‹ Flore de LorraineChapitre 182 sur 508 · POTENTILLA Z · texte numérisé non relu

POTENTILLA Z

Calice à 5, rarement à 4 divisions, muni d’un calicule. Pétales 5, rarement 4, orbiculaires ou en cœur renversé. Etamines “vingt ou plus. Styles latéraux, courts, cadues. Carpelles secs, nombreux, disposés en tête sur un réceptacle convexe, non charnu. Graine pendante ; radicule supère.

1. P. fragariastrum £hrh. Herb. 116; P. Fragaria DC. FI. fr. Lh, p. 468; P. splendens Dois. Fl. Meuse. p. 477 (non Ram.) ; Fragaria sterilis L. Sp. 709. (Potentille Fraisier. — Fleurs blanches. Calice à divisions uniformément vertes, acuminées, dressées à la maturité, plus grandes que celles du calicule. Pétales 9, échancrés en cœur au sommet, ordinairement plus longs que le calice. Carpelles mûrs finement ridés, assez gros, ovales, longuement velus à l'ombilic ; : réceptacle très-velu. Feuilles radicales trifoliolées, à folioles presque sessiles ; les latérales ovales ; la moyenne obovée- -en-coin ; toutes munies de larges dents dans leur moitié supérieure ; la dent terminale “très-courte et trèsétroite; une ou deux feuilles culinaires trifoliolées ; stipules lancéolées, acuminées, enticres, membraneuses. Tiges grèles, biflores, couchées ou ascendantes, plus longues que les feuilles radicales au moment de la flor aison, naissant à l’aisselle des feuilles de la rosette ; axe indéterminé. Souche épaisse, munie de stolons souvent très-allongés. — Plante très-velue ; à feuilles soyeuses-argentées en dessous, les radicales formant gazon.

Commun; bois montagneux, dans tous les terrains. %. Avril-mai.

2, P. micrantha DC. FI. fr. 4, p. 168. (Potentille à à petites fleurs. — Se distingue de l’espèce précédente par les caracteres suivants : divisions du calice pourvues intérieurement à leur base d’une tache purpurine, égalant ou dépassant à peine le calicule ; pétales obovés, entiers ou superficiellement émarginés, plus courts que le calice; carpelles plus petits, plus étroitement imbriqués, formant un capitule moins gros ; feuilles radicales à trois folioles pétiolulées et pourvues de dents plus fines, plus aiguës, plus nombreuses ; la dent supérieure un peu plus courte, mais aussi large que les voisines ; une feuille caulinaire wn1foliolée ; stipules brunes, une fois plus larges, ovales, acuminées ; tiges grèles, plus courtes que les feuilles radicales au moment de la floraison; stolons nuls. — Plante d’un vert plus sombre.

Hautes Vosges, principalement sur le versant oriental, surtout dans les vallées de Munster, de Guebwiller, de Saint- Amarin, etc. Vallée de la Moselotte jusqu'à Vagney (Gauvain). 2%. Avril-mai.

3. P. Tormentilla Ssbéh. Oxon. p. 162 ; Tormenlilla erecla L. Sp. T16. (Potentille Tormentille.) — Fleurs jaunes. Calice à divisions lanccolées, plus larges que celles du calicule. Pétales ordinairement 4, quelquefois 5 ou 3, en cœur renversé, munis à l’onglet d’une tache safranée, plus lougs que le calice. Carpelles mürs lisses, ovales, glabres ; réceptable très-velu. Feuilles radicales pétiolées, détruites au moment de la floraison ; les caulinaires toutes sessiles : trifoliolées, oblongues, en coin à la base, pourvues dans leur moitié supérieure de dents profondes et aiguës ; stipules tri-quinquéfides, imitant deux folioles. Tiges grèles, couchées ou ascendantes, plus ou moins rameuses, trèsfeuillées, naissant à l’aisselle des feuilles de la rosette ; axe indéterminé. Souche épaisse, ligneuse, brune. — Plante un peu velue ; à feuilles vertes, plus pâles en dessous ; à pédoncules gréles, axillaires ; à fleurs petites.

Commun ; bois, tourbières, prairies montagneuses, dans tous les terrains. %. Juin-juillet.

L. P. argentea L. Sp. 712. (Potentille argentée.) — Fleurs jaunes. Calice à divisions lancéolées, plus larges que celles du calicule, Pétales 5, obovés-en-coin, à peine émarginés, aussi longs et plus longs que le calice, Carpelles

mürs finement ridés, ovales, glabres; réceptacle très-velu. Feuilles radicales et caulinaires inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, palmatiséquées, à cinq folioles oblongnes, longuement eunéiformes, étroites et entières à la base, profondément incisées en lanières étroites, quelquefois un peu dentées, réfléchies sur les bords; stipules brièvement adhérentes au pétiole, longuement acuminées, entières ou bi-tridentées. Tiges étalées en cercle, ascendantes, feuilltes, naissant du bourgeon terminal ; axe déterminé. Souche dure, fibreuse. — Plante tomenteuse ; à feuilles ordinairement blanches en dessous et quelquefois mème en dessus (P, argentea 6 tmpolita Rchb. F1. exc. 594) ; à fleurs disposées en corymbe.

Lieux sablonneux ; ne paraît pas dépasser 600° d'altitude. Rare sur le calcaire jurassique ; Nancy, à la Croix-Gagnée. %. Juin-juillet.

5. P. collina Wib. Werth. 267. (Potentille des collines). — Très-voisin du précédent dont il n’est probablement qu'une variété ; il en diffère par ses axes primaires floriferes étalés en cercle autour des pousses stériles poilues tomenteuses ; par ses feuilles à bords plans ; par sa panicule dif- [use.

Très-rare, Grèves de la Moselle à Epinal (Berher). 2%. Juinjuillet.

6. P. inclinata Vill. Dauph. 3. p. 567, t. 45. P. canescens. Bess. galic. 1, p. 330. (Potentille inclinée.) — Très voisin aussi du P. argenta dont il diffère par ses tiges généralement dressées, mollement poilues et tomenteuses ainsi que les pétioles à poils étalés ; feuilles à bords généralement plans, chargées sur les deux faces d’un duvet gris, très-mou, entremélé de poils longs et soyeux.

Très-rare. Epinal (Berher) ; Neufchâteau sur un mur (Briard) ; Nancy, bords du canal de la Marne au Rhin, au Pont Fleury (P. Maillot). %. Juin-juillet.

Nora. Les P. collina et inclinata qui ne sont pas très-rares en Alsace, ont été signalés depuis peu de temps en Lorraine. Leur extrème rareté, la nature de leurs stations semblent indiquer une introduction récente et qui n’est peut-être pas définitive.

Page 1