EUPHRASIA Tourn
Calice à tube cylindrique,non enflé, quadrifide, à segments presque égaux. Corolle tubuleuse, ouverte à la gorge, bilabiée, à lèvre supérieure échancrée, à lèvre inférieure divisée en 3 lobes égaux. Etamines 4, didynames. Stigmate entier. Capsule oblongue, comprimée latéralement, tronquée ou émarginée, à loges polyspermes. Graines munies de côtes longitudinales égales. — Feuilles inférieures toujours opposées.
1. E. officinalis L. Sp. 841 ; Soy.- Will. Mém. de l’Académie de Nancy, 1833-1834. p, 25. (Euphraise officinale). — Fleurs très-brièvement pédicellées, solitaires à l’aisselle de toutes les feuilles supérieures. Calice velu-glanduleux,
muni sur le tube de cinq côtes saillantes, divisé en quatre lobes lancéolés, cuspidés, dressés, séparés par des sinus inégaux. Corolle de grandeur très-variable, un peu velue, ordinairement blanche, veinée et quelquefois lavée de violet, à lèvre supérieure un peu concave, étalée sur les bords et crénelée au sommet, à lèvre inférieure maculée de jaune à sa base, à trois lobes échancrés. Anthères brunes, barbues à la base ; celles des étamines courtes munies d'un mucron épineux plus long que celui des étamines longues. Capsule velue supérieurement, oblonque-obovée, comprimée, faiblement émarginée au sommet et mucronulée dans l’échancrure. Graines ovoides, grisàtres, munies de côtes blanches, finement et transversalement ridées dans les intervalles. Feuilles sessiles. d’un vert gai. ovalés. pourvues sur le dos de fortes nervures et sur les bords de dents plus obtuses dans les feuilles inférieures, plus aiguës dans les supérieures. Tige dressée, cylindrique, grêle, flexueuse, souvent rougeitre, ordinairement très-rameuse. — Plante élégante, velue inférieurement, velue-glanduleuse et un peu visqueuse dans le haut.
Commun dans les prés secs, au bord des bois, surtout dans les terrains siliceux. ©. Juillet-août.
2. E. nemorosa Soy.-Will. Mém. de l’Acad. de Nancy, le. p. 27 ; E. officinalis 6 nemorosa Pers. Syn. 2, p. 149, (Euphraise des bois.) — Très-voisine de la précédente espèce, elle s’en distingue par ce qui suit: calice glabre, à lobes longuement cuspidés et un peu rudes sur les bords ; capsule moins velue, linéaire-oblongue, plus allongée et d’un tiers plus étroite, tronquée et mucronulée au sommet ; graines plus allongées, fusiformes, jaunâtres, munies de côtes blanches plus saïllantes ; feuilles plus épaisses, plus dressées, souvent luisantes, glabres, munies de dents plus étroites, plus profondes, longuement cuspidées ; tige plus roide, plus brièvement velue ; rameaux plus dressés. — Plante jamais glanduleuse, d'un vert foncé, souvent rougeûtre.
Commun dans lés prés secs, au bord des bois, surtout dans les terrains siliceux. ©. Juillet-août.
Nora. Je suis d'autant plus porté à reconnaitre, avec M. Soyer-Willemet, ces deux plantes comme des espèces distinetes, qu'on les rencontre très-souvent croissant en société. On
ne peut donc pas cousidérer les différences qui ies séparent comme étant des modifidations résultant de Ja aature du sol ou de l'exposition, Les Æ, tricuspidata et alpina ne sont peut-être que des variétés de l’£. nemorosa.
3. E. Odontites L. Sp. 841. (Euphraise odontalgique.) — Fleurs brièvement pédicellées, presque opposées, disposées au sommet des rameaux en grappe spiciforme, unitélarale, à la fin allongée ; bractées lancéolées, plus longues que les fleurs.Calice velu, tubuleux-campanulé, muni de cinq faibles nervures, divisé jusqu’au milieu en quatre dents lancéolées et un peu inégales. Corolle velue extérieurement, rosée ; lèvre supérieure peu concave, tronquée, égalant le tube, non étaleesur les bords ; lèvre inférieure plus courte, à trois lobes spatulés, obtus et entiers, le médian faiblement émarginé. Etamines dépassant à peine la lèvre supérieure de la corolle; anthères jaunes-brunâtres, un peu velues entre les lobes et réunies au sommet ; toutes munies d’un mucron épineux de même longueur. Capsule velue et comprimée supérieurement, ovale-oblongue, obtuse ou un peu tronquée. Graines fusiformes, un peu blanchûtres, munies de côtes blanches, longitudinales, moins saillantes que dans les espèces précédentes et finement ridées transversalement dans les intervalles. Feuilles étalées, sessiles, lancéolés-linéaires, élargies à la base et s’atténuant insensiblement jusqu'au sommet, pourvues sur les bords de dentelures ecartées et peu saillantes. Tige dressée, obtusement quadrangulaire, rameuse ; rameaux ascendants. — Plante rude au toucher, hérissée de poils dirigés en bas sur la tige et les pédicelles, dirigés en haut sur les feuilles,
Commun dans les moissons, au bord des chemins, sur tous les terrains. ©. Juin-juillet.
4. E. serotina Lam. FI. fr. 2, p. 350 (Euphraiïse tardive.) — Fleurs brièvement pédonculées, presque opposées, disposées au sommet des rameaux en grappe spiciforme, unilatérale, à la fin allongée ; bractées presque linéaires, plus courtes que les fleurs. Calice velu, tubuleux-campanulé, muni de cinq faibles nervures, divisé jusqu’au milieu en quatre dents lancéolées et un peu inégales. Corolle velue extérieurement, rosée; lèvre supérieure peu concave, tronquée, égalant le tube, non étalée sur les bords ; lèvre inférieure plus courte, à trois lobes spatulés, obtus, entiers. Etamines
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dépassant à peine la lèvre supérieure de la corolle ; anthères jaunes-brunûätres, un peu velues entre les deux lobes et réunies au sommet, toutes munies d’un mucron épineux de même longueur. Capsule velue et comprimte supérieurement, ovale-oblongue, obtuse et un peu tronquée. Graines fusiformes, blanchâtres, munies de côtes blanches longitudinalés peu saïllantes et ridées transversalement dans les intervalles. Feuilles étalées, sessiles, lancéolées, acuminées, atténuces à la base, à dentelures écartées et peu saillantes. Tige dressée, obtusément quadrangulaire, rameuse ; rameaux très-étalés. — Plante rude au toucher, hérissée comme dans l'espèce précédente.
Commun dans les moissons de tous les terrains. ©. Aoûtoctobre,
5. E. lutea ZL. Sp. 812. (Euphraise à fleurs jaunes.) — Fleurs brièvement pédonculées, disposées au sommet des rameaux en grappe spiciforme, unilatérale, à la fin allongée; bractées un peu plus courtes que les fleurs. Galice pubescent, campanulé, divisé jusqu'au tiers en quatre dents larges et courtes, acuminées. Corolle pubescente, jaune ; lèvres égales et égalant le tube, à lobes ciliés, tous entiers. Etamines dépassant la lèvre supérieure de la corolle ; anthères jaunes, tout à fait glabres, libres, toutes munies d’un mucron épineux de méme longueur. Capsule velue. ovale, échancrée au sommet. Graines comme dans l'espèce précédente. Feuilles sessiles, rapprochées, linéaires, aiguës, toutes entières (£. linifolia DC. F1. fr. 3, p. 475, non L.) ou les inférieurs munies &e dentelnres écartées et à peine saillantes. Tige dressée. roide, rameuse ; rameaux dressésétalés. — Plante rude au toucher, brièvement velue.
Commun sur les coteaux secs de la région oolithique ; paraît être rare dans l'arrondissement de Montmédy; Villécloye (Pierrot). ©. Juillet-août.