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INTRODUCTION

Le but de cette Flore, ou plutôt de ce Vademecum destiné aux herborisations, est de permettre aux étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux, aux médecins, pharmaciens, instituteurs de la région, aux élèves de nos Ecoles normales et primaires, à tous ceux, enfin, qui s'occupent de botanique -par utilité ou par goût, de reconnaître euxmêmes et de déterminer facilement les plantes sauvages qu'ils rencontrent autour d'eux.

Ce n’est jamais chose facile que de distinguer ou d'apprendre à distinguer les uns des autres un très grand nombre d'êtres, à quelque règne de la nature qu’ils appartiennent. Cela est encore plus vrai des plantes que de tout le reste, soit à cause de leur plus grande uniformité d’organisation, soit à cause des procédés employés.

Les ouvrages de description et de détermination que nous avons, ont surtout trois grands inconvénients. D'abord, ils s'adressent pour la plupart à la France entière, ce qui les rend forcément un peu confus et embrouillés, à cause

du grand nombre de plantes qu’ils sont obligés de comprendre. Puis, leurs descriptions sont toujours beaucoup trop étendues et trop détaillées pour les besoins réels de ceux qui comimencent à s’instruire. Ensuite, ils parlent tous une langue fort savante, inconnue du public ordinaire, voire des dictionnaires français. En limitant celui-ci à la région du Sud-Ouest, de façon à n’embrasser qu’un nombre relativement restreint de plantes, trois mille au maximum; en réduisant la description des espèces aux traits vraiment caractéristiques; en n’employant pour cette description et pour la distinction des genres que des termes connus, compris de tout le monde, je crois rendre de réels services à bien des personnes. Car on se demande souvent, avec étonnement, comment on a pu faire de la botanique, la science la plus agréable et la plus populaire de toutes, un genre d’étude en quelque sorte chiffré, dans lequel on ne peut s’engager que si on en possède préalablement la clef, Quelques-uns ont été rebutés pour toujours par les difficultés qui ont hérissé leurs débuts; mais beaucoup d’autres n’attendent que le moment où on aura fait disparaître toutes ces épines superflues pour cueillir des fleurs.

Au point de vue des limites à admettre, je n'ai eu, pour les fixer, qu’à consulter Les données de la physique du globe relatives à notre coin de terre et celles de la géographie botanique.

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