‹ Flore de Loir-et-Cher, comprenant la description, les tableaux synoptiques et la distribution géographique des plantes vasculairesChapitre 133 sur 265 · BELLIS (Pâquerette · texte numérisé non relu

BELLIS (Pâquerette

Capitule homogame radié ; fleurs du disque synoïques, à corolle tubuleuse, celles de la circonférence femelles, ligulées ; involuere «à bractées disposées sur 2 rangs ; fruits comprimés, dépourvus de côtes et d’aigrette ; réceptacle conique. — Herbe portant un seul Its au sommet d'un long pédoncule radical, nu; feuilles entières.

543. B. perennis L. 1248. Lefr, cat. 15; Em. Mart. cat. 146. (P. commune). — Plante plus ou moins pubescente, à souche wvivace ; tige ordinairement presque nulle; feuilles toutes radicales, étalées en rosette, obovales spatulées, atténuées en long pétiole, bordées de dents ou crénelures très superficielles ; capitule (diam. 15 à 18 mill.) solitaire au sommet d’un rameau nu naissant au milieu de la rosette de feuilles ; ligules très étroites, blanches en dessus, rougeûtres en dessous; involucre pubescent, à bractées lancéolées, obtuses; fruits obovales, finement pubescents. %.

— Février, novembre. Pelouses rases, bords des prés et des chemins.

Distrib. géogr. — Toute l’Europe, jusqu’à la zone arctique ; Syrie et Tauride.

Observ. — Dans les lieux ombragés et frais, la tige s’allonge et atteint jusqu’à 5 à 6 cent. ; elle porte alors plusieurs feuilles dont

les 2 supérieurcs sont subopposées ; cet état constitue le B. perennis L. var. caulescens Rochb. et Savat. Cat. pl. de la Charente, 107.

G. 196. ARTEMISIA (Armoise).

Capitules discoïdes homogames ou hétérogames, les fleurs du disque étant synoïques (ou mâles ?), celles de la circonférence femelles; corolles toutes tubuleuses ; involucre à bractées plurisériées ; fruits presque cylindriques, dépourvus de côtes saillantes, nus au sommet, réceptacle glabre ou velu, mais dépourvu de paléoles. — Herbe à feuilles pinnatifides ou subbipinnatifides, à segments plus ou moins incisés.

544. Art. vulgaris L. sp. 1188; Lefr. cat. 15; Em. Mart. cat. 149. (Arm. vulgaire). Vulg Armoise. — Plante à saveur amère; racine rampante, tige de 8 à 15 décim., dressée, striée, plus ou moins pubescente; feuilles glabrescentes en dessus, blanches tomenteuses en dessous, les inférieures distinctement pétiolées, presque bipinnatifides, les caulinaires moyennes embrassantes plus ou moins profondément pinnatifides, à segments cunéiformes élargis, incisés, souvent trifides au sommet; feuilles supérieures sessiles, trifides ou entières; inflorescence disposée en panicule étroite formée de nombreuses grappes dressées, accompagnées de petites feuilles, ou les supérieures souvent nues, très compactes ; capitules petits (diam. 1 + à 2 mill.), presque sessiles ; penchés ; involucre un peu laineux extérieurement, à bractées scarieuses sur les bords ; fleurs toutes fertiles ; réceptacle glabre. %.

— Juillet, septembre, — Bords des chemins et des champs, décombres. AC.

Distrib. géogr. — Europe centrale et sept.; manque dans presque toute la région méditerranéenne ; Grèce ; Arménie; Perse : Caucase ; toute la Sibérie ; Japon; Amérique sept.

Observ.— Le port de la plante et la forme des segments foliaires sont très variables; tantôt ils sont courts, obovales et diversement incisés, tantôt allongés, lancéolés ou linéaires, entiers. L'Art. Verlotorum Lamotte, Prodr. de la fi. du plateau centr. p. 400, observé simultanément, depuis 10 ans environ, sur plusieurs points de la France, est une variété remarquable par ses rhizomes longuement rampants et surtout par la forme des feuilles caulinaires moyennes qui sont profondément divisées en 5 à 9 segments longs de 3 à 4 cent., lancéolés, entiers, très aigus; les capitules sont souvent rougeâtres, ce qu’on observe également dans des formes très différentes d’ailleurs. — Auvergne; Jura; Doubs ; environs de Paris. etc.

Si cette plante est vraiment d'introduction récente, comme Ja pensé M. Verlot, il est probable qu’elle nous est venue de l'Asie orientale, où l'Art. vulgaris paraît avoir son centre de dispersion et où il revêt les formes les plus-variées. (Cf. Maxim. Mél. biol. de lPAcad. de St-Péterb. viri. 535). Le D' Savatier a recueilli au Japon une variété presque semblable à l'Art. Verlotorum, et M. J. B. Verlot paraît avoir bien jugé de l’identité de la plante en la rapprochant de l'Art. umbrosa Turez. pl. exsicc., que son auteur lui-même, à reconnu depuis, avec Besser, n’être qu’une variété de l’'Artemisia vulgaris L.

Les floristes de l’Europe occidentale, où l'Art. vulgaris atteint les dernières limites de son extension géographique, devront

eut-être se garder avec soin de distinguer spécifiquement des

ormes que l’absence d’intermédiaires peut faire aisément considérer comme des types suffisamment définis ; C’est seulement

dans l'extrême Orient, la Sibérie, le Japon que la plante apparaît k

avec ses innombrables variations: c’est là seulement que l’on pe comprendre par quelle série d’intermédiaires les formes à euilles bipinnatifides passent graduellement aux formes dont les feuilles sont parfaitement entières.

545. Art. campestris L. sp. 118 ; Lefr. cat. 15 ; Em. Mart. cat. 149. (Arm. des champs). — Souche dure émettant des rejets stériles couverts d’une pubescence soyeuse argentée et des tiges florifères sous-frutescentes à la base, hautes de 5 à 10 décim..; feuilles d’abord pubescentes, soyeuses, puis devenant promptement glabres, pinnatifides, à segments linéaires, trifides ou bifides; inflorescence disposée en une étroite panicule formée de grappes dressées, les inférieures accompagnées de feuilles bractéales trifides, les supérieures souvent nues ; capitules (1 £à 2 mill. de diam.) ovoïdes-coniques, d’abord dressés, puis un peu penchés ; involucre glabre extérieurement, à bractées largement scarieuses ; fleurs du disque stériles ; réceptacle glabre. %

— Juillet, septembre. C.C. dans tout le val de la Loire, du Cher, de la basse Sauldre; collines de Soings et environs de Thenay et de Pont-Levoy, où il croît exclusivement sur le falun.

Distrib. géogr. — Europe moyenne, jusque dans le sud de la Suède et de la Norwège ; devient rare dans la région austro-occidentale ; Asie-mineure dans la Pisidie ; Sibérie ; Afrique septentr., dans la région intérieure.

Observ. — On cultive souvent, sous le nom d’Absinthe, l'Art. Absinthium qui croît spontanément dans le centre de l’Europe, le midi de la France, l’Asie-mineure et l’Algérie. Cette espèce se distingue facilement à la pubescence argentée qui recouvre toutes les parties de la plante, à ses capitules hémisphériques 2 fois plus ges que ceux de nos espèces spontanées ; son réceptacle est velu.

ouvent naturalisée dans le voisinage des habitations; elle est cultivée en grand dans le Jura, notamment à Pontarlier, pour la fabrication de l’Absinthe.

L'Art. dracunculus 1... se rencontre dans tous les jardins, sous le nom d’Estragon ; il est originaire de la Sibérie et du centre de l'Asie. Les graines ne paraissent pas avoir été jamais observées dans la plante cultivée, qui ne peut être multipliée que par marcottes. |

La liqueur, ou plutôt le poison lent, connue sous le nom d’Ab6sinthe, est le résultat de la distillation de la Grande Absinthe (Art. Absinthium), dont j'ai parlé plus haut; cette espèce n'entre

as, ou du moins n’entrait pas autrefois dans la fabrication des

heure dites d’Absinthe suisse, qui doivent leurs propriétés aux différents Génipis : Génipi noir (Art. spicata Wulf.;) Génipi des Savoyards (Art. glacialis L.); Art. Mutellina Vill.). Ces 3 espèces croissent dans les Alpes. — Cf. H. Baillon, Histoire des plantes, vol. vtr. p.312, 313, où l’auteur signale les propriétés toxiques de l'essence des diverses espèces d’A bsinthes, qui « ajoutée à l'alcool, « rend celui-ci plus nuisible que l’eau-de-vie et en fait un poison « spécial du système nerveux. »

CONSPECTUS DES ESPÈCES,

Feuilles à lobes élargis, blanches tomenteuses en dessous ; involucre plus ou moins laineux. . . Art. vulgaris (544). Feuilles à lobes très étroits linéaires, devenant promptement glabres ; involucre tout à fait glabre.. . . , ........ Art. campestris (545);

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G. 197. TANACETUM (Tanaisie).

Capitules discoïdes hétérogames ; fleurs de la circonférence femelles, unisériées, souvent tridentées, celles du disque à 5 dents, synoïques ; involucre à bractées plurisériées; fruits à 5 côtes filiformes, surmontés par une couronne aussi large que lui; réceptacle nu, glabre. |

546. 'X. vulgare L. sp. 1184; Lefr. cat. 15. (Tan. vulgaire). — Plante glabre d’un vert foncé; tiges dressées, atteignant et dépassant souvent 1 mètre; feuilles ovales-oblongues dans leur pourtour, pinnatipartites, à segments lancéolés aigus, profondément incisés-dentés, décurrents sur le rachis, où ils forment des lobules inégaux ; segments inférieurs embrassant la tige comme deux oreillettes ; capitules (diam. 5 à 6 mill.) disposés en cyme corymbiforme, compacte, au sommet de la tige et des rameaux ; involucre largement campanulé, à bractées coriaces, obtuses, scarieuses et lacérées au sommet, les extérieures souvent un peu pubescentes ; fruits obconiques glabres. %.

— Juin, octobre. C. dans la vallée de la Loire ; assez souvent imtroduit dans le voisinage des habitations, où on le cultive comme vermifuge.

Distrib. géogr. — Tout le centre de l’Europe; R. ou nul dans la région méditerranéenne ; Sibérie ; Caucase.

G. 19. XERANTHEMUM (Xéranthème).

Capitules hétérogames, à fleurs presque égales, celles du centre synoïques et fertiles, à corolle longuement tubuleuse et à 5 dents ; fleurs de la circonference stériles, très peu nombreuses, à corolles Joue bilabiées, partagées en 5 dents irrégulières ; bractées de

’involucre plurisériées ; fruits comprimés, surmontés par 8 à 10 arêtes dilatées à la base, longuement acuminées; réceptacle muni de paillettes lancéolées-linéaires. — Plante molle.

547, X. cylindraceum Sibth. et Sm. prodr. fl. Gr. 11. 172 ; Em. Mart. cat. 162. (X. cylindracé). — Plante toute couverte d’un duvet grisâtre aranéeux ; tiges de 3 à 6 décim., dressées, souvent très rameuses ; feuilles éparses, lancéolées-linéaires, acuminées, très entières, blanches-laineuses, surtout en dessous; capitules diam. 7 à 8 mill.) solitaires au sommet de longs rameaux nus ; involucre étroitement campanulé-conique, à bractées imbriquées sur 5 à 6 rangs, coriaces, les extérieures beaucoup plus courtes, jaunâtres, un peu laineuses sur le dos, marginées, les intérieures lancéolées-obtuses, dressées, plus ou moins colorées en violet ; fruits velus un peu plus longs que les arêtes. ©.

— Mai, juillet. Champs secs, coteaux pierreux. R.R. Châtillon-sur-Cher, sur les pentes qui dominent le chemin bas, entre le pont de la Sauldre et la Cave ! (Charlot, Rimboux) ; Mer, près de Pomme-Gorge (Dr L. Bergeron, d’après Roger, cat. inéd.).

Distrib. géogr. — Tout le centre de l’Europe, jusque dans la France occidentale et le nord de l'Espagne ; Asie-mineure et Caucase.

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Sue G. 199. KENTROPHYLLUM (Centrophylle(.

Capitules homogames, à fleurs toutes égales, 5-lobées ; involucre à plusieurs rangs de bractées dont les extérieures sont foliacées, pinnatifides, à lobes très épineux ; fruits obscurément tétragones, surmontés d’un rebord évasé en coupe; aigrette nulle dans les fleurs de la circonférence, formée dans les fleurs du disque de soies lancéolées-linéaires, denticulées, persistantes, disposées sur plusieurs rangs. — Plante très épineuse, rigide.

548. K. lanatum DC. in Dub. bot. 293; Lefr. cat. 16; Em. Mart. cat. 161. (C. laineux). — Plante un peu aranéeuse et brièvement pubescente-glanduleuse ; tiges de 2 à 5 décim., divisées vers le haut en rameaux étalés; feuilles coriaces, scabres et glanduleuses en dessous, incisées pinnatifides, à lobes terminés par une épine ; capitules assez grands (diam. 3 à 4 cent.), solitaires au sommet de rameaux formant par leur ensemble un corymbe étalé; bractées externes de l’involucre foliacées, armées d’épines très rigides, les plus internes cartilagineuses, blanchâtres, lancéolées, aigües ; fleurs d’un beau jaune; fruits gros, ovoïdes, subtétragones, creusés de fossettes, si ce n’est à la base ; soies internes de l’aigrette beaucoup plus courtes que les externes qui sont dressées, conniventes.

— Juillet, août. C. seulement dans les champs des terrains calcaires.

Distrib. géogr. — Europe centrale et australe ; toute l'Asie occidentale Abyssinie ; Egypte ; Madère, Canaries.

G. 200. CARLINA (Carline).

Capitules homogames, à fleurs toutes égales et à 5 lobes ; involucre à plusieurs rangs de bractées dont les extérieures sont foliacées, épineuses sur les bords, les intérieures lisses, scarieuses; fruits pubescents, surmontés par une aigrette de soies plumeuses unisériées, brièvement adhérentes à la base 3 par 3 ou 4 par 4, et formant par leur réunion un anneau très court qui se détache d’une seule pièce sur le fruit ; bractéoles du réceptacle

iveloppant le fruit et divisées jusqu’au milieu en lanières subu-

eeslisses. — Plante épineuse.

949. C. vulgaris L. sp. 1161 ; Lefr. cat. p. 16; Em. Mart. cat. 162. (C. vulgaire). — Plante plus ou moins pubescente aranéeuse ; tiges de 4 à 6 décim., divisées supérieurement en rameaux fastiglés; feuilles glabrescentes en dessus, plus ou moins blanchesaranéeuses en dessous, les caulinaires semi-amplexicaules, linéaires-oblongues, bordées de cils et de petites épines vulnérantes ;

capitules (diam. 25 à 30 mill.), solitaires au sommet de rameaux .

fastigiés, garnis de feuilles qui passent insensiblement aux bractées extérieures, celles-ci bordées de petites épines rameuses; bractées internes une fois plus longues que les externes, jaunes au sommet, brunes à la base, très hygrométriques, étalées-rayonnantes par la sécheresse, dressées conniventes par l’humidite. @

— Juillet, septembre. C. dans les terrains secs, au bord des chemins.

Distrib. géogr. — Toute l’Europe, jusque dans le sud de la Suède; R. dans l'Europe orientale ; Caucase ; Tauride; Sibérie,

re is —

-Observ. — L’Ech. sphærocephalus L. Sp. 1314, a été signalé par Lefrou comme étant naturalisé à Mondoubleau, où il ne se retrouve plus, d’après M. Legué; je l’ai observé à Madon, et à l’Aumône, près Candé, dans le val de la Loire, où il s’est maintenu durant de longues années et où il se retrouve peut-être encore. C’est une plante assez souvent cultivée dans les jardins et qui se naturalise très facilement; elle croît spontanément dans la région montagneuse de l’Europe orientale et centrale, jusque dans les Alpes du Dauphiné (?); mais elle a été introduite, Sans aucun doute, dans toutes les localités du centre de la France où Boreau la indiquée. — Tige dépassant 1 mètre, finement laineuse et glanduleuse ; feuilles blanches-tomenteuses en dessous, sinuéespinnatifides, à segments étalés dont les lobes sont spinuleux ; capitules formés d’une seule fleur, mais agglomérés en tête au sommet de rameaux nus ou feuillés et simulant ainsi un seul capitule assez gros (diam. 3 à 4 cent.), exactement sphérique ; l’involucre est pentagonal, accompagné à sa base de nombreuses soies dressées, moitié aussi longues que lui; ses bractées sont pubescentes, un peu glanduleuses, lancéolées subulées, carénées ; fleurs bleues ; fruits surmontés d’une étroite couronne.

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