Ilysanthes gratioloides Benth. in DC. Prodr. X. p
419; Lindernia gratioloides Lloyd F1. de l'Ouest de la Fr., édit. 3, p. 220. (/I. petite gratiole). — Très semblable au V.erecta; il en diffère essentiellement par ses étamines dont les 2 postérieures seules sont pourvues d’anthères, les 2 antérieures étant réduites à des staminodes terminés par une glande et pourvus d’un petit appendice allongé. En dehors des caractères staminaux, qui sont d’une observation difficile, on peut distinguer l’ZL. gratioloides du V. erecta, par ses feuilles qui présentent presque toujours de chaque côté 2 ou 3 dents aiguës, saillantes ; par ses pédoncules qui sont sensiblement plus épais et ordinairement plus courts que la feuille ou l’égalent à peine. Les graines des deux espèces ne presentent pas de différences bien appréciables.
— Juillet, septembre. RR. sur les limons humides de la Loire : île de Suèvres en plusieurs endroits et surtout au confluent de la Loire et de la Tronne!; Blois déversoir de la Bouillie!.
Distrib. géogr. — Amérique du nord et Colombie.
Observ. — Le Vandellia gratioloides a sans doute été introduit assez récemment d'Amérique en Europe. Il a été observé en 18 1 à Angers et en 1858 à Nantes, où il s’est depuis extraordinairement multiplié aux dépens du Vandellia erecta; il est difficile de comprendre comment il s’est répandu dans la vallée de la Loire et son existence constatée jusqu'aux limites du Loiret rend inadmussible son introduction par l'embouchure du fieuve; il faudrait alors supposer que ses graines ont remonté le courant ou que la plante a gagné de proche en proche; mais ses stations sont
trop disjointes et trop soumises aux caprices du fleuve pour au-:
toriser cette hypothèse. — Cf. Bull. Soc. bot. de Fr. tom. XXVII, Sess. extr. p. XXIII.
Il n’est pas improbable que le Vandellia erecta lui même ne nous soit venu d'Asie, à une epoque déjà assez reculée. Il est certain d’une part que la plante existe sous la forme du Lindernia Pyx1daria c’est-à-dire avec une corolle à peine plus longue que le calice, dans l’Inde, dans la Sibérie orientale et dans le Japon; d’autre part la forme à grandes fleurs, qui constitue plus particulièrement le V. erecta, se retrouve avec tous ses caractères dans la vallée de la Loire. 11 ne faut sans doute voir dans ces différents états qu’un nouvel exemple de la variabilité qui paraît inhérente à la plupart des plantes à vaste extension. — Cf. Maxim. Mel. biol. IX, p. 414 et 416, où l’auteur expose les variations du V. erecta, celles du ZLindernia Pyxidaria et les affinités réciproques de ces deux plantes.
G. 281. GRATIOLA (Gratiole).
Calice 5-partite; corolle à tube allongé, un peu anguleux ; limbe à 4 lobes étalés, peu distinctement bilabié; 2 étamines fertiles et 2 stériles souvent rudimentaires; capsule biloculaire s’ouvrant en 2 valves bifides; déhiscence septicide.
724. Gr. officinalis L. sp. 24; Lefr. cat. 19: Em. Mart,. p. 206. (G. officinale). — Racine rampante; tige de 2 à 6 décim., couchée et un peu radicante à la base, ascendante, fistuleuse, simple ou un peu rameuse ; feuilles opposées, pd er lancéolées, très brièvement atténuées, semi-amplexicaules, finement denticulées;
pédoncules tous axillaires, naissant presque dès la base de la tige, grêles, allongés, mais plus courts que la feuille; 2 bractées linéaires à la base du calice, celui-ci à divisions lancéolées-acuminées ; corolle d’un violet pâle, assez grande ‘long. 15 à 18 mill.), au moins une fois plus longue que le calice, poilue intérieurement dans le voisinage des étamines; étamines stériles quelquefois presque atrophiées, ou plus souvent représentées par un long filet grêle terminé par un rudiment d’anthère; capsule dure, ovale-acuminée; graines oblongues (costulées sur le sec), à testa lâche parcouru d’un réseau de nervures anastomosées. %.
— Juin, juillet. C. au bord des eaux, dans toute la Sologne et la vallée de la Loire; R. dans le Perche et dans le val du Loir d’après M. Nouel et M. Legué. . Distrib. géogr.— Europe moyenne, depuis le Danemark jusque dans l'Espagne et l'Italie septentrionale; région Danubienne; Asie-Mineure; Caucase; Sibérie ; Oural; Altaï; Amérique sept.
G. 282. LIMOSELLA (Limoselle).
Calice à 5 dents; corolle campanulée à tube renfié et à limbe à 5 lobes presque égaux ; 4 étamines fertiles (rarement 2 par avortement); anthères uniloculaires s’ouvrant transversalement ; Capsule à 2 valves et à déhiscence loculicide.
725. L. aquatica,. L. sp. 881; Lefr. cat. 19; Em. Mart. cat. 210. (L. aquatique). — Très petite plante glabre; racine fibreuse; tiges très courtes ou nulles, émettant des stolons qui s’enracinent aux nœuds et deviennent parfois très allongés; feuilles longuement pétiolées, à limbe oblong obtus, non denté sur les bords ; pédoncules raides, comme fasciculés aux nœuds, 4 à 8 fois plus longs que la fleur ; calice campanulé, partagé jusqu’au milieu en 5 dents largement ovales, très brièvement mucronulées ; corolle à divisions courtes, étroites, obtuses ; capsule presque globuleuse, molle; graines oblongues-cylindriques, avec 5 à 6 côtes longitudinales et des stries fines, transversales. ©.
— Juillet, septembre. Lieux humides. CC. sur les limons de la Loire!; çà et là sur le bord des étangs de la Sologne, à Lanthenay, Loreux, Villeherviers ; grèves du Cher; Cheverny !; RKR. dans le Perche (E. Nouel).
Distrib. géog. — Europe moyenne et septentrionale, jusque dans la Scandinavie et l'Islande; paraît manquer dans l’Europe austro-orientale ; Sibérie ; Egypte; Abyssinie; Amérique boréale et australe.
G. 283. DIGITALIS (Digitale).
Calice 5-partite; corolle largement tubuleuse, plus ou moins ventrue, brusquement rétrécie un peu au dessus de la base; limbe lus ou moins oblique, obscurément bilabié, à lobes courts ou à peine distincts; 4 étamines fertiles didynames, à anthères biloculaires; style allongé; capsule biloculaire et à 2 valves dont la déhiscence est septicide. Herbes robustes, à feuilles alternes.
726. D. purpurea L. sp. 866; Lefr. cat. 19; Em. Mart. cat. 209, (D. pourprée). — Plante couverte d’une fine pubescence grisàtre; tige de 8 à 15 décim., dressée; feuilles molles, inégalement
dentées ou crénelées., presque tomenteuses en dessous, les radicales et les caulinaires inférieures, ovales lancéolées, longuement pétiolées, les caulinaires moyennes souvent contractées en pétiole ailé et plus ou moins décurrent sur la tige; fleurs unilatérales, en longue grappe Spiciforme; bractées ovales-aiguës, égalant le pé-
doncule; divisions calicinales ovales, obtuses, s’accroissant beau-
coup après la floraison; corolle très grande (3 à 4 cent.), 2 fois plus longue que le calice, très ventrue, purpurine, parsemée de macules; limbe tronqué très obliquement, à lobes peu distincts, brièvement poilus intérieurement et sur les bords; capsule ovale yramidale, aiguë, grande (10 à 15 mill.), parsemée de petites glan- Data di au anguleuses, oblongues-tronquées, finement papileuses. (2).
— Juin, septembre. Champs incultes, clairières des bois secs dans les terrains siliceux. C. dans la Sologne et dans le Perche.
Distrib. géogr. — Europe centrale et occidentale, depuis la Corse et le Portugal, jusque dans le sud de la péninsule scandinave.
727. D. lutea L. sp. 867; Em. Mart, cat. 209. D. parviflora Lefr. cat. 18. (D. jaune). — Plante glabre ou présentant seulement vers la base quelques rares poils crustacés, finement glanduleuse dans l’inflorescence ; tige anguleuse, dréssée, de 6 à 10 décim. ; feuilles étroitement lanceolées, luisantes, bordées de dents très fines et très écartées ; feuilles inférieures longuement atténuées en pétiole, les caulinaires moyennes sessiles, semi-embrassantes, les supérieures lancéolées-linéaires, finement ciliées-glanduleuses sur les bords (dans le voisinage des fleurs), ainsi que les braetees, cellesci linéaires subulées, beaucoup plus longues que les pédoncules ; fleurs en grappe unilatérale, d’abord assez serrée; calice plus court que le pédoncule et à divisions étroites, aiguës, très finement ciliées-glanduleuses ; corolle longue de 15 à 18 mill., d'un blanc jaunâtre, un peu renflée à la gorge, poilue glanduleuse au sommet et intérieurement; limbe un peu obliquement tronqué, à lobes étroits, distincts ; capsule ovale-conique, finement pubescente-glanduleuse ; graines marquées d'un sillon profon , une fois plus grosses que dans l’espèce précédente, très finement granuleuses. %.
— Juillet, août. Coteaux secs, bois montueux et découverts. R. Noyers, forêt de Grosbois, près des carrières de Belleroche! (Charlot); les Roches, près de Montoire, sur le coteau qui domine le village! (Lefrou) ; coteau entre Lavardin
et Montoire !.
Distrib. géogr. — Europe centrale jusqu’en Transylvanie, et occidentale depuis l'Espagne et l'Italie jusqu’en Belgique.
CONSPECTUS DES ESPÈCES,
Fleurs purpurines avec des macules; feuilles finement tomenteuses en dessous, « « . « + » « D. purpurea (726).
Fleurs jaunâtres; feuilles glabres. . . . . . D. lutea (727),
G. 284 VERONICA (Véronique).
Calice 4-5-partite; corolle à tube presque nul ou très rarement aussi long que large, limbe 4-5-lobé, très ouvert ou tout-à-fait
Lt Ds ne dé :
étalé en roue; 2 étamines très saillantes, insérées à la base des
divisions supérieures de la corolle; capsule souvent comprimée, émarginée ou bilobée, biloculaire, à déhiscence loculicide. — Herbes à feuilles toutes opposées ou les supérieures alternes ; fleurs bleues ou bleuñtres.
728. W. spicata L. sp. 14. (V. en épi). — Plante couverte d’une pubescence courte, grisâtre et souvent assez épaisse, finement glanduleuse dans le haut; feuilles un peu crénelées ou denticulées, les inférieures oblongues ou obovales obtuses, les caulinaires linéaires-oblongues, toutes assez longuement rétrécies en pétiole; fleurs très brièvement pédicellées, disposées en grappe serrée, ordinairement simple, quelquefois pourvue de courts rameaux à la base; divisions du calice linéaires, 6btuses. finement glanduleuses ; corolle d’un bleu intense à tube à peu près aussi long que large; lobes du limbe ovales, un peu aigus ; capsule velue-glanduleuse, subglobuleuse, très superficiellement émarginée au sommet ; graines presque planes d’un côté. %.
— Juillet, août. Lieux secs et herbeux. RR. Coteau de la Cisse à 2 kilom. au N.-0. de Pontijoux et à 1500" environ de la route d'Oucques (Goussard).
Distrib. géogr. — Toute l'Europe centrale et occidentale, depuis les Pyrénées jusque dans le sud de la péninsule scandinave ; manque dans l’Europe austroorientale ; Tauride ; Caucase ; Oural; Altaï; Mandchourie ; Japon,
12. VW. Teucrium L. sp. 16; Lefr. cat. 19; Em. Mart. cat. 106. (V. Germandrée). — Plante plus ou moins couverte d’une pubescence crispée, grisâtre; tiges de 1 à 3 décim., couchées, rameuses dès la base, à rameaux plus ou moins redressés ; feuilles oblongues ou linéaires-oblongues, ou lancéolées, les inférieures un peu pétiolées, les supérieures presque sessiles; fleurs en grappes opposées, à la fin lâches, paraissant quelquefois comme terminales à cause de l’atrophie de l'axe; bractées linéaires plus courtes que les pédicelles ou les dépassant peu ; calice à 4-5 divisions très inégales, ciliées, linéaires, obtuses, s’accroissant un peu après l’anthèse; corolle d’un beau bleu, grande (diam. 1 cent.), à limbe tres étalé dont les lobes sont ovales; capsule pubérulente ou presque glabre, ovale-suborbiculaire, assez profondément échancrée au sommet, égalant environ le calice et surmontée par un style aussi long ou plus long qu'elle; graines planes. %.
a. normalis Gren. et Godr. F1, de Fr. II. 587. — Feuilles oblongues ou Jlancéolées, les caulinaires distinctement quoique très brièvement pétiolées ; tiges de 2 à 3 décim., à pubescence peu serrée.
b. Bastardi. — V. Bastardi Boreau F1. du Centre, ed. 2, II, p. 487. — Feuilles oblongues ou linéaires oblongues, très petites ; tiges tout-à-fait couchées, atteignant à peine 10 cent. ; capsules pubescentes ou toutà-fait glabres dans une même grappe.
— Juin, juillet. Licux très secs. La var. a est AC. sur les pelouses des terrains siliceux dans la Sologne, le val de la Loire; la var. b est R. sur les coteaux arides et calcaires: Billy, carrières du Tertre-Bianc !; Bourré !; coteaux de la Cisse !
Distrib. géogr. — Toute l'Europe moyenne; Asie-Mineure; Caucase; Perse; Songarie.
Observ. — La var. latifolia Gren. et Godr. loc. cit.; V. latifolia
auct. (non L.), ne m’est pas connue de Loir-et-Cher, mais on Ia trouve dans la Sarthe, aux environs du Mans; elle est surtout caractérisée par ses tiges dressées, ses feuilles largement ovales, arrondies à la base, presque sessiles, profondément dentées. Beaucoup d'auteurs l’ont considérée comme une espèce distincte. Le V. latifolia L., d’après la seule figure citée dans le Species, est une plante de la région montagneuse, V. urticæfolia Jacq.
La var. Bastardi est très semblable au V. prostrata L.; elle n’en diffère que par ses divisions calicinales ciliées et non tout-à-fait glabres ; ses capsules glabres ou velues dans une même grappe établissent bien, d’ailleurs, la transition entre le V. Z'eucrium et le V. prostrata.
730. VW. Chamædrys L. sp. 17; Lefr. cat. 19; Em. Mart, cat. 207. (V. petit Chéne). — Plante couverte d’une pubescence crispée, Entre plus ou moins abondante, un peu glanduleuse vers le
aut; tiges de 2 à 4 décim., radicantes à la base, ascendantes ; feuilles presque sessiles, un peu rugueuses, largement ovales, arrondies à la base,profondément et inégalement dentées; grappes axillaires, souvent solitaires, allongées et à la fin très lâches ; pédicelles poilus-glanduleux, dépassant les bractées très étroites ; calices à divisions linéaires un peu obtusés, ciliées glanduleuses, accrescentes après l’anthèse et dépassant assez longuement la capsule mûre; corolle d’un beau bleu, avec le lobe inférieur pâle, blanchâtre; capsule très comprimée, largement obtriangulaire, échancrée en cœur au sommet, ciliée, terminée par un style plus long qu’elle ; graines planes. %.
— Avril, mai, C, sur le bord des bois, des prés secs, dans les haies,
Distrib. géogr. — Europe moyenne et sept. jusqu’en Laponie; R. ou nul dans la région australe, où la plante devient subalpine; Arménie ; Caucase; Tauride; Sibérie; Canaries.
731. VW. anagallis L. sp. 16; Lefr. cat. 19; Em. Mart. cat. 207. (V. Mouron). — Tige de 2 à 4 décim., fistuleuse, radicante à la base; feuilles assez épaisses, les inférieures un peu pétiolées, obovales, les caulinaires sessiles, semi-embrassantes, entières sur les bords ou un peu dentées en scie, ovales-lancéolées ou lancéolées-aigués; fleurs formant de nombreuses grappes làches, opposées, placées à l’aisselle des feuilles; bractées égalant le pédicelle ou plus courtes que lui; divisions Calicinales lancéolées, aiguës; corolle d’un bleu tres pâle; capsule comprimée, presque orbiculaire, échancrée au sommet, égalant le calice ou un peu plus longue que lui; graines presque planes d'un côté. %.
Varie :
a. genuina. — Plante complétement glabre dans toutes ses parties, mème sur les pédicelles,
b. anagallidiformis. — E. anagallidiformis Boreau F]. du Centre, ed.
2, II, p. 489 en note; V, pseudo-anagalloides Gren, FI. Jurass. 5179. V. anagalloides Em. Mart, cat, 207 (non Guss.). — Plante glanduleuse dans l’inflorescence, ou au moins sur les pédicelles, compléte-
ment glabre du reste,
— Mai, septembre, C. dans les fossés, au bord des eaux: la var. b se trouve 2 : ; surtout dans les terrains calcaires,
Distrib, géogr. — Toute l'Europe, presque jusqu'à la zone arctique; fAsie-