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(1) Très lettré lui-même et fort versé dans tout ce qui concernait l’art de lim rimerie, Aucher-Eloi rêva la gloire des grands imprimeurs des siècles passés, Aldes er des Elzéviers. Avec des moyens d'2crion très limités, il sut produire s ouvrages d’uue exécution typographique vraiment remarquable,parmi lesquels utciter la Luciade, grec-français, traduction d'Aucher-Eloi, et une charmante ion de Daphnis et Chloé, également grec-français, traduction d'Amyot. EE. ES 7 -
Les entreprises commerciales d’Aucher-Eloi n’eurent pas, d’ailleurs,
La position d’Aucher-Eloi, dans la capitale de la Russie, ne fut
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de parcourir tout l'Orient, pour y faire des collections botaniques et… z00logiques . A Ce n’est pas ici le lieu de suivre Aucher dans toutes les péripéties" de son existence agitée. Le comte Jaubert a pubhié son Journal de Voyage et ungrand nombre deses lettres (1), dans lesquelles notre in=" fortuné compatriote a trouvé des accents si déchirants pour raconter ses douleurs physiques et morales, jusqu’au jour où dénué de res= sources, déçu dans toutes ses espérances, il vint mourir, le 6 octobre \ 1838, au couvent de Djulfa, près d’Ispahan, soutenu à ses derniers moments par l'amitié d’un vénérable prêtre, le R: P. Derdérian," préfet apostolique, et d’un médecin ‘qui lui avait prodigué les soins les plus empressés, le docteur Bertoni. À Les collections botaniques faites par Aucher-Eloi furent considé=« rables: le chiffre des espèces s'élevait à près de 4,000, et celui des échantillons à 30,000. Elles ontété partagées entre tous les grands herbiers d'Europe, et ont servi de base à la Flore d'Orient, de Boissier. ex Une ère de véritable prospérité s’ouvre pour la Flore de Loir-et=" Cher avec les botanistes, dont les noms vont suivre. Les recherches s'étendent sur presque tous les points du département ; la végétation « de la Sologne, à peinesoupconnée jusque-là, seulement esquissée dans la, Méthode éprouvée de l'abbé Dubois et dans les Notices d'Auguste de Saint-Hilaire, va prendre dans la Flore de France le rang que lui” mérite son cachet d'originalité ; le val du Cher, les environs de Blois, =“ la vallée de la Loire, la Beauce, les environs de Vendôme, le Perche, « deviennent l'objet d’explorations constantes, sans que l’on puisse dire que le sujet soit épuisé aujourd’hui. Grâce à l’abbé Lefron, quisut w concentrer toutes les données acquises, le département va enfin être doté d’un catalogue des plantes de Ja région, aussi complet qu'un pareil travail pouvait l'être à cette époque. cr.
Julien Lefrou naquit au Cercueïl, petite commune du département de l'Orne, le 9 avril 1771. Au sortir de l’époque agitée, durant laquelle s’écoula sa jeunesse, il embrassa l'état ecclésiastique. En 1809, il fut nommé desservant de Fontaines-en- Sologne ; mais, soit que son goût pour l'histoire naturelle ne fut pas encore complétez ment développé, soit pour toute autre cause, il né paraît pas avoir exploré avec beaucoup de soin cette riche localité, rarement citée dans son Catalogue. C’est à partir de 1820 seulement, époque à la" quelle il obtint la cure de Cour-Cheverny, que nous le voyons aecor= der tous ses loisirs à la botanique et aux soins que nécessitent la formation d’un herbier. Là, durant une période de quinze années, nON« content de parcourir tous les environs, une partie de la Sologne et plusieurs points du Perche et du Vendômois, il noua et entretint des relations avec un grand nombre de botanistes ; avec lesuns il échange des plantes ; il soumet aux autres ses difficultés de détermination Guépin, d'Angers, Lenormand et Delise, de Vire, vérifient ses plantes; Desvaux, à cette époque Directeur du Jardin botanique d'Angers Desportes, du Mans; Boreau, alors pharmacien à Nevers ; l'abbé Dænen ; le chanoine : Saint-Marce, etc, etc., enrichissent son herbièr de leurs plantes les plus intéressantes. En même temps, il se tient en
(1) Relations de voyage en Orient de 1830 à 1838 revues el amnotées par M, le comte Jaubert. Paris. 1843, 2 vol, 8°. Ni
À i er: LAS 2e ca É;, s 0 Et, e ne D PART Es ST RAT MRTENRELUT
tions constantes avec Aucher-Eloi et Naudin, de Blois; Diard, de Æe
it-Calais; Delaunay père et fils, de Vendôme; l’un d’eux rédigea 8
s tard le catalogue des plantes d’Indre-et-Loire: le docteur &
onin, récemment arrivé de ‘Saint-Pétersbourg; J. de Pétigny, qui 5
t membre de l'Institut; l'abbé Rimboux, curé .de Pruniers ;
enars, vétérinaire à Chambord ; Alonzo Péan et Charlot, de Saint-
ignan ; Séglain, jardinier à Vendôme; tous lui communiquérent à 4
nvi ies résultats de leurs recherches dans les localités qu'ils
n abitaient. à
Aussi, lorsqu’en 1836, le Congrès scientifique de France tint ses
- assises à Blois, Lefrou se trouva-t-il tout-à-fait en mesure de ré-
. pondre à cette question portée au programme : Les bons résultats
- obtenus des diverses communications faites aux Congrès de Caen, 2 - Poitiers et Douai, par les botanistes de ces diverses localités, font en.
- désirer qu'un catalogue des plantes propres à la province au milieu … de laquelle se tiendra le Congrès, soit publié dans les procès-
verbaux de ses réunions. Les botanistes de Blois sont invités à - apporter à la session de 1836 les éléments du travail demandé. C'est
- en son romet en celui de son ami, le docteur Marcellin Blanchet,
- médecin à Menars, et qui avait plus particuliérement exploré les en-
Ds de cette localité, que l’abbé Lefrou présenta le Catalogue des - plantes qui croissent spontanément ilans le département de Loir-
-cher, et qui y ont été recueillies jusqu'à ce jour, travail qui se » trouve inséré à la page 23 du volume consacré au Congrès seienti-
fique de France, quatrième session, tenue à Blois en septembre 1836.
L'idée de ce catalogue remontait du reste à plusieurs années.
- Dans le rapport de la séance publique tenue le 5 septembre 1835 (1) AA par la Société des Sciences et Lettres de Blois, rapport rédigé par LA . M. dela Saussaye, on trouve la mention suivante à l’article des ou- =
» yrages manuscrits reçus : |
. «M. l'abbé Lefrou, curé de Cour-Cheverny, nous a adressé des TE - notices biographiques sur tous les botanistes qui sont nés ou qui. 24 ont travaillé dans le département de Loir-et-Cher ; cette nomencla- se
e embrasse des noms illustres ; les Reneaulme, les Morrison, les 4 unier, ont jeté dans notre pays les fondements de leur réputation. a ourd'hui même il renferme des botanistes distingués, parmi les- =, ls M. l'abbé Lefrou occupe un rang honorable; nous en comptons KE” lusieurs dans nos rangs, et l’un d’eux (M. de Pétigny) est le desidant par alliance du célèbre Abel de Brunier. » A la suite de ces notices, M. Lefrou a placé un catalogue de toutes les plantes rares qui croissent dans le Blésois, en indiquant les lieux où il les a rencontrées. »
D'autre part, dans plusieurs de ses lettres, il entretint de ce Catae son ami, le docteur Blanchet. Mais il semble que lorsque le ment de le livrer à la publicité fut venu. l'abbé Lefrou se tit pris de scrupules ; il se montre hésitant, trouve des difficultés
e dans le choix d’un titre, et par-dessus tout il craint de bles- * ertaines susceptibilités, en paraissant s’attribuer, par le fait de la | daction du livre, ce qui n'était à ses yeux que le résultat d’un travail : n collaboration. Cette hésitation, pour de semblables motifs, fait 238
: est robable que la liste de plantes, dont il est question dans ce rapport, 50 à laquelle Lefrou fait allusion dans sa lettre au docteur Blanchet, en Fs Pi
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certainement grand honneur à la délicatesse de l'abbé Lefrou (1). Le Catalogue des plantes de Loir-et Cher, rreut être cité comme. un modèle, si l’on considère l’époque à laquelle 1. a été publié. Pour sa rédaction, Lefrou s’inspira sans doute du Botanicon gallicum, de
Duby ; mais ce qui demeure bien son œuvre, c'est le soin apporté à"
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la détermination des plantes ; c’est l'exactitude avec laquelle les localités sont indiquées, toutes les fois qu'il s’agit d’une plante rare: La partie cryptogamique, qui présentait des difficultés toutes partis
culières, a été revue par les hommes spéciaux, avec lesquels ilétait
“en relation ; Guépin d'Angers a vérifié les Mousses ; Lenormand et Delise, les Algues d’eau douce et les Lichens.
Lefrou avait d’ailleurs formé un herbier, qui devait être pour lui
un élément précieux de travail et qui, pouvant lui fournir de nom=«
breux éléments de comparaison, lui permettait sans doute de faire
seul la plupart de ses déterminations. A sa mort, Boreau s’en rendit acquéreur pour la modeste somme de 300 francs; il en donne la composition d’une façon succincte, mais qui permet néanmoins dé
(1) Une lettre écrite au docteur Blanchet, de Menars, ‘en date du 29 juillet 1836, et dont je dois la communication à M. Maury, montre bien toutes ses hésitations;
je ne crois pas inutile d’en citer ici des extraits, parce qu’on y trouve aussi des
détails intéressant la Flore : « Vous avez reçu le programme de la session du Con:rès scientifique de France... D'après cela, M. de la Saussiye mwa dit,
y a quelque temps, qu’il nous engageait à faire la liste des plantes trouvées dans
notre département. Si vous ne pouvez, à cause de vos occupations, où que vous ne vouliez pas prendre la peine de former cette liste. je m’en chargerai, quoique je fusse bien aise de m’en exempter. Une des choses qui m’embarrassent le plus, relativement à cette liste, C’est le titre à lui donner. Dans la liste des plantes intéressantes qui croissent dans notre département, et que nous fimes présenter à la séance du 13 mars 1835, de la Société littéraire et scientifique de Blois, nous citions à l’article de chaque plante le nom de celui qui Pavait décou= verte, et par là nous rapportions à Chacun ce qui lui était dù, Maïs ceci me
ourrait pas se pratiquer dans la liste en question; ces répétitions de noms-de Rio ne conviendraient plus, outre qu’elles prolongeraient trop | a notice qu'on demande. Mais pour ne blesser personne etrendre à chacun la part qui lui est dûe, comment faire ? Si l’on necitait personne nominativement, n’échapperait-on pas aux inconvénients que Je prévois ? Le titre rédigé ainsi: « Liste des plantes obser= vées jusqu'au 1° septembre 1836, dans le département d: Loir-et-Cher, par MM. les botanistes vivants qui ont demeuré, ou demeurent encore dans le même département, » ne serait-il pas celui qu’il faut adopter pour ne blesser l’amour= propre de qui que ce soit? Qu’en pensez-vous ? Réfléchissez-y, je vous prie, et marquez-moi le jugement que vous en portez: si vous trouvez un titre encore plus convenable que celui-ci, envoyez-le moi. Si je fais cette liste, je n’y appo= serai ni mon nom, ni ma signature. Je voudrais, si cela se pouvait, ne déplaire à personne. Je sais que cela n’est pas donné aux mortels ; mais au moins quand on a l'ait tout son possible, il faut se résigner à ne pas s’affecter des propos qui peuvent suivre, Faites bien, faites mal, vous aurez toujours des censeurs, »
Et plus loin:
« Vous savez sans doute que le docteur Monin se donne rarement la peines d’herboriser dans le parc de Chambord; c’est Menars, vétérinaire à Chambord,
mon ancien paroissien, qui lui porte les plantes du parc et des environs. J'ai vu
ce Menars plusieurs fois depuis peu; il n° connaît aucune plante par son véri-"
table nom, inais c’est un homme précieux pour les localités ; je l’ai. rencontré avant-hier dans une de mes tournées ; il m’1pportera des plantes dimancheeët diînera avec moi. Il a trouvé le Büpleurum aristatum à Villeneuve en-H risseau, où il est plus grand et par conséquent plus beau qu’au coteau Saint-Victors l’Hippuris vul,aris, près du parc de Chanibord ; le Rumex scutatus, en Vineul,
aux Roches et à Villeoiseau ; le Scute laria hastifolia, dans le pare de Cham bord ; le Sck.ænus albus, dans la même localité ; l’Epipactis latifolia, tout près
du cnâteau de Chambord; lOnonis natrix, à Saumery ; lOphioglossum vul= gatum, près la fontaine Carohine à Chambord, et derrière 1 nioulim de RBignons: en Cour ; Gludiolus communis, dans les bruyères de Chambord, entre les pamiE« lons de Muiles et de Thoury..,. J'ai vu des échantillons du Bupleurum:‘u Schæœnus albus, du Gladiolus, du Rumex scutatus, du Scutellaria, d'Onomis; d’'Epipactis, d'Ophioglossum, cueillis par lui; aussi je suis sûr de ces plantes, » = de à
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- se faire une idée de son imaortance : « Son herbier contenait, outre - Ja flore de Loir-et-Cher, des plantes de plusieurs parties de la France envoyées par MM. Honorat de Digne, Lenormand, Daenen, Mn Cau- - vin, etc. : une belle collection de plantes de Russie rapportée par - M, Monin; la collection recueillie aux Canaries par Despréaux ; quel- - ques centuries de l'Unio, d’Esslingen. (Boreau, F1. du Céntre, éd. 1, tome 1, p. 34. Cet herbier fait maintenant partie des collections du Jardin des plantes d'Angers.
La santé de l'abbé Lefrou déclina rapidement après la publication … de son Catalogue. En 1838, il ressentit une première attaque de pa- - ralysie qui le contraignit à quitter sa chère paroisse de Cour-Chexerny, Où il laissa des souvenirs de bonté et de simplicité, encore - vivaces 40 ans après ; il se retira à Bloïs, où de nouvelles attaques le - privérent presque complétement de ses facultés, et mourut le 6 juin - 1840, âgé de 69 ans.
- Blanchet (Marcellin), collaborateur de l’abbé, Lefrou, naquit en
- Ja médecine à Blois, où 11 fat nommé médecin de l'Hôtel -Dieu. (est … vers cette époque qu'il se lia avec Lefrou, par l'intermédiaire d’un autre Blanchet, son oncle, médecin à Cour-Cheverny. - En 1835, il fut appelé à Menars par le prince de Chimay, qui - venait d'y fonder le Prytanée, et, tout en enseignant l’histoire naturelle dans cet établissement, il exerca la médecine dans le pays. Il ne négligea, dans ses courses nombreuses, aucune occasion de c poor la flore des environs, et sut découvrir un certain nombre de plantes intéressantes, citées dans le Catalogue présenté au Congrès scientifique de France par l'abbé Lefrou, en son nom et au . sien ; Boreau en signale quelques unes qu'on n’y voit pas mention- . nées, entre autres : Polygala Lejeunii.
- Après le départ de l'abbé Lefrou, obligé par l’état de sa santé de - quitter sa cure de Cour-Cheverny en 1838, le docteur Blanchet cessa . presque toute correspondance botanique : il herborisa pour lui seul, et c’est à grande peine que Boreau put obtenir de lui quelques renseignements sur la vie de Lefrou, sur ses livres et sur l’état des collections qu'il laissait.
- Il existe, à la bibliothèque de Blois, un fascicule formé de cent . plantes environ, et que la tradition attribuait à Lefrou; une lettre de - ce dernier, en date du 5 novembre 1835, et dont j'ai eu communication également par M. Maury, établit clairement que ce fascicule de plantes sèches est dû au docteur Blanchet : « Vous avez été trop aimable, mon cher docteur, en remettant à M. de la Saussaye, en mon nom comme au vôtre, pour la bibliothèque de la ville de Blois, “un premier volume de plantes sèches. auquel je n’ai nullement participé. Vous sentez que je ne puis accepter l’honneur de la communanté que vous avez la bonté de me proposer, si je ne contribue pas un peu aux charges “cela ne serait pas juste : qui sentit commodum bet sentire incommodum. .... Mais, s’il vous est agréable, ainsi la M. de la Saussaye, je me chargerai volontiers de fournir tout ce je pourrai pour le deuxième volume qui, d'après votre observa- . commencera avec les Linées. Vous aurez la bonté de suppléer jui manque, comme je m’oblige de mon côté à vous fournir les ntillons que vous n’auriez pas, et dont je pourrai disposer pour : olames dont vous serez chargé, comme 1l en a déjà été question entre nous, dans votre cabinet.
A 2 + + FAT u
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- mai 4799, à Chaumont-sur-Tharonne (Loir-et-Cher); il exerça d’abord