsule globuleuse ou même déprimée , d’abord verdâtre, passant au vert noirâtre; diam. 1 1/4—1 1/2 millim. Spores grandes, vertes, elliptiques. Elatères allongés , à 3 spires ; il en reste un paquet à la base des valves de la capsule. Anthéridies naissant isolées sur la même plante , à la surface de la fronde , dans de petites cavités percées d’un pore, et que l’on reconnaît à une petite saillie rougeâtre.
C. partout , dans les bois , aux lieux humides , près des rigoles , des sources , dans les grottes, les cavités humides; très abondant dans toute la chaîne des Vosges ; existe aussi dans le Haut- Jura et dans la région des plaines. Les uombreuses variations que présente cette espèce , se ramènent facilement au type et dépendent des conditions du support.
84 bis. Pellia calycina N. ab E. Syn. Hep. p. 490; Jwngermannia calycina Tayl. ; Stirp. n° 1423; Gott. Rabenh. Hep . eur. n° 221.
Espèce très distincte de la précédente par la présence d'un involucre oblong , plissé , dilaté et lacéré à l’orifice , vert (1. 5 — 6 mill.), tandis que la coiffe reste incluse et n’atteint guère que le milieu de cet involucre. Les lobes des frondes sont aussi plus étroits (larg. 3 — 6 mill.), souvent plus ondulés aux bords.
53e GENRE : BLASIA.
Lieux humides, mare'cageux, sur les terrains calcaires *, Beurre , près de Besançon (Paris) ; près de Genève (J. Muller), probablement répandu dans tout le Jura et aussi sur le calcaire jurassique lorrain. — Pyrénées. , centre de La France (Ripart) , répandu dans la Haute- Savoie (P uget), les Alpes du Dauphiné (Ravaud).
53e Genre : Blasia Mich.
Pas d’involucre. Capsule se développant dans une cavité renflée à l’intérieur et au sommet de la nervure , exserte , longuement pédicellée au moment de la sporose, divisée en 4 (rarement 6) valves; élatères à 5 spires. Coiffe incluse. Fronde molle, mince, sinuée-pennée , nerviée , émettant des granulations.
85. Blasia pusilla N. ab E. E. Leb. III, p. 401 ; Jungermannia Blasia Hook. Brit. Jung. t. 83 , 84.
Fronde divisée par dichotomie, rayonnant autour du point de départ; lanières formées, aux bords, d’une seule série de cellules, munies, au milieu , d’une nervure très peu épaisse, souvent ondulées, se dilatant à l’extrémité en vue de nouvelles bifurcations, garnies, en dessous, vers la base seulement, de radicules hyalines ; long, des lanières développées 5 — 3 centim., larg. i 1;5 — 3 millim. ; les extrémités sont souvent gemmipares en automne , et prennent alors un aspect ciliè-pinnalifide ; des granulations globuleuses naissent à l'intérieur de la fronde au fond de cavités tubuleuses, et se frayent un chemin au dehors. Plusieurs archégones stériles sur le dos des frondes ; l’archégone fertile termine la nervure; il est très court et complètement dépourvu d’enveloppes ; pendant la maturation , l’extrémité de la nervure se gonfle extérieurement et se creuse à l’intérieur en forme de cavité obovée , plus saillante en dessous. A la maturité , sous l’effort du pédicelle , la capsule déchire la paroi supérieure de cette cavité et devient exserte; long, du pédicelle 10 — 50 millim. Capsule oblongue, longue de 1 millim.; la coiffe est normale , libre ; élatères atténués , à spire double ; spores arrondies, presque lisses. Anthéridies sur une plante distincte, globuleuses , au fond d’une cavité recouverte par un lobule ou repli de la fronde. Les extrémités fertiles sont ascendantes. — Premier printemps.
Lieux frais , humides , inondés pendant l’hiver , revers des fossés , des rigoles, dans les prairies , bords des rivières , aux lieux ombragés ; Epinal , Padoux, Deux-Ponts, Alsace (Mougeot). — Semble répandu dans presque toute la France , mais rarement fertile.