‹ Flore de LorraineChapitre 209 sur 508 · EPILOBIUM L · texte numérisé non relu

EPILOBIUM L

Calice à tube prolonge au-delà de l'ovaire et se séparant au-dessus de lui après la floraison. Pétales 4. Etamines huit. Capsule linéaire-tétragone, s’ouvrant en 4 valves. Graines couronnées par une aïgrette.

Sec. 1. LyszmACHION DC. Prod, 3, p. 41. — Fleurs régulières, infundibuliformes ; pétales bilobés ; étamines et styles dressés.

1. E. alpinum L. Sp. 495 (non L. F1. suec.) Epilobe des Alpes.) — Fleurs penchées avant la floraison. Stigmate entier, en massue. Graines très-petites, lisses ou presque lisses, oblongnes, atténuées à la base, 3 fois plus longues que larges. Feuilles toutes pétiolées, minces, d’un vert pâle, elliptiques, obtuses, ntténuées à la base, entières ou à peine sinuées ; les inférieures plus petites. Tige arrondie, couchée et rampante à la base, puis dressée, très-simple, présentant deux lignes saillantes et pubescentes qui naissent des pétioles ; stolons flagelliformes, portant de petites feuilles obovées, écartées, mais pas de bourgeon charnu au sommet, Souche filiforme, rampante. — Remarquable par sa petite taille, par ses fleurs petites et peu nombreuses et par ses capsules glabres, plus rarement velues.

Escarpements des hautes Vosges : Hohneck,Rotabac(Mougeot) 2%. Juillet-août.

Obs. Je dois répéter ici, ce que j'ai déjà fait observer dans la

Flore de France, que l'E. alpinum Fries (Nov. Mant. alt. p. 20, et Summa Scandinav. p. 176 et 177 et Herb. norm. fasc. VIII. n° 44 !) est une espèce distincte de celle de France et de Suisse. Car la plante du célèbre professeur d’Upsal a ses graines fortement ponctuées et porte à la base de ses tiges, au lieu de stolons filiformes, des rosettes sessiles de feuilles fasciculées, analogues à celles de l’Æ. tetragonum. Elle croit en Laponie; c’est de l'E. Hornemanni Rchb. (Icon cent. 2, tab. 180). Linné a, du reste, confondu les deux plantes dans le Species plantarum.

2. E. palustre L. Sp. 495 (Epilobe des marais.) — Fleurs penchées au moment de la floraison. Stigmate entier, en massue. Graines lisses ou presque lisses, linéairesoblongues, atténuées à la base, 5-6 fois plus longues que larges. Feuilles linéaires-lai.céolées, obtusiuscules, en coin à la base, d'un vert opaque, ordinairement entières sur les bords ; les feuilles moyennes sessiles. Tige arrondie, rampante à la base, puis dressée, présentant souvent 2-4 liznes non-saillantes mais uniquement formées de poils ; stolons filiformes, allongés, portant de petites feuilles écartées et poussant en automne à son sommet un gros bourgeon à écailles charnues. — Pl:nte pubescente ; à fleurs petites, purpurines ; à capsules blanches, velues. On trouve quelquefois cette plante à feuilles verticillées.

a Genuinum Nob. Feuilles presque glabres ; tige simple, pauciflore.

6 Majus Fries, Mant. alt. 22. Feuilles pubescentes ; tige très-rameuse, beaucoup plus élevée, multiflore.

Commun dans les prairies tourbeuses de la chaîne des Vosges.

Plus rare dans la plaine. La var, 6 rare; Nancy, à Montaigu. 2%. Juillet-août.

E. obscuro-palustre.— Région montagneuse (Xirschléger).

3. E. obscurum Schreb. Spic. F1. lips. p. 147; E, virgatum Fries, Nov. 115 (ex parte) et Herb. norm. fasc. 2, n° 16! (non Fries, Summ. Scand. p. 177, nec Herb. norm. fasc. 10, n° 46) ; Godr. FI. lorr.. éd. 1,t.1, p. 233; E. ambiquum Fries! Summ. Scand. p. 177. (Epilobe obscur). — Fleurs dressées avant la floraison. Stigmate entier, en massue. Graines très-petites, obovées, atténuées à la base, papilleuses, trois fois plus longues que larges. Feuilles lancéolées, arrondies à la base, denticulées, d’un vert opaque ;

feuilles moyennes sessiles, non décurrentes. Tige ordinairement peu rameuse, rampante, puis dressée, roide, présentant 2-4 lignes saillantes qni naissent de la nervure médiare des feuilles ; stolons filiformes, allongés, portant de petites feuilles obovées, pétiolées et très-écartées, sans bourgeon charnu au sommet. -— Port de l’espèce précédente; fleurs purpurines.

Assez rare ; lieux tourbeux. Nancy, à Montaigu, Tomblaine (Monnier), Heillecourt ; Sarrebourg (de Baudot). Vosges, à Bruyères, Rambervillers, Gérardmer, Hohneck, vallée de Munster et dans toute la chaîne des Vosges. %. Juillet-août.

Obs. Fries a d’abord confondu deux espèces sous le nom d'E. virgatum et les a publiées toutes deux sous cette dénomination, dans son ÆHerbarium normale ; mais, depuis, dans le Summa vegelabilium Scandinaviæ, p. 177, il a définitivement attribué le nom de virgatum à l'espèce que nous ne possédons pas en Lorraine. Du reste, le nom d’Æ. virgatum doit être abandonné, puisque, dès 1786, Lamarck l’avait imposé à une autre plante cultivée au Jardin des plantes de Paris, et probablement américaine.

4. E. tetragonum Z. Sp. 594. (Epilobe tétragone.) — Fleurs dressées avant la floraison. Stigmate entier, en massue. Graines oblongues, arrondies à la base, finement papilleuses, trois fois plus longues que larges. Feuilles étroitement luncéolées, allongées, fortement dentées, luisantes ; feuilles moyennes sessiles, à limbe étroitement décurrent sur la tige. Tige très-rameuse, dressée dès la base, présentant quatre ligres saillintes qui naissent du limbe des feuilles ; stolons courts, dressés, pourvus au sommet d'une rosette de feuilles obovées et pétiolées. Racine tronquée, rameuse, nullement rampunte, 4 rameaux divariqués. — Plante presque glabre ; fleurs très-petites, purpurines.

Assez commun ; bords des fossés, bois humides, principalement en plaine. %. Juillet et août.

5. E. Lamyi Schultz, FI. od. bot. Zeit. 1844, p. 806. (Epilobe de Lamy.) — Cette plante est extrémement voisine de la précédente ; elle s’en rapproche par ses fleurs dressées avant la floraison; par ses graines ae mème taille et de mème forme ; par ses tiges dressées dès la base. Elle “'en distingue par ses feuilles proportionnément moins longues,

très-brievement, mais évidemment pétiolées, étroitement décurrentes sur la tige, non par le prolongement du limbe, mais par les bords du pétiole ; par sa racine pivotante et tortueuse; enfin par sa :durée qui est annuelle ou bisannuelle. — Ses capsules sont ordinairement plus velues que dans l’Z. tetragonum.

Rare. Liverdun, sur les bords du canal de la Marne au Rhin. © ou ©). Août.

Obs. Cette plante n’est pas essentiellement occidentale, comme le pense M. Schultz, à moins de supposer que ses graines ont été importées par la navigation, dans la seule localité lorraine où nous l’ayons jusqu'ici rencontrée.

6. E. lanceolatum Sebast. et Maur. FI. rom. prodr. p. 138, tab. 1, f. 2 ; Godr. Mém. de l’Acad. de Nancy, 1849, p. 319. (Epilobe à feuilles lancéolées.) — Fleurs penchées -vant la floraison. Stigmate quadrifide, à lobes étalés. Graines oblongues-obovées, arrondies aux deux extrémités, finement papilleuses. Feuilles opposées et alternes, assez longuement pétiolées, oblongues-lancéolées, non acuminée, cunéiformes et entières à la base, bordées dans le reste de leur étendue de dents saillantes et écartées. Tige dressée dès la base, sans lignes saillantes, pubescente ; stolans courts, se développant à l'automne, dressés, pourvus au sommet d'une rosette de feuilles pétiolées et lancéolées. Racine simple ou rameuse, non tronquée. — Plante d’un vert glauque, à feuilles inférieures souvent rougeûtres ; fleurs petites, d’abord blanches, puis d’un rose vif.

Sur les terrains siliceux de la chaîne des Vosges. Champ du feu (Mestler), château du Lansberg, vallée de Munster (Xirschléger). %. Juillet-septembre.

7. E. roseum Schreb. Spic. F1. Lips., p. 147. (Epilobe à fleurs roses.) — Fleurs penchées avant la floraison. Stigmate entier, en massue. Graines luisantes, presque lisses, oblongues, attenuées à la base, trois fois plus longues que larges. Feuilles opposées, lancéolées, atténuées aux deux extrémités, dentées, d’un vert pâle et opaque, toutes assez longuement pétiolées. Tige rameuse, dressée dès la base, présentant 2-4 lignes saillantes qui naissent des pétioles; stolons courts, se développant à l’autemne, dressés, pourvus au sommet d'une rosette de feuilles pétiolées et elliptiques. Racine fibreuse. — Voisin de l£.

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