‹ Flore de Lorraine (volume 2)Chapitre 41 sur 79 · VERBASCUM L · texte numérisé non relu

VERBASCUM L

Corolle rotacée, à 5 lobes ; 5 étamines; anthères s’ouvrant par une fente longitudinale. Capsule ovoiïde ou globuleuse, s’ouvrant au sommet en 2 valves, divisée en 2 loges par une double cloison ; graines oblongues, sillonnées, tuberculeuses. — Plantes plus ou moins couvertes d’un tomentum formé de poils mous, articulés, rameux. Les différentes espèces de ce genre se fécondent facilement les unes les autres et donnent souvent naissance à des hybrides, ce qui en rend l'étude assez. difficile.

* Fleurs fasciculées; capsule ovoide.

… à Filets des deux étamines inférieures non colonneux.

V. SCHRADERI Mey. Chlor. Hanov. p. 326; Hol. 499; Y. crassifolium Dois. 2141 — Fleurs fasciculées, disposées en épi serré presque en massue; pédicelles presque nuls au moment de la floraison, trois fois plus courts que le calice au moment de la fructification ; calice à lobes lancéolés-acuminés ; corolle petite, concave, à lobes obovés, dressés-élalés et d'un tiers plus longs que le calice ; les deux étamines inférieures glabres ou presque glabres, à filets quatre fois plus longs que leurs anthères ; les 3 étamines courtes munies sur leurs filets d’une laine blanche ; anthères égales ; celles des étamines inférieures insérées obliquement. Feuilles un peu épaisses, fortement cotonneuses sur les deux faces, pourvues sur les bords de crénelures superficielles et presque cachées par le tomentum ; les feuilles inférieures oblongues-ellip-

VERBASCÉES. 157 tiques, atténuées en pétiole; les caulinaires moyennes et supérieures lancéolées aiguës, dressées, décurrentes sur la tige jusqu’à l'insertion de la feuille immédiatement inférieure. Tige roidedressée, simple, arrondie, mais ailée.— Plante d'un vert jaunâtre, toute couverte d’un tomentum épais ; fleurs jaunes.

Com. dans les lieux incultes, mais surtout dans les bois taillis. ©. Juillet-août.

V.CUSPIDATUM Schrad. Monog. p. 25, 1. 1,f.1. — Cette plante est un hybride de la précédente et de la suivante, au milieu desquelles elle croît. Elle se distingue du V. Schraderi à sa corolle rotacée, une ou deux fois plus longue que le calice, à ses anthères inférieures plus allongées une fois plus courtes que leurs filets et insérées latéralement; du V. Thapsus à ses feuilles faiblement crénelées, plus fortement cotonneuses, plus petites, dressées, moins rapprochées et moins largement décurrentes ; à sa taille plus petite, à son port qui rappelle celui du V. Schraderi; enfin de toutes les deux par ses feuilles supérieures longuement et brusquement acuminées ; par son épi lâche, interrompu.

Rare ; bois de Malzéville près de Nancy. ©, Juillet-aont.

V. THAPSUS L. Suec. p.69; Willm. Phyt. 211; Soy.-WVili. Cat.; Dois. 215; Hol. 498. — Fleurs fasciculées, disposées en épi serré très-allongé; pédicelles presque nuls au moment de la floraison, trois fois plus courts que le calice au moment de la fructilication ; calice à lobes lancéolés-acuminés ; corolle grande, rotacée, à lobes largement obovés, très-étalés, une ou deux fois plus longs que le calice ; les 2 étamines inférieures glabres ou presque glabres, à filets une fois plus longs que leurs anthères ; les trois étamines courtes munies sur leurs filets d’une laine blanche; anthères inégales; celles des étamines inférieures plus allongées, insérées obliquement. Capsule ovoïde. Feuilles un peu épaisses, très-rapprochées, étalées horizontalement, cotonneuses sur les deux faces, mais plus vertes que dans les deux espèces précédentes, fortement crénelées sur les bords; les inférieures très-grandes, oblongues elliptiques, mucronulées, atténuées en pétiole; les caulinaires moyennes et supérieures lancéolées-acuminées, largement décurrentes sur la tige jusqu’à l'insertion de la feuille immédiatement inférieure. Tige forte, roide-dreséée, simple ou ramcuse au sommet, arrondie, mais fortement ailée. — Plante beaucoup plus robuste et beaucoup plus grande dans toutes ses parties que le V. Schraderi ; fleurs jaunes.

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Dans les mêmes lieux que le #. Schraderi. ©. Juillet-acût.

V.PEHLOMOIDES Æoch Deutsch. FL. 2, p.207; Willm. Phyt. 224; Hol. 499. — Voisin du précédent, il s'en distingue par son épi lâche interrompu ; par ses bractées plus grandes et plus longuement acuminées ; par ses feuilles plus vertes, plus écartées, dressées; les radicales fortement et doublement crénelées ; les caulinaires sessiles non décurrentes ( V. phlomoides L. Sp. 255) ou demi-décurrentes (V. australe Schrad. ).

Tiès-rare; Nancy (Belle-Fontaine : Suard ); Sarrebourg : de Baudot; Bitche : $chultz. ©. Juillet-acût. ù

8 Tous les filets des élamines munis d'une laine blanche.

V.RAMIGERUM Schrad. Monog. p. 54, t. 4; Hol. 499. — Fleurs fasciculées, disposées au sommet de la tige et des rameaux en épis interrompus ; pédicelles plus longs que le calice même au moment de la floraison ; calice à lobes lancéolés-acuminés ; corolle grande, à lobes obovés, étalés, une ou deux fois plus longs que le calice; les deux étamines inférieures à filets fortement laïneux vers leur milieu, mais glabres à la base et au sommet, à anthères insérées obliquement. Feuilles tomenteuses-blanchätres surtout inférieurement, crénelées, brièvement décurrentes ou demi décurrentes. Tige robuste, roide-dressée, simple ou rameuse, anguleuse au sommet. — Cette plante tient à la fois du V. Thapsus et du F. Lychnitis, dont elle n’est peut-être qu’un hybride; elle se rapproche du premier par sa taille et par ses grandes fleurs jäus ” nes et du second par son aspect blanchâtre et par ses feuilles.

Rare; Bitche: Schultz. ©. Juillet-août.

V.FLOCCOSUM Waldst. et Kit. PI. rar. Hung. 1, p. 84; -. t. 11; Hol. 500. — Fleurs fasciculées, disposées au sommet de la tige et sur les rameaux en épis interrompus ; pédicelles aussi longs que le calice au moment de la floraison, mais cachés dans un duvet laineux ; calice petit, à lobes étroitement lancéolés aigus, glabres au sommet ; corolle à lobes obovés étalés, trois fois plus longue que le calice, et égalant presque en longueur celle du Y. Lychnitis ; tous les filets des étamines laineux; toutes les anthères insérées transversalement. Feuilles veinées en réseau, blanchâtres et mollement tomenteuses avant la floraison ; les radicales oblongues elliptiques, aiguës ou presque aiguës, faiblement crénelées, atténuées en un court pétiole ; les caulinaires foutes sessiles, nou

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décurrenles, presque entières sur les bords ; les supérieures ovales-arrondies, embrassantes, longuement et étroitement acuminées. Tige dressée, arrondie, souvent très-ramcuse au sommet; rameaux grêles, arrondis, très-élalés. — Se distingue en outre de tous les Verbascum au duvet blanc mou et épais qui d’abord couvre toute la plante, puis se réunit en flocons et tombe ; fleurs jaunes; calices plus petits et pédicelles plus grêles que dans l’espèce suivante.

Lieux secs et sablonneux. Metz (fortifications de la citadelle, le

Sablon, chemin d’Augny : Holandre). ©. Juillet-août,

V. LYCHNITIS L. Sp. 255; Willm. Phyt. 222; Soy.- Will. Cat.; Dois. 216; Hol. 501. — Fleurs fasciculées, disposées au sommet de la tige et sur les rameaux en épis nombreux interrompus et formant parleur réunion une grappe pyramidale ; pédicelles une fois plus longs que le calice au moment de la floraison, jamais cachés dans un duvet laineux ; calices à lobes étroitement lancéolés aigus; corolle à lobes obovés, étalés, deux ou trois fois plus longs que le calice; tous les filets des étamines laineux; toutes les anthères insérées {ransversalement. Feuilles veinées en réseau, vertes et un peu velues en dessus, grisâätres et tomenteuses en dessous ; les radicales pétiolées, oblongues-elliptiques, aignës ou obtusiuscules , fortement et doublement crénelées; les caulinaires inférieures péliolées; les supérieures sessiles, non décurrentes, lancéolées-acuminées, nullement embrassantes. Tige roidedressée, arrondie à la base, fortement sillonnée anguleuse dans le haut, rameuse au sommet ; rameaux courts, anguleuæ, étalés-dressés. — Plante d’un vert grisâtre, d’un aspect poudreux, munie d'un tomentum étoilé plus court que dans toutes les espèces précédentes; fleurs jaunes, ou blanches (Ÿ. album Moœnch. Meth. p. 447; V. Leucanthemum Léon Dufour ! ).

Com. sur les collines du cale. jur.; Nancy (Malzeville, Champigneules, Vandœuvre, etc.), Toul, Pont-à-Mousson; Metz ( Ancysar-Moselle, Rosérieulles, Ars, les Genivaux, Clouance : Holandre); Verdun, Commerey ; Neufchâteau. Sur le muschelkalk et sur le grès à Sarrebourg : de Baudot ; Bitche : Schultz; Saint-Dié, Schirmeck : Mougeot; Rambervillers : Billot. ©. Juillet-août,

7 Tous les filets des étamines munis d'une laine violette.

V. NIGRUM L. Sp. 255; Willm. Phyt. 225; Soy.- Will. Cat.; Dois. 214; Hol, 501. — Fleurs fasciculées, disposées au

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sommet de la tige en un long épi interrompu ; pédicelles trèsgrêles, une fois plus longs que le calice au moment de la floraison ; calice petit, à lobes étroitement linéaires aigus; corolle à lobes obovés, étalés, deux fois plus longs que le calice; tous les filets des étamines laineux, toutes les anthères insérées transversalement. Feuilles d’un vert sombre et un peu velues en dessus, brièvement tomenteuses en dessous et quelquefois très-fortement (V. alopecurus Thuill. FL. par. p. 110; Dois. 215 }; les radicales longuement pétiolées, lancéolées, le plus souvent creusées en cœur à la base, doublement et fortement crénelées; les caulinaires supérieures seules sessiles, arrondies à la base, acuminées. Tige dressée, arrondie à la base, sillonnée-anguleuse au sommet, simple. — Plante d'un vert sombre, un peu tomenteuse; fleurs jaunes, assez pelites.

Côm. dans les bois montagneux. @. Juillet-août.

** Fleurs non fasciculées; capsule globuleuse.

V.BLATTARIA L. Sp. 254; Willm. Phyt. 223; Hol. 502. — Fleurs non fasciculées, disposées en une grappe terminale simple, lâche, allongée, pourvue de poils glanduleux ; pédicelles grêles, solitaires, étalés, une fois plus longs que les bractées; calice àlobes linéaires-aigus; corolle grande, munie vers le fond de poils purpurins, divisée en lobes étalés et deux ou trois fois plus longs que le calice; tous les filets des étamines laineux; les anthères des étamines longues insérées latéralement. Feuilles glabres, luisantes, inégalement et profondément dentées; les radicales oblongues, sinuées-dentées, atténuées en un court pétiole; les caulinaires moyennes et supérieures sessiles, demi-embrassantes. Tige roidedressée, faiblement anguleuse au sommet, simple ou rameuse. — Fleurs jaunes.

Peu com.; bords des routes. Nancy (Tomblaine, Amance : Suard); Sarrebourg ( bords de l’étang du Stock : de Baudot). Metz (Queuleu, Magny : Holandre; Briey : Tatllefert; Homboure-Haut : Reserchon). Commercy (Vignot : Maujean). Neufchâteau, Gire- . court : Hougeot; entre Epinal et Bruyères : de Baudot. ©. Juinjuillet.

M. Kirschléger indique dans les Vosges les Ÿ, montanum, schottianum et mixtum; je n’ai pas vu d'échantillons authentiques.

PERSONÉES, 141 PERSONEES.

Calice persistant, quinquefide ou quinquepartite ; corolle caduque, irrégulière, tubuleuse, à 4-5 lobes ordinairement disposés en deux lèvres, à estivation imbricative; quatre étamines didynames; anthères jamais mucronées à la base; un style; stigmate simple ou bilobé. Ovaire libre, à 2 loges polyspermes ; le fruit est une capsule ovoïde ou globuleuse, s’ouvrant en deux valves entières ou bi-trifides, mais toujours parallèles à la cloison; plus rarement la capsule s'ouvre au sommet par des pores ; placentas centraux, fixés sur le milieu de la cloison. — Feuilles alternes ou opposées.

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