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| ee jucunde posse debellari si Galenicis prœceptis chymica Remedia veniant subsidio. Dans cet opuscule fort rare, l’auteur, sans aucun souci du secret professionnel, livre à la curiosité et, dans plusieurs « cas, à la malignité publique, les noms, ou bien les initiales avec l'adresse précise, de la plupart de ses clients, en y joignant les par="= ticularités de leurs maladies. es Si l'on en juge par le style de ses attaques contre ses confrères Fournier et Boissieu, on peut croire que Reneaulme avait le carac= ière difficile ; les démêlés qu’il eut avec la Faculté de Paris à propos de son livre : De Curationibus observationum liber, dans lequel il. prônait certains remèdes particuliers, auxquels le Codex du xvne siècle, ne permettait pas d’être efficaces, aboutirent à une rétractation ridicule qui donne bie»n l’idée de l'intolérance médicale à cette époque, intolérance dont les traditions ne sont peut-être pas absolument." perdues. Friedlander a supposé que cette exigence de la Faculté" avait bien pu inspirer Molière dans les farces de son Malade ima=« ginaire (1). Il faut ajouter que Reneaulme s’empressa d'oublier" rétractation et formule et fit tant que le Faculté lui intenta un nOUVEAU«« procès, qui, cette fois, se termina par un arrêt du Parlement, l'auto= risant à user de ses remèdes, comme agissant efficacement, en dehors de toute permission de l'Ecole de Paris; on peut supposer que les hautes protections qu’il avait su se ménager, et l’importance de plus sieurs de ses clients.du Blésois, ne furent pas étrangères à cet arrêt (2). 0 Mais si, comme médecin, la vie de P. Reneaulme fut fort agitée, il retrouva sans doute le calme dans l'étude des plantes qui paraissent avoir été le sujet des observations de toute sa vie. Le livre qu'il publia sous le titre de Pauli Renealmi blæsensis doctoris medici « SPECIMEN HISTORIÆ PLANTARUM.Plantæ typis œneis expressæ. Parisiis, Beys, 1611, 4°, 154 p., 25 tab., est une œuvre remar= quable à plus d’un titre. Sans parler des planches gravées sur cuivre, qui sont d’une exécution supérieure pour l’époque et donnent la re= présentation fidèle de 49 espèces, le texte mérite d'attirer l’attention. Sans doute, les mots grecs dont il est hérissé à tout propos et J’abus d’érudition qu'y fait l’auteur, sont pour le lecteur une véritable fa= tigue ; Adanson lui reproche, et non sans motifs apparents, de n'avoir publié que des articles sans liaison; mais 1l oub'ie que l’auteur, dans son épître dédicatoire au cardinal Du Perron, est le premier à recon= naître que ses nombreuses occupations médicales lui ont permis de donner seulement des chapitres de son œuvre. SET, CES Tontceci ne doit pas faire méconnaître que presque chacune ARS pages. du Specimen porte la preuve d’une notion juste 4e variations dües à
la culture, des variétés et surtout du principe, si fécond en histoire naturelle, de la division des êtres en genres et en espèces ; il est incontestable que plus d’un siècle avant Linné, Reneaulme eut 14 conception n-tie du genre et de l'espèce et qu’il formula cette con“ ception en termes précis, l'appliquant invariablement à tous les vé=
(4) La formule de rétractation imposée à Reneaulme mérite d’être citée : Ego 4
Paulus Reneaulme profiteor apud decanum et doctoxes parisiensis scholæ nun= quam usurum remediis scriptis in libro observationum mearum typis edito, sed facturuim medicinam secundum Hippocratis et Galeni decreta et formulas a schol® parisiensis medicis probatas et usurpatas, Datum Lutetiæ die 98 feb, 4607...
(2) Ex curat. Observ. Cf. obs. 400, 150 et 151, is
CT : rt, à: ay LEE A à 7e + - Ë PF a -L * è 2 +te Fr Mb Sat LA TT Le AVR MA >. TE. I ra + me je “$ ST Des
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nt il s’est occupé. Tout au plus pourrait-on relever dans
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sa méthode l'absence de certaines expressions, telles que : variété. riation, section, qui expriment aujourd’hui des divisions de va leur inégale, que Reneautme concevait fort bien, qu’il établit même avecunescience profonde des rapports des caractères, mais auxquelles il n'eut pas l’idée de donner un nom particulier. Pour lui, tout est genre ou espèce, le genre exprimant la synthèse de tout groupe d'êtres réunis par un ou plusieurs caractères communs d'ordre supé- rieur ; il nomme espèce les êtres différenciés par des caractéres de moindre importance. k
Un exemple fera bien comprendre sa méthode : le genre OEïillet, qu’il nomme Phlox, est tout d'abord caractérisé génériquement « ge- 2 nerica nota » par Reneaulme, et cela à peu près dans les termes dont
Linné lui-même s’est servi; il divise ensuite ses Phlox en deux es- ns : pôces (sections) principales, selon que les fleurs sont inodores ou : 155 exhalentunesuaveodeur La première section, qu'ilnomme Phloxanos- au . us (1), c'est-à-dire Phlox inodore, renferme quatre espèces : Am- 4 mogenea, Orea, Thyrsis et Sipale; la deuxième espèce (section) ap- #& … pelée par lui : Phloxeuosmus, c'est-à-dire Phlox à fleurs odorantes, 24 ne comprend pas moins de 9 espèces : Pancalis, Porphyreon, Hypo- 54 porphyris, Macronice. Colobanthe, Eurytmete, Abranthea, Æohs, «2 Ë Clanthe. Si j'ajoute qu'il partage l'espèce Macranice en deux va- #8 riétés qu'il nomme encore espèces): Hypsicerus et Aceræa, et que - & n- ces treize espèces et ces deux variétés ont été maintenues par Linné, A.
on conviendra que si Reneaulme n’a pas apporté dans sa méthode la D netteté d'expression de l’immortel auteur du Species, on ne peut du moins lui contester le mérite d’avoir compris le groupement des êtres absolument de la même facon que lui. Les Gentiana sont encoie mieux présentés dans le Spécimen, et lauteur y appuie d’une façon toute particulière sur la valeur et le # sens du mot genre. Après avoir décrit toutes les espéces de Gentianes dont ont parlé les anciens, il ajoute : « Itaque generis nomen erit gentiana, et in tres species dividitur. » Ici encore le mot snecies, doit s’entendre par section de genre, car chacune de ces trois espèces est partagée en plusieurs autres qui sont devenues autant de types linnéens. | ; J'ai cru devoir m'étendre un peu longuement sur la méthode de . Reneaulme, car c’est elle qui constitue son véritable titre scientifi- que. Il est permis de croire que Linné, tout en blämant son langage barbare, ne s’est pas fait faute de s'approprier ses idées, en les perfec- Lionnant, en les mettant au point, si je puis ainsi m'exprimer. Et en … cela il n’a fait que suivre l'exemple de Reneaulme lui-même quine cite presque jamais les auteurs qui l'ont précédé, lors même qu’il HE leur fait des emprunts considérables. Le premier article du Specimen, 2 concernant le genre Chène, est copié presque tout entier de Dale- Dune y compris les figures, que Reneaulme s’est contenté d’améjorer.
__ Je ne trouve citée dans le Specimen qu’une seule plante de Loir-ether, le Früillaria Meleagris, que Reneaulme nomme Meleagris et istingue de l’espèce des Pyrénées ; il en donne une très bonne fiire et une excellente description, en l’indiquant comme très abon…
Tous ces termes sont en grec dans le Tentamen; ils sont ici mis en
dante aux environs de Mer, où elle se trouve encore. Le Leucoium æstivum, est également figuré, mais d’après un échantiflon cultivé dans un jardin, ainsi que l’auteur le dit lui-même à la page 99 de son livre. Aussi je ne sais pourquoi Boreau infère de cette figure que la plante existait en Sologne du temps de Reneaulme : « C’est dans le Specimen que se trouve indiquée pour la première fois une des plantes les plus remarquables de la Basse -Sologne, le Leucoium œstivum » Bor. FI. du Centr., éd. 3, I. 17. Cette espèce avait d'ailleurs, été déjà mentionnée par Dodonée, Stirp. hist. pempt. I, lib. II, p. 230, sous le nam de ZLeucoium bulbosum polyanthemum.
En dehors de ses démêlés avec la Faculté de médecine, on ne sait rien de Reneaulme, si ce n’est qu’il visita la Suisse,le Dauphiné et le mont Ventoux, et l’on trouve les traces de ses observations dans son Specimen. L'Arnica montana, qu’il nomme DIURETICE, paraît avoir attiré son attention d'une facon particulière, et il fait à son sujet
cette remarque, qu’on le rencontre nons eulement dans la montagne, …
mais aussi dans la plaine ; ce qui pourrait faire croire qu’il connaissait son existence en Sologne, où l'exercice de sa profession pouvait d’ailleurs l'appeler.
Reneaulme fut en relation avec des hommes très distingués de son siècle. Le cardinal Du Perron, auquel il dédia son Specimen historiæ plantarum, avait pour lui une estime particulière ; le président de Thou lui donna une preuve de l'intérêt qu'il portait à ses travaux, en composant quatre pièces de vers latins dans lesquelles il décrit en style poétique, et en leur conservant leurs noms, quatre des plantes signalées par Reneaulme : Crambe, Viola, Lilium, Phlogis ; il fut le médecin du gouverneur de Blois et du pays Chartrain, Philippe Hurault, comte de Cheverny, et paraît avoir joui de toute sa confiance ; il essaya même sur lui et sur la comtesse de Cheverny, sa femme, quelques-uns de ces remèdes qui attirèrent sur sa tête les foudres de la Faculté de Paris.
La date de la mort de l’auteur du Specimen n’est pas bien certaine ; on pense qu’il mourut à Blois vers 1624. C’est son arrière: petit-fils, Michel-Louis Reneaulme de la Garanne (ou de la Garenne), né à Blois en 1675, que Tournefort cite dans ses Znstitutions. Bien qu'il n’eût rien fait encore en botanique, il avait été reçu à l’Académie des sciences comme botaniste ; plus tard, il donna un petit nombre de mémoires, dont l’un concerne la miellée ou suc miellé découlant des feuilles de divers Erables, L'Académie avait pour lui une telle considération, qu’elle le chargea de publier les manuscrits de Tournefort, après la mort de cet illustre botaniste, avec lequel 1l avait toujours été du reste en relations d'amitié. Malheureusement, il se contenta de tracer le plan des 25 volumes qu'il voulait consacrer à cet immense Mail dont il n’a pas été question depuis,
Le nom de Renealmia a été donné à plusieurs plantes, et en défitive est resté à un genre de la famille des Scitaminées, établi par Linné fils et assez voisin des Gingembres ou plus encore des Alpinia; 1l comprend 1% espèces, dont 13 de l'Amérique tropicale et une d'Afrique. ;
- Pour plus de détails sur Reneaulme, on peut consulter le remarquable article qui lui a été consacré par Dupetit-Thouars, dans le ictionnaire de Michaux, et auquel j'ai fait de fréquents emprants,
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Gaston d’Orléans (Gaston, Jean-Baptiste de France, duc d’Orléans). — Né à Fontainebleau le 95 avril 1608, et le troisième fils de Henri IV et de Marie de Médicis. Ce prince fut le protecteur éclairé de la botanique; nous savons par Morison () que dès son enfance le duc d'Orléans aima la botanique, que cette ardeur s’accrut durant sa jeunesse et prit une base solide dans son esprit lorsqu'il devint homme fait. Il trouva d’ailleurs dans son entourage des hommes tels qu'Abel Brunyer son premier médecin, Jean Laugier et Nicolas Marchant, qui ne manquérent pas d'encourager ses goûts et furent pour lui d'excellents guides. Il aimait à herboriser aux environs de Blois et surtout dans le parc de Chambord, où il fut le premier à observer le curieux Trèfle semeur, que Dodart nomma 7rifolium Blesense, en souvenir de son origine, et qui est devenu le T. subterraneum L.
Vers 1635 ou 1636, Gaston, réconcilié avec le roi, son frère, mais fatigué de la politique et des tracasseries incessantes que lui suscitait Richelieu, se retira au château de Blois ; c'est aussi à cette époque qu’il établit, sur des terrains attenant au château, le célébre Jardin botanique qui, grâce au zèle et au savoir d’Abel Brunyer, devait promptement surpasser celui de Paris. fondé dix ans auparavant. Antoine de Jussieu fournit à ce sujet un piquant renseigaement qui montre combien, à son origine, la direction du Jardin des Plantes de Paris et surtout le choix des démonstrateurs, fut une cause de querelles personnelles, qui faillirent amener la ruine de l'établissement ; « La curiosité du duc d'Orléans, qui avait établi un « jardin célébre dans son château de Blois, servit d'émulation pour « réveiller la négligence du premier médecin du roi (2), successeur « de Bouvard (3), qui, par le choix de quelques sujets bien diffé- « rents des premiers pour remplir la place de démonstrateurs, avait « presque laissé perdre le fruit de cet établissement, » Antoine de Jussieu, Discours sur les progrès de la botanique au Jardin Royal (1718).
Le Jardin de Blois était surtout destiné à l'introduction et à la
- culture des plantes médicinales exotiques, ou tout au moins de celles
qui ne croissaient point en France. Gaston n'épargna rien pour arriver à ce résultat. Par son ordre, des hommes instruits, tels que Laugier et N. Marchant, parcoururent la France et diverses contrées de l’Europe ; d’autre part il sut se procurer des végétaux utiles de l'Inde et de l'Amérique. C’est ainsi qu'on put cultiver dans le Jardin de Blois l’Acacia (Robinia pseudo Acacia), le Cotonnier, presque toutes les variétés de Piment aujourd'hui connues, ia Tomate, la Pomme de terre, le Tabac, le Frène Orne, en même temps qu'un grand nombre de plantes curieuses, telles que l’'Epimède des Alpes, la Gentiane Asclepiade, la Fritillaire de Perse, l’Impériale, les Astrances, le Palmier nain, etc., etc,
En 1653, Abel Brunyer publia sous le titre de Hortus regius Ble
… (2) François Vautier, que sa haine aveugle pour la famille Bouvard, dont un des membres était intendant du jardin, amena à délaisser complétement l’éta-
… (1) Præœludia botanica. Præfatio ad lectorem botanicum, -blissement et même à détourner une partie des fonds destinés à l’achat des
plantes.
(3) Charles Bouvard, né à Montoire, près-Vendôme, dut à son titre de premier
… médecin de Louis XII d’être le premier surintendant du Jardin.
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sensis (1), le premier catalogue des plantes cultivées au Jardin de Blois; leur chiffre s'élevait à 1732 espèces ou variétés. Deux ans plus tard, il donna une nouvelle édition de son Hortus, augmentée « de la nomenclature de 500 espèces, ce qui portait à 2232 le nombre des végétaux du Jardin de Gaston. On y comptait 225 plantes exo-" tiques, dont quelques-unes exigeaient la serre chaude ou tempérée ; le reste provenait de diverses régions de la France ou de l'Italie et "« surtout des environs de Blois et du centre. Ce chiffre relativement considérable pour l'époque, fait comprendre comment l'exemple de la prospérité du Jardin de Blois put servir à réveiller le zèle endormi du surintendant du Jardin de Paris.
Dix-sept ans plus tard, c’est-à-dire neuf ans après la mort de Gaston, Morison, qui avait été adjoint comme collègue à Abel Brunyer, vers 4650, dans la direction du Jardin de Blois, publia une troisieme édition de l'Hortus regius (2). De 1655 à 1660, la collection des plantes vivantes s'était augmentée de 360 espèces, que l’auteur énumère en les faisant précéder d’un astérisque, pour les distinguer de celles qui étaient mentionnées dans les deux précédentes éditions.
L'établissement du jardin de Blois n'est pas le seul titre scienti= fique de Gaston d'Orléans; on lui doit aussi la création d’une merveilleuse collection de peintures sur vélin exclusivement consacrée à l'histoire naturelle. Pour exécuter dignement ce travail, il ne erut pouvoir mieux s'adresser qu’à Nicolas Robert, de Langres, qui venait de se révéler comme un peintre de fleurs hors ligne, dans la célèbre Guirlande de Julie. Nicoias Robert répondit à la confiance de Gaston et déploya tout son talent, non seulement dans la peinture des fleurs, mais aussi dans celle des oiseaux et des animaux que le prince s'était plu à réunir. Telle fut l’origine de cette collection unique au monde, bien connue sous le nom de Vélins du Muséum, et dont le chiffre s’élève aujourd’hui à 7 ou 8000. On peutdire qu'aucun des artistes ayant contribué à ce grand œuvre n’a SUTpassé "M Nicolas Robert, et que bien peu l'ont égalé. Le chiffre des plantes peintes par lui est de 160.
Gaston mourut le 2 février 1660, à peine âgé de 52 ans, usé par les agitations stériles de toute sa vie. Les collections très variées qu'il avait réunies, furent presque aussitôt après transportées à Paris. Colbert acheta les Vélins au nom de Louis XIV, et fiten même temps venir Nicolas Robert pour les continuer; chaque Vélin = Jui était payé 100 livres, somme qui parut si élevée au peintre que, par reconnaissance, il refusa presque tous les autres travaux qui lui" furent oflerts. Quant aux plantes, les plus rares enrichirent le Jardin de Paris, et N. Marchant y devint directeur des cultures ; Les autres disparurent faute de soins. Les arbres seuls persistèrent, et parmi ceux-ci, les quatre Quercus Cerris qu’on y admirait au com= mencement du siècle, et dont un seul existait encore à l’époque où Lefrou rédigea son Catalogue. L'emplacement du Jardin de Gaston était occupé dans ces dernières années par un marchand de vins en gros, qui le tenait en location de la ville.
(1) Hortus regius Blesensis. Parisiis, typ. Ant. Vitré. 1653. 4°, 67 p. = Ed." gs: alt. cui accessit 500 plantarum nomenclatura. Parisiis, typ. Antonii. Vitré, 4655, Folio min. 106 p. | | .
(2) Præludia botanica Roberti Morison Scoti Aberdonensis. Hortus regius Blesensis auctus. Londini 1669 4 7
__ Plumier (1) dédia, dés 1703, un genre de Lauracées, sous le nom de Borbonia, à la mémoire «de Gaston d'Orléaus ; il résume à cette occasion tout ce que ce prince fit pour la botanique : « Serenissimus Princeps Gasto Borbonius, Regius sanguis, magnorumique Regum genus, Henriei magni filius, magnique Ludoviei patrecus, inter cæteras virtutes reglas tanto Botanices deiectabatur amore, ut apud Blesas et Parisios, Hesperideos hortos, plantas scilicet totius orbis A rariores immensis sumptibus transtulisset, quasve ne hyeme ab- Le sentes sibi abessent, peritissimi Pictoris, Nicol:i Roberti Blesensis È manu in membranas transferri, nativis nempe coloribus aa vivum À depingi amplis etiam sumptibus curabat. Miraris in tanto Principe tantum erga Botanicen amorem ? Mirare tot Principum totque magnatum tam raros apparere nantes in {tam vasto innocentium delielarium gurgite non animos obruente, sed oblectante. » : Linné, ayant reconnu plus tard que le Borbonia de Plumier ne. A pouvait être séparé du genre Laurus, créa (2) un nouveau Borbonia, aujourd'hui adopté par tous les botanistes, pour une curieuse Papilionacée du Cap de Bonne Espérance, dont on connaît environ 13 espèces. IL revint sur ce genre dans lHortus Cliffortianus p. 494, et précisa la dédicace qu'il en avait faite à Gaston d'Orléans, dans le magnifique langage qni lui était familier : « Genus, quod | . sub Borboniæ nomine cordidit Plumier, cum ad Lauros amandari É debet recipio nomen magni Principis Gastonis Borbonii, ad designandum sempervirens plantarum novum genus, ut sancta sit apud | omnes, qui rem Botanicam amant, tanti Herois, tanti Botanici, Bo- - tanicesque cultoris et promotoris immortalis memoria. »
Enfin, comme si le souvenir du due d'Orléans ne pouvait être
trop conservé parmi les botanistes, Commerson lui a dédié (3), sous le nom de Gastonia, un bel arbre de l'ile Bourbon, de la famille des Araliacées.
à Est-il un témoignage plus convaincant de la grande place tenue | dans la science, par le frère de Louis XIII, que cette consécration de sa mémoire par l'application de ses deux noms à deux genres de plantes ?
Brunyer (Abel) (4), issu d’une ancienne familie originaire des | Cévennes et du Dauphiné, naquit à Uzès (Gard), le 22 décembre 1573 : | il étudia la médecine à Montpellier et ses progrès rapides lé firent | distinguer par les maîtres de cette écsle. Il fut recu maître ès arts : — et bachelier en médecine en 1596, et, s’il ne prit pas le grade de 4 docteur, c’est qu’en sa qualité de protestant il était exclu des grades universitaires. Il montra bien du reste plus tard, comme le fait spiri- É tuellement observer son biographe, 3. de Pétigny, que : » si les « titres suppléent trop souvent au manque de science, la science « peut aussi quelquefois suppléer au manque de titres. » Après trois années consacrées à parcourir l'Espagne et l'Italie en visitant les universités et les hôpitaux, et à écouter les leçons des plus célèbres
(4) Nova plantarum americanarum Genera, p. 3, tab. 2.
RER bite generum plantarum, exhibens genera plantarum sexaginta, n° 971.
(3) Jussieu, Genera plantarum, p. 217.
. (4) Notice sur Abel Brunyer, médecin des enfants de Henri IV, par J. de Pétigny. (Mém. de la Soc, des sciences et des lettres de Blois, t. I, p. 381-506). J'ai emprunté à cette savante notice tout ce qui concerne Abel Brunyer,
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médecins, il rentra en France peu de temps après la promulgation de l’édit de Nantes, qui assurait aux protestants l’admission à toutes les dignités et emplois. Protégé par les seigneurs protestants de la cour de Henri IV, il obtint toute la confiance de ce prince, qui l’attacha au service de ses enfants et plus particulièrement à celui de Gaston, son second fils. En 1615, Brunyer fut nommé médecin ordinaire du roi Louis XIIF, et, un mois après, médecin de Gaston, duc d'Anjou, lorsqu'on eut à former la maison de ce prince.
Ce n’est point ici le lieu de suivre Brunyer, qui partagea toutes les vicissitudes de l'existence du prince auquel il était attaché ; il fut toujours son conseiller fidèle, et Gaston eut souvent à se repentir de n’avoir pas suivi ses sages avis.
C'est en 1656, époque à laquelle Gaston se retira définitivement à Blois, que Brunyer se manifeste comme botaniste ; il n’est pas douteux que Ja fondation du Jardin de Blois n’ait été faite sous son ins-
iration; il en eut de suite la direction, avec Jean Laugier et Nicolas archant, attachés comme aides. Ce n'est qu'en 1650 que Morison leur fut adjoint.
Dix-sept ans après la fondation du Jardin, Abel Brunyer donna sous le titre de Hortus regius Blesensis (1), un premier catalogue méthodique des plantes cultivées dans le Jardin de Gaston, au nombre de 1732. Les genres y sont rangés par ordre alphabétique, mais en même temps formés d'espèces groupées d’après des analogies tirées de diverses parties de la plante. En cela, il se montra l’heureux imitateur de Reneaulme, et l'on peut dire qu'il perfectionna sa méthode, non seulement en élaguant tout le fatras de mots grecs et de citations inopportunes, dont le médecin blésois avait surchargé son Specimen, mais encore et surtout en saisissant mieux les rapports et les différences de divers groupes de plantes que ne l’avait fait son devancier. Aussi peut-on dire avec J. de Pétigny : «Les prin- « cipes mis en pratique par Abel Brunyer et commentés par ses dis- « ciples, Marchant et Morison, furent adoptés par tous les savants « de l'Europe, firent oublier les méthodes défectueuses entre les- « quelles on avait hésité jusqu'alors et devinrent la base des tra- « yaux de Tournefort et de ceux de Linné. »
La publication de l'Hortus regius fut faite d’ailleurs sans aucune prétention scientifique. C'était pour l’auteur une simple liste destinée à provoquer des échanges, ainsi que le témoigne l’avis adressé aux curieux placé à la fin de l'ouvrage.
Il en donna, en 1655, une deuxième édition (2), augmentée de l’'énumération de 500 espèces ou variétés qui ne figuraient pas dans la première,
Après la mort de Gaston, Brunyer dut qnitter le Jardin de Blois, dont les dépouilles, ainsi que je l'ai dit précédemment, allèrent enrichir celui de Paris: mais il ne fut point séparé de Madame. La Veuve du duc d'Orléans se retira au Luxembourg, et Abel Brunyer conserva auprès d'elle son logement dans le palais. Il s’éteignit dans le calme d’une vieillesse exempte d’infirmités, à l’âge de 92 ans, le 14 juillet 1665. :
(4) Hortus regius Blesensis, Parisiis, typis Antonii Vitré. 4° 67 pag. (2) Hortus regius Blesensis. Ed. altera cui accrescit 500 plantarum nomenclatura. Parisiis, Typ, Ant. Vitré, 1655. Fol. min. 106 p.
Morison (Robert), né à Aberdeen (Ecosse), en 1620, se livra de bonne heure à l'étude de la médecine et de la botanique ; il em- | brassa la cause de Charles IL, et fut grièvement blessé à la tête dansun combat livré près d’Aberdeen. Lorsqu'il fut en état de reprendre les armes, les affaires du Roi était désespérées, et il dut passer en France, : & ainsi qu'un grand nombre de ses compatriotes. En 1648, il fut reçu
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docteur en médecine à Angers, et s’occupa dès lors presque exclusi- vement de botanique ; Vespasien Robin, avec qui il s'était lié, le re- commanda à Gaston d'Orléans, qui i’adjoignit à Brunyer dans la di- LEA rection du Jardin de Blois ; il occupa cette position jnsqu'àa la + . mort du prince. Durant ces dix années, 1l visita Ja Provence, le Languedoc, où il explora tout particulièrement les environs de Mont- pellier, le Poitou, la Bourgogne, la forêt de Fontainebleau, et rapne de ses voyages une grande quantité de plantes ou de graines. Peu de temps après la mort de Gaston, Charles II, qui était remonté sur le trône et n’avait point oublié Morison, le rappela en Angleterre ; le surintendant Fouquet, juste appréciateur de son mérite, lui faisait en même temps des offres très avantageuses pour le déterminer à rester en France. Mais l’amour de son pays et le bonheur qu'il ressentait à voir le triomphe de son Roi, l'emportérent, ” etil se décida à quitter la France. Charles IF lui fit d’ailleurs l’ac- … cueil le plus honorable ; il le nomma son premier médecin, surintendant de ses Jardins et professeur royal de botanique, aux appoin- < tements de 200 livres st. En 1669. il fut recu docteur à Oxford, et peu aprés professeur à l’université de cette ville. Sa réputation était alors à son apogée; mais il ne jouit pas longtemps de ses succès. En traversant une rue, il fut frappé par le timon d’une voiture et - mourut peu de jours après, le 40 novembre 1683. Morison avait publié, en 4669, une troisième édition de l’Hortus
regius Blesensis (1), augmentée de 260 plantes ; dans un appendice à ce catalogue, il consacre, à chacune des espèces nouvelles qu'il si gnale, une courte description, eu y ajoutant souvent le lieu d'ori-
» gine et quelques renseignements sur la découverte d2 la plante. ue Cet appendice, qui porte le titre de : « Plantarum in .horto regio
… Blesensi aucto contentarum nemini hucusque scriptarum : Brevis
et succincta delineatio» est un document trés précieux pour la Flore
blésoise. On y trouve en effet, mentionnées pour remière
fois, un certain nombre de plantes rares dont la station est indiquée
avec une grande précision ; telles sont, par exemple : Helianthe- : mum salicifolium, indiqué à la Chaussée-Saint-Victor, avec cette ; intéressante et juste remarque qu'il se trouve en abondance autour < de Poitiers ; Bartsia viscosa, dans les moissons à Chambord ; Lobelia urens, dans les champs de la Sologne ; Trifolium subterraneum, découvert à Chambord par le duc d'Orléans ; Medicago mi- nima, abondant aux rochers Saint-Viclor ; Valerianella Morisont, > dans les moissons à Chambord ; Vicia lathyroides, dans les prairies - avoisinant le château de Chambord.
… Dans une lettre qui termine l’Hortus regius Blesensis auclvs, et que Morison adresse à ses collègues du Jardin Royal de Blois, Abel Brunyer et Nicolas Marchant, il s’attribue une part dans a publication des deux premières éditions de l’Hortus regius. Il n’est
É 4) Præludia botanica Roberti Morison Scoti Aberdonensis. Hortus regius 2 Blesensis auctus, Londini 1669, 8°, 499 p. se 2
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pas impossible, en eflet, qu'il n'ait contribué à la rédaction de ce.
catalogue ; mais il n’en est pas moins vrai que Brunyer à dû avoir la direction da travail, puisqu'il est seul en titre et seul à signer l'avis aux curieux dans lequel il estdit : « Lorsque Monseigneur, oncle du Roy, duc d'Orléans, m'a commandé de faire imprimer te catalogue ». Ces mots m'a commandé indiquent que Brunyer était seul officiellement chargé du travaif.
L'Hortus regius Blesensis auctus n'a bien été du reste, comme Morison le dit dans le titre, que le prélude d’un ouvrage beaucoup plus considérable, dont une première partie parut en 1672, sous le titre de ; Plantarum Umbelliferarum distributio nova, et une deuxième partie en 1680, sous le titre de : Plantarum historiæ® universalis Oxonensis pars secunda. Ces deux livres intéressent à un haut degré la botanique blésoise, parce que l’auteur y signale comme type des espèces qu'il décrit, un nombre considérable de plantes récoltées par lui aux environs de Blois. Ainsi, dans la distribution des Ombelliféres, on peut citer : Sison Amomum, « in aggeribus fossarum circa Blesam » ; Helosciadium inundatum, « ad fluvii dicti Couson (intra septa regiæ Chambort) margines »; Bupleurum aristatum, « in collibus aridis cirea Blesas, prope Cellam eremitarum (les rochers de la Chaussée-Saint-Victor) » ; Bupleurum tenuissimum « in humidis circa Biesas » ; Tordilium maximum, « passim circa Blesas » ; Peucedanum Oreoselinum, « in silvis sabulosis intra septa regiæ Chambort » ; Peucedanum Chabræi, « in omnibus pratis humidis circumjacentibus Blesas » ; Valerianella coronala, « in agris frumentacels circa Blesas, circa pontem » ; Valerianella auriculu, « in collibus aridis quibus ædificatur cella eremitarum, juxta Blesas »; Thalictrum pubescens. « in collibus cirea Blesas ».
La deuxième partie de l'Histoire universelle des plantes présente encore plus d'intérêt pour la Flore de Loir-et- Cher ; Morison indique dans le voisinage de Blois un nombre relativement considérable de plantes qui, ainsi que celles que je viens de citer, se retrouvent toutes dans les localités citées, à l'exception de deux d’entre elles qu'on n’a pas encore su revoir. Voici la liste des plus intéressantes : Orobus niger, « crescit primo lapide à Blesensium capite in silvà cœduâ dicta la Coste de Chaïl »; Lupinus reticulatus, « inter sata circa Blesas, in plurimis locis » ; Hippocrepis comosa. « abundanter in collibus secus fluvium Ligerim prope Blesas » ; Ornithopus ebracteatus « abundanter provenit intra septa Regiæ Chambort octavo ab oppido Blesis lapide reperimus » ; Medicago orbicularis, « capiose et nus-
um abundantius quam secus viarum margines Circa Blesas » ; Me- : PA Gerardi, « frequenter in siccis lapidosis circa Eremitarum cellulam prope Blesas » ; Trigonella monspeliaca, « in siccioribus locis versus cellulam Eremitarum non longe Blesis distantem »,; Ononis Columnæ, «in collibus aridis circa Blesas, satis frequenter » ; Tetragonolobus siliquosus, « in pratis udis secus Ligerim passim »; Polentilla supina, « prope Blesas primo ab urbe lapide ad oram siivæ Blesensis, passim in margine stagni diet l'étang de Piseau » ; Diplotaxis viminea, cprovenit inter vineas cirea
Blesas . . . interrà sabulosâ et arenosi soloniensi »; Corydallrs. “solida, « nullibi frequentius nobis in Gallià occurrit quaw primo la=
pide a capite Blesensium in silvà cœdua dictà la Coste de Chaile, ubi copiose flore rubro apparet , perraro albo » ; Myagrum per oz liatum, nuilibt frequentius quam 1n satis inter Blesas et Beauge n-
ie » ; Neslia paniculata, « in agris cireumjacentibus Blesas ».
Asphodelus albus, « copiose observavimus in Orientaïi plagà silvæ
inter septa Chambort sitæ . .. et alibi in silvis illie vicinis » ; Gladio-
. lus illyricus, « in ericetis et neglectis inter septa Chambort sitis,
> vx quingentis passibus a dicto palato »:; ris fœtidissima, « inter
> dumeta prope Rlesas »: Galanthus nivalis, « in udis locis solummo- 4
- doet umbrosis sylvis prope Blesas et affatim in silvà de la Coste de |
Chaille » ; Scilla bifolia, « in silvà cœduà prope Blesasdictä la Coste é
de Chaille»; Gagea arvensis, « secus viam communem, quo itur
. ad sancti Dionysii 1llic pagum, secundo a Blesensium capite lapide »
ee. (1); Eritillaria Meleagris, « in silvis cœduis non procul à Castro
. dicto Chaumont » ; Phyteuma spicatum, « frequenter in silvis opa-
. cis secundo lapide a Blesensium urbe capitali reperimus » ; Hyperi-
- cum Elodes, « copiose in fluvio Cousson et in aliis stagnantibus pa-
- Judibus passim intra septa Chambort invenimus » Anarrhinum Belli- <
… difolium, « passim et affatim in sabulosis agri soloniensis . .. intra
- septa regiæ Chambort vidimus » ; Silene Otiles, « in sabulosis col-
… libus... nusquam abundantius quam . . . intra septa regiæ Cham-
- bort » (la plante n’a pas été revue depuis Morison) ; Lychnis Visca- . ria, « abundanter reperimus in silvà dictà la Forest de Roussy, se-
. cundo à Blesensium capite miliari trans flavium Ligerem. »
Le nombre des plantes indiquées aux environs de Blois eût été
… sans doute bien plus considérable, si Morison avait pu terminer son - Histoire universelle des plantes ; j'ai dit plus haut l'accident qui
> mit fin à ses jours. Jacques Bobart fut chargé de publier la dernière
… partie de ce grand ouvrage; elle comprend presque toutes les monopé- à
tales, tous les arbres: les plantes glumacées, les Fougères. Avec
Bobart, il n’est plus question de mentionner les plantes intéressantes
- des environs de Blois, ces plantes que Morison, sous l'impression tou-
jours vive de ses souvenirs, aimait tant à signaler avec un luxe de dé-
tails qu'il n’accordait à celles d’aucune autre région. Rs - Malgré cette lacune, l’ensemble des documents que nous a légués Morison concernant la Flore Blésoise est si considérable, qu'on doit l'en Æ re 2
- regarder comme le fondateur. D'autre part, en mettant de côté ce … quitouche plus particalièrement notre région, on peut dire que ses ou- - vrages, et surtout son Histoire universelle des Plantes, ont fait époque … dans la littérature botanique. Chez lui la notion du genre et de l’es- … pèce est nette ; il sent de plus la nécessité de SARA TRE les végétaux > par grands groupes, et c’est sous l'empire de cette idée qu'il a concu … Ja Famille, presque comme on la comprend de nos jours ; ses Plantæ mbelliferæ sont devenues les Ombellifères : les Legumina ont été : … transformés en Légumineuses ; les Siliquoseæ et les Silicutosæ ont cons- - titué les Crucifères et quelques familles aflines; les Hexapetala ont . formé les Liliacées, les lridées et les Amaryllidées, trois familles qu'on ouve déjà indiquées dans l'Histoire universelle. … C’est encore Morison qui paraît avoir le premier employé les tableaux dichotomiques pour arriver plus facilement à la connais- L 4) Ii est très digne de remarqu: que Morison n’a point signalé la Tu'ipe les vignes et les champs qui avoisinent Blois ; si cette plante avait exisét n temps, dans les loca ites où ele est au;ourd’hui si abon dante, elle ne lui certainement pas échappé. C’est done un: plante dont l'introduction autour ois est relativement récente. Morison en parle comme se trouvant dans les ennes, d’où l’un de ses amis, qu’il ne nomme pas, l’aurait introduite en Bel-
— XVI = Le
sance des espèces, quelquefois très nombreuses dans chaque genres énfin, pour qu'il ne puisse rester dans l'esprit aucun doute sur les läntes dont il parle, il les a presque toutes fait figurer. Aussi son
ivre est-il un des plus précieux monuments de la botanique au
xvire siècle.
Après la mort de Gaston, suivie de si près de la destruction des jardins de Blois, la botanique subit, dans notre région, une éclipse de près de deux siècles, et c'est à peine si l'on peut citer deux 0 trois botanistes, jusqu'à Lefrou, dont les recherches aient enrichi la flore de Loir-et-Cher. C’est ainsi que Guettard, médecin d’'Etampes et naturaliste d’une grande valeur, eut occasion, dans un voyage
u’il fit en Poitou, de visiter en passant la vallée de la Loire, plu sieurs localités de la Sologne et fit même quelques herborisations aux environs de Vendôme. Dans ses Observations sur les plantes, ouvrage publié eu 1747, il cite notamment un certain nombre d'espèces, parmi
lesquelles je remarque surtout : Astrocarpus sesamoides, dans les «
sables de la Sologne ; Ranunculus hederaceus, près de Saïint-Laurent-des-Eaux ; Lobelia urens, dans le Blésois et dans la Sologne (4); Campanula rotundifolia, autour de Rochambeau, près de Vendôme; il signale le Crucianella angustifohia comme abondant à Saint-Lau= rent-des-Eaux ; le Cynoglossum pictum, entre Blois et Saint-Dié, Isnardia palustris, à Saint-Laurert-des-Eaux, avec le Limosella
aquatiqua : le Galeopsis ochroleuca, à Vendôme ; le Scutellaria .
alericulata, sur les bords du Loir ; l’Althæa officinalis, à Rocham= eau, etc. | | C’est ici le lieu de parler d'un manuscrit souvent cité par Guettard ét par Duhamel, rédigé par Lambert de Cambrai, maître particulier des Eaux et Forêts de l’Orléanais, qui observa, vers 1725, les plantes des environs d'Orléans et poussa ses recherches d’une part, jusqu’à Vendôme, et, d'autre part, jusqu’à Ivoy, dans la Sologne. Ce manuscrit, que je regrette beaucoup de n'avoir pu consulter, appartient aujourd’hui à la bibliothèque de la ville d'Orléans, et donne, d’après
l'abbé Dubois, l’énumérat:on de 640 plantes, parmi lesquelles : Anchus@
sempervirens, à Rechambeau, près de Vendôme ; Symphytum tuberosum, aux environs de Blois ; Narthecium caliculatum, à Ivoy en Sologne ; il serait vraiment intéressant de retrouver ce dernier ; les deux premières espèces existent encore aux localités citées.
Je trouve aussi quelques plantes de Loir-et-Cher énumérées dans la Méthode éprouvée, de l’abbé Dubois, publiée en 1803, Cette Méthode éprouvée est un livre remarquable à plus d’un titre et, qui fut, au commeacement du siècle, un guide précieux pour toute uné géné= ration de botanistes, dans notre région. L'abbé Dubois était en rela= tion avec l'abbé Guyon, curé de Contres, qui lui envoya plusieurs plantes intéressantes de ses environs ; mais il paraît aussi que l'au= teur de la Méthode éprouvée explora lui-même la partie Est et Nord: Est de la Sologne, jusqu’à Romoraatin, où il sut découvrir quelques plantes intéressantes : je citerai surtout : Blechnum spicant à Trem=
: levif ; Aspidium spinulosum et A. Thelipteris, à Contres (Guyon)
(1) C’est même sur la plante de Sologne que Linné, Sp, pl. éd, 1, p. 931, sem=«
ble avoir établi l'espèce, car il cite en prem ère ligne, parmi les synonymes; le
Lobelia foliis oblongo-ovatis, etc., de Guettard ; il était du reste en relations Sui=
vies avec ce botaniste,
:% | KE SAS See MOQUE — . Triglochin palustre, à Contres (G1yon); Nepeta Cataria, aux environs de la Taille du Lieu, près Romorantin ; Scolymus maculatus, - sur le grand chemin qui conduit de Lanthenaÿ à Romorantin : Eri- . geron graveolens, dans la Cour du Lieu, près Romorantin ; Mala- . chium aquaticum, entre Vernou et Courmemin,
PE Dir
… Aucher(Pierre-Martin-Remi), né à Blois le 2 octobre 1793, et l’un . des plus célèbres botanistes-voyageurs de ce siècle, Il fit ses études . au collège de Blois, d’où il se rendit à Orléans pour y étudier la . pharmacie. On peut croire que ce qu’il estima surtout, dans la carrière qu’il se proposait d’embrasser, ce fut la botanique, car nous le trouvons à Paris, en 1812, absolument captivé par les leçons d’Anoine Laurent de Jussieu et de Desfontaines, leçons qui laissèrent ans son esprit d’ineffaçables traces. Aussi, dans les deux campaes qu'il fit, comme attaché au service des hôpitaux, l’une en 1813, l’armée d'Espagne, Pautre en 1815, à l’armée du Nord, sût-il trouver le temps de se former un herbier des plantes qu'il put se procu- * er sur son passage. F - Son mariage avec M'e Eloi, dont il joignit désormais le nom au sien, le détermina à changer de carrière; Aucher-Eloi abandonna
… dont il se proposait dès lors de faire la flore. Il ne parait malheureuement être rien resté de ses recherches, et, à l’exception d’un très . petit nombre de plantes de la vallée de la Loire, déposées dans l'herbier du Muséum de Paris, et de quelques autres qu'il avait communi- … quées à son ami, l’abbé Lefrou, toutes ses collections faites en Loir- et-Cher ont disparu.
. le succès qu'il espérait (1); en 1829, à la suite d’une crise indus- . trielle, il dut abandonner ses deux imprimeries, Dénué de ressources, - il partit pour la Russie et fit connaissance, à Saint-Pélersbourg, du - docteur Monin, qui devait lui-même, peu de temps après, venir se - fixer à Blois et étudier la botanique locale.
pas meilleure qu'à Paris. Bercé pendant quelque temps de l’espoir d'être attaché, au titre de botaniste, à la mission que le gouvernement russe envoyait tous les dix ans à Pékin, il fut évincé par une itiq ie soupçonneuse qui craignait de voir un Français initié aux Stères des relations commerciales Ge la Russie avec la Chine. C'est rs qu'il accepta les propositions de l’ambassadeur de Turquie à Saint. Pétersbourg, qui lui proposait de l’emmener à Constantinople pour fonder un journal Turc-Français et répandre dans le pays la connaissance de notre langue. |
… Là, de nouveaux déboires l’attendaient ; il fut vite convaincu que es promesses de l'ambassadeur ne se réaliseraient jamais.Il se tourna core une fois du côté de l'histoire naturelle et forma le vaste projet